L'abonnement à l'Informé est à usage individuel
Un autre appareil utilise actuellement votre compte
Continuer la lectureNucléaire : le pilote du programme des réacteurs de 4e génération plie le camp
Nommé en avril pour le piloter, Benoît Blassel a déjà quitté ses fonctions. Sa succession se prépare.
Nouvelle déconvenue pour le nucléaire de 4e génération, qui doit permettre de recycler les déchets ultimes des centrales. Annoncé en mars 2026 par les pouvoirs publics, le programme de « fermeture du cycle du combustible » vient d’encaisser un départ aussi majeur qu’inattendu. Selon nos informations,...
Ce départ n’augure rien de bon pour ce projet officiellement relancé le 12 mars, à l’occasion du cinquième Conseil de politique nucléaire (CPN). Les objectifs sont pourtant clairement affirmés. Le président de la République Emmanuel Macron a en effet inscrit dans la stratégie nucléaire tricolore « l’accélération du développement de la 4e génération », grâce à la mobilisation de « l’ensemble des acteurs (donneurs d’ordre, recherche, acteurs émergents) ». L’ambition : être capable de « se passer de l’importation d’uranium naturel à horizon 2100 ». Le calendrier annoncé pour y parvenir est serré : il prévoit le lancement de la construction d’un premier réacteur à neutrons rapides (RNR) pour 2030.
Le retrait de Benoît Blassel - qui n’a pas répondu à nos sollicitations - risque de compliquer un peu plus les choses. Cet ancien de la Délégation interministérielle au nouveau nucléaire (DINN), où il a travaillé pendant trois ans comme responsable supervision maîtrise d’ouvrage et filière nucléaire aux côtés de Joël Barre, s’était vu confier la maîtrise d’ouvrage du projet en avril 2026 au sein du Commissariat à l’énergie atomique (CEA), comme l’avait révélé La Tribune.
Polytechnicien, diplômé de l’Institut national des sciences et techniques nucléaires (INSTN) et passé par Assystem, Framatome et Areva, il devait constituer une équipe intégrant des représentants des grands donneurs d’ordre de la filière (EDF, Framatome, Orano et le CEA) tout en favorisant les échanges avec l’écosystème des start-ups du nucléaire tricolore. Sur la douzaine de jeunes pousses sélectionnées depuis 2023 dans le cadre de l’appel à projets « réacteurs nucléaires innovants » poussé par le plan d’investissements France 2030, une demi-douzaine travaillent sur des RNR (Otrera, Hexana, Stellaria…).
Son successeur aura la lourde tâche de remettre le programme en branle. Parmi les noms qui circulent pour le remplacer, celui de Nicolas Devictor tient la corde. Conseiller nucléaire au Royaume-Uni et en Finlande depuis 2023, il a travaillé pendant plus de 25 ans au CEA sur le programme des réacteurs de 4e génération et notamment le projet de RNR refroidi au sodium Astrid… arrêté par les pouvoirs publics en 2019 !
Contactés, ni le CEA ni Nicolas Devictor n’ont souhaité faire de commentaires.