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Continuer la lectureNancy : Transdev, Keolis et la RATP se disputent le réseau de bus
Alors que la campagne électorale pour les municipales bat son plein, la bataille fait rage pour cet appel d’offres qui concerne un marché de 355 000 habitants et 257 véhicules.
À l’approche des élections municipales, rares sont les marchés de transports publics actuellement en jeu. Nancy fait presque figure d’exception avec un appel d’offres pour la concession de ses services de mobilités de 2027 jusqu’à fin 2033. La métropole, présidée par le maire PS de la ville Mathieu Klein, a lancé la procédure en mai dernier pour une attribution prévue à l’été prochain, donc après les élections du 15 et 22 mars 2026. Selon nos informations, un premier oral des candidats est prévu fin février et un second, pour présenter les offres définitives aux édiles nancéiennes, se tiendra lui… après le scrutin communal. Ce qui laissera la décision finale à l’appréciation du prochain exécutif métropolitain issu des urnes. Mais « tout se déroulera sans problème, assure la Métropole. Il n’y aura aucune incidence : il s’agit de la continuité du service public, la continuité républicaine. »
Le marché a une autre originalité. Il ne concerne plus seulement le réseau Stan de la Métropole du Grand Nancy comme c’était le cas précédemment, mais aussi le réseau Sub qui dessert les territoires de deux autres communautés de communes limitrophes : celle du Bassin de Pompey et celle des Pays du Sel et du Vermois. Également exploité par Keolis, ce réseau représente 15 communes et 100 000 habitants, ce qui va porter la concession à opérer un territoire de 355 000 habitants. En jeu, 257 véhicules, dont une ligne de trolleybus et quatre de bus à Haut niveau de service, pour une exploitation représentant 12 millions de km parcourus par an. Pour les opérateurs, la valeur du marché des transports publics grimpe en conséquence pour atteindre 634 millions d’euros sur les sept années d’exploitation prévues au contrat.
Alors forcément, la bataille pour obtenir le marché fait rage. Exploitant depuis le 1er janvier 2019 du réseau Stan, Keolis a remis une offre et entend bien être reconduit sur cette plus grande échelle, selon nos informations. La filiale de la SNCF et de La Caisse (ex-CDPQ, 30 % du capital) a notamment accompagné le changement de mode de transport de la ligne T1 : après deux ans de travaux, les anciens tramways bi-modes (Transport sur voie réservée, TVR) de Bombardier ont été remplacés par 25 trolleybus 100 % électriques de Hess à partir du 5 avril 2025. « Le lancement du trolleybus et l’accompagnement des travaux se sont déroulés dans de bonnes conditions, se félicite une source chez Keolis. La satisfaction de l’usager est élevée et nous avons réduit l’absentéisme à un très faible niveau. Nous allons faire une très belle offre pour nous maintenir à Nancy. »
Mais Keolis, qui a déjà été renouvelé cette année à Lille, à Rennes et à Tours, ne sera pas seul sur la ligne de départ. Transdev a également déposé une offre et entend bien récupérer son ancien bastion en Lorraine. L’ex-filiale de Veolia, désormais contrôlée par le groupe familial allemand Rethmann (avec la Caisse des dépôts et participations qui conserve 34 % du capital), était l’exploitant historique du réseau nancéien avant de se faire chiper le marché par Keolis en 2018. « Nous sommes très présents sur cet appel à candidatures, confie un cadre. On y croit ! » Le groupe vient d’ailleurs de gagner le marché des transports de Châtellerault face à Keolis, qui l’en avait délogé en 2020.
Reste qu’un troisième acteur s’est mis sur les rangs : RATP Dev, la filiale de la régie parisienne dédiée aux marchés en province et à l’international. En 2024, elle avait conquis une place-forte de Keolis en remportant l’exploitation des métros de Lyon.