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Industrie

Reprise du groupe ACI : l’énième coup de bluff de Philippe Rivière

Le patron du groupe industriel, en redressement judiciaire, affirme dans la presse être toujours soutenu par le fonds Atlas Capital Markets. Mais celui-ci nous confirme s’être retiré du deal.

Philippe Rivière, président du groupe ACI
Philippe Rivière, président du groupe ACI OLIVIER CHASSIGNOLE / AFP

Pour tragique qu’il soit sur le plan humain, social et économique, le naufrage d’ACI peut cependant se prévaloir d’un record : celui du nombre de fois où son président Philippe Rivière a promis l’arrivée de fonds destinés à soutenir ses projets industriels, sans que ce soit le cas. Le dernier épisode...

Le 4 février, les magistrats ont en effet rejeté la demande de report souhaité par le chef d’entreprise pour l’examen global de son plan de continuation. Ils ont aussi validé la vente de plusieurs entités d’ACI (Lorentz, LBY Meca…), comme nous l’avons révélé. Conséquence : le fonds britannique Atlas Capital Markets, qui avait signé une lettre d’intention promettant l’apport de 10 millions d’euros pour soutenir le projet de Philippe Rivière, a retiré son offre dans la foulée.

Contre toute attente pourtant, le contesté patron d’ACI - poursuivi au pénal pour abus de biens sociaux - a livré une tout autre version des intentions d’Atlas Capital Markets dans une interview donnée à Lyon Décideurs le 5 février. « Quand les représentants du fonds ont compris qu’ils ne seraient pas écoutés [par le tribunal], ils sont partis, a-t-il assuré au média. Néanmoins, ils sont toujours à Lyon et je les ai encore rencontrés ce matin. Ils ne lâchent pas notre projet avec toujours 10 millions d’euros d’apport pour 19 sites et 900 emplois. » Sauf qu’il n’en est rien. Interrogé par l’Informé, Atlas Capital Markets a balayé cette interprétation : « We are out of this deal » [« Nous sommes en dehors du deal » - ndlr], a conclu sans équivoque son dirigeant Mustapha Raddi.

Cette nouvelle promesse non tenue s’ajoute à une longue liste. En 2025, le patron d’ACI avait promis l’arrivée de 80 millions d’euros venant du « fonds » Fortuna - en réalité une coquille vidée montée par deux escrocs -. À l’automne, deux mois après la mise en redressement judiciaire d’ACI, il avait semble-t-il déniché un partenaire sérieux - le family office luxembourgeois Way International Invest - mais les discussions avaient achoppé sur les conditions de la reprise ainsi que sur l’insuffisance des garanties apportées par Philippe Rivière quant à la gestion de sa holding personnelle, Capart, détentrice de 53 % du groupe industriel.

Contacté, Philippe Rivière n’a pas répondu à nos demandes d’éclaircissements.