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SNCF : deux candidates en finale pour prendre la tête de Gares & Connexions

Le choix du successeur de Marlène Dolveck à la tête du gestionnaire des 3 000 gares françaises pourrait intervenir dès cet été. Quelques semaines avant l’entrée en fonction de Jean Castex comme PDG du groupe SNCF.

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MATTHIEU DELATY / Hans Lucas via AFP

Il est rare de choisir le dirigeant d’une filiale qui réalise 2 milliards d’euros de chiffre d’affaires avant l’arrivée du PDG de sa maison mère. C’est pourtant ce qui est en train de se produire en ce moment avec la quête du nouveau pilote pour Gares & Connexions, alors que Jean Castex ne prendra les rênes de la SNCF qu’en novembre prochain. Progress Associés, le cabinet de recrutement mandaté pour trouver un successeur à Marlène Dolveck, partie en juillet chez l’armateur CMA CGM, a terminé ses auditions. Il vient de rendre sa copie lundi 21 juillet et sa short list propose quatre noms. Mais surprise, à la demande de l’Élysée, un cinquième y a été ajouté à la dernière minute : celui de Claire Landais, la secrétaire générale du gouvernement.

Cette conseillère d’État, qui occupe depuis Matignon la fonction de tour de contrôle juridique pour toute l’activité législative et réglementaire, avait bien postulé comme l’avait révélé l’Informé, mais sa candidature pour la direction générale de SNCF Gares & Connexion n’avait initialement pas été retenue par le cabinet de chasse de têtes. « Cela peut se comprendre car c’est une juriste éminente, mais il lui manque peut-être de l’expérience dans les dimensions commerciale et diplomatique avec les élus locaux, explique un proche du dossier. Finalement, il était impossible de ne pas considérer sa candidature étant donné ses brillants états de service. Et puis, c’est une proche d’Alexis Kohler, l’ex-secrétaire général de l’Élysée, qui reste très influent sur la machinerie des nominations publiques. »

Repêchée dans la dernière ligne droite, Claire Landais figure même désormais parmi les deux favorites pour le poste selon nos informations, aux côtés de Fabienne Dulac, l’ancienne dirigeante des maisons de retraite Emeis (ex-Orpea). Cette dernière serait soutenue dans son projet de recasage par deux de ses anciens patrons. Tout d’abord, Stéphane Richard, ex-PDG d’Orange, qui l’avait promue directrice générale d’Orange France en 2015. Celui-ci s’est en effet démené pour que le poste de DG de Gares & Connexions ne lui échappe pas. Il est soutenu dans ce lobbying par l’ancien patron du groupe SNCF, Guillaume Pepy. Ce dernier, aujourd’hui président du conseil d’administration d’Emeis, l’avait fait venir dans le groupe de maisons de retraite en septembre 2023. Elle en était la directrice générale adjointe chargée de la performance et de l’innovation pour la zone France-Europe du sud (Espagne, Portugal, Italie) et Amérique Latine. Mais la greffe n’avait pas pris et Fabienne Dulac avait quitté ses fonctions en février dernier.

« Ces deux grands patrons mettent une grosse pression sur la direction de la SNCF pour placer leur protégée », observe un acteur du dossier. Des discussions préalables ont débuté entre trois acteurs : Matthieu Chabanel, le PDG de SNCF Réseau, gestionnaire de l’infrastructure ferroviaire qui est l’actionnaire de Gares & Connexions ; Jean-Pierre Farandou, l’actuel PDG de la SNCF ; et l’Agence des participations de l’État. « Il y a bien une accélération sur ce dossier, indique une source au sein du groupe ferroviaire. Un consensus devrait se dégager bientôt, nous espérons une décision avant la rentrée. » Mais, l’appareil d’État fonctionnant de manière incertaine, le choix peut intervenir très vite comme prendre beaucoup plus de temps.

Jean-Pierre Farandou n’a toutefois pas hésité à prendre les devants : il a pris contact avec Jean Castex, son probable successeur à la tête de la SNCF pour le consulter sur les deux profils. « Jean Castex est dans la boucle des discussions, confirme une source proche. C’est pour éviter qu’une fois en place, en novembre, il ne mette son veto au dirigeant de Gares & Connexions à peine installé ». Claire Landais a un atout : l’ex-premier ministre la connaît bien. C’est lui qui l’avait recrutée au poste de secrétaire générale du gouvernement quand il était à Matignon. « C’est à la fois un avantage car ils ont déjà très bien travaillé ensemble de 2020 à 2022, estime un expert de la sphère publique. Mais c’est aussi compliqué car cela peut donner l’impression d’une proximité ou d’une magouille entre hauts fonctionnaires. »