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Finance - Conseil

Business France : Martin Vial pilote le recrutement de la future direction générale

Le processus de succession à la tête de la structure s’accélère. L’Élysée et le gouvernement avancent chacun leurs pions.

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FRANCOIS GUILLOT / AFP

C’est le branle-bas le combat autour de Business France. Un homme a été appelé à la rescousse pour trouver une nouvelle tête pour diriger cet organisme chargé d’aider les entreprises françaises à se développer à l’étranger et d’attirer des investisseurs internationaux dans l’Hexagone. Il s’agit de Martin Vial, ex-commissaire aux participations de l’État et actuellement « senior advisor » du fonds d’investissement Montefiore. Selon nos informations, il va piloter un comité chargé de trouver l’heureux élu, qui succédera à Laurent Saint-Martin, parti en septembre. Ce cercle accueille également un représentant de chaque ministère de tutelle. La ministre Catherine Vautrin, en charge du partenariat avec les territoires et de la décentralisation regarde notamment le sujet de près « dans le cadre de la stratégie de réindustrialisation souhaitée par le Premier Ministre ». La procédure s’accélère alors que le gouvernement vit sans doute ses derniers jours et que l’Élysée veut garder la main sur cet outil stratégique mais convoité.

Initialement, Emmanuel Macron poussait la candidature d’Olivia Grégoire face à celle, plus consensuelle à Bercy et dans l’entourage de Michel Barnier, de l’ex-député de la majorité et ex-directeur du Comité Interministériel de Restructuration Industrielle Louis Margueritte. Si le second est toujours en piste, la première a jeté l’éponge et l’Élysée insiste désormais pour son ex-conseillère « attractivité », Victoire Vandewille.

Dans cette guerre d’influence, le fait que Laurent Saint-Martin, désormais ministre du budget, fasse désormais partie de la tutelle de l’établissement public ne simplifie pas les choses. Ainsi, le ministre assure à qui veut l’entendre qu’il n’est pour rien dans le projet de fusion entre Business France et Atout France annoncé par le Premier Ministre, un projet pourtant censé générer des économies. « Il s’est déporté des questions concernant Business France » assure son entourage.

Cette agitation politique inhabituelle laisse de marbre les salariés de Business France, surtout préoccupés par leur budget futur. Dans un message interne également transmis à leur ancienne tutelle et nouveau ministre, Laurent Saint-Martin, le syndicat majoritaire au sein de l’établissement, l’UNSA, a dénoncé la réduction de 11 millions d’euros de l’enveloppe budgétaire prévue dans le projet de loi de finances actuel, ainsi que la suppression d’une dizaine d’équivalents temps plein.

« Business France a dû déjà absorber un gel budgétaire de 5 millions d’euros en février dernier, c’est le retour à l’incertitude, l’instabilité, et une sérieuse remise en cause par l’État du Contrat d’Objectifs et de Moyens signé il y a à peine un an, et censé garantir une prévisibilité de nos ressources » s’agacent les représentants, alors que Business France a accompagné 9000 entreprises françaises à l’export en 2023, et attiré 3400 nouveaux projets d’investissements étrangers entre 2023 et août 2024.

La composition du conseil d’administration modifiée. Dans un décret publié le 19 novembre, le gouvernement a modifié les statuts de Business France, espérant ainsi insuffler de la stabilité dans sa gouvernance, quelle que soit l’évolution politique. Il a réduit de 6 à 3 le nombre de représentants du gouvernement au conseil d’administration (sur un total de 18 membres), chacun étant désormais nommé par un ministre de tutelle. Surtout, ce ne sont plus des individus « intuitu personae » qui siégeront mais directement des hauts fonctionnaires en poste : le directeur général à la mondialisation pour le Quai d’Orsay, le directeur général du Trésor pour Bercy, et le directeur général des collectivités locales pour le ministère chargé de l’aménagement du territoire. « Il s’agit d’une simplification, qui introduit une souplesse » assure-t-on chez Business France. À cette date, le premier siège est toujours vacant après le départ d’Aurélien Lechevallier. Le second est occupé par Bertrand Dumont, qui fut membre du cabinet de Michel Barnier quand il était commissaire européen au marché intérieur, de 2010 à 2014. Et le troisième sera attribué à Cécile Raquin. Le précédent conseil d’administration a été remercié le 27 novembre, le nouveau n’a pas encore de date de réunion.