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Énergie - Environnement

Titane, cuivre, nickel… la France va renforcer sa coopération avec le Groenland

Nicolas Forissier, ministre du commerce extérieur, s’apprête à signer une déclaration d’intention avec le territoire danois, axée notamment sur les minéraux stratégiques pour la transition énergétique. Plusieurs entreprises françaises feront aussi le déplacement.

Nicolas Forissier, ministre délégué au commerce extérieur
Nicolas Forissier, ministre délégué au commerce extérieur BENOIT TESSIER / AFP

Lorsque Donald Trump a tenté de s’emparer par la force du Groenland en début d’année, il avait notamment en ligne de mire les minéraux et métaux stratégiques du territoire polaire. C’est également dans cette optique qu’une délégation conduite par le ministre du commerce extérieur Nicolas Forissier et...

Selon nos informations, le ministre prévoit de signer sur place une déclaration d’intention sur la coopération économique France-Groenland. Celle-ci s’articulera autour de quatre priorités : meilleure connaissance des ressources du sous-sol, développement de projets communs, promotion d’activités minières durables et renforcement de la coopération en recherche et formation.

« Ce déplacement traduit notre volonté de bâtir avec le Groenland un partenariat stratégique, fondé sur des projets concrets, durables et mutuellement bénéfiques, au service de la transition énergétique et de notre souveraineté économique », indique Nicolas Forissier à L’Informé. « Nous espérons nouer des partenariats mutuellement bénéfiques avec le Groenland, mais aussi la région nordique et arctique », complète Igor Chlapak, directeur de Business France pour le Danemark.

Seront également du voyage le Bureau de Recherches Géologiques et Minières(BRGM, service géologique national français), Atout France (le « Business France » du tourisme) ainsi que les entreprises Thin Section Lab (spécialiste des analyses géologiques) EPC Group (explosifs), Newrest (bases de vies mobiles), EasyCube (préfabriqués pour les environnements difficiles) SAFT (filiale de TotalEnergies, stockage d’électricité), Eutelsat (communications satellite) et Skynopy (stations satellitaires sol).

La première étape consiste à mieux cartographier les ressources du sous-sol. Le BRGM prévoit d’effectuer dès cet été des relevés géologiques depuis l’espace, en collaboration avec son homologue groenlandais et la société française Viridien. Des relevés par avion utilisant la télédétection par laser (Lidar) pourraient suivre, dans le cadre du projet européen Green Growth Greenland.

En sus des terres rares, le Groenland pourrait détenir d’importantes réserves de minéraux de titane, cuivre, nickel, lithium, cobalt, phosphure, magnésium et graphite naturel. Ces minéraux et métaux sont stratégiques notamment pour la transition énergétique. Le projet européen cible ainsi le graphite, utilisé dans les batteries, diodes, semi-conducteurs, et l’industrie nucléaire.

Des ressources difficiles à exploiter

Le Groenland n’a toutefois rien d’un eldorado. Des moratoires sur l’exploitation du pétrole, du gaz et de l’uranium sont en vigueur. Les minéraux critiques y abonderaient mais sont difficiles et coûteux à exploiter, en plus d’être concentrés sur les côtes, environnements écologiquement fragiles.

Cela explique qu’une seule mine soit actuellement en activité sur l’ensemble du Groenland, pourtant grand comme quatre fois la France. Cela freine aussi le développement de la production électrique, faute de demande – le territoire ne compte que 50 000 habitants – et de grands projets gourmands en électricité, comme les centres de données.

Mais la coopération franco-groenlandaise ne se limite pas aux mines. Eutelsat, propriétaire du fournisseur d’internet par satellite OneWeb, a annoncé en octobre 2025 avoir renforcé sa collaboration avec le principal opérateur groenlandais de télécommunications, Tusass, afin d’améliorer la connectivité sur le territoire.

« Tusass [utilise] OneWeb pour l’accès haut débit des collectivités locales (...) la pêche, les services maritimes et les services critiques », précise à l’Informé la directrice de la communication d’Eutelsat, Joanna Darlington.