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Continuer la lectureCarrefour entre au capital de Hmarket, l’enseigne de supermarchés halal
La chaîne fondée par la famille Guelli compte une vingtaine de points de vente en France et en Belgique et connaît une expansion très rapide.
Ces dernières années, Carrefour et Hmarket ont pris l’habitude de travailler ensemble. Via un contrat d’approvisionnement, cette enseigne de supermarchés halal, basée principalement en Île-de-France, peut ainsi se fournir en produits sous MDD (marque de distributeur) Carrefour pour les vendre dans se...
Et, selon nos informations, la relation d’affaires entre les deux enseignes est montée d’un cran, puisque Carrefour est entré au capital de Hmarket. En échange de 10 millions d’euros, la multinationale présidée par Alexandre Bompard a, avant l’été, mis la main sur 10 % du groupe de supermarchés ethniques fondé par la famille Guelli. Des éléments que nous a confirmés Carrefour ce jeudi 11 septembre au lendemain de la publication initale de notre article. « Cette opération s’inscrit à la fois dans la continuité du contrat d’approvisionnement en place depuis plusieurs années et dans le soutien au développement d’une enseigne à forte dynamique commerciale », indique le distributeur.
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L’aventure Hmarket avait démarré avec une petite boucherie à Pontault-Combault (Val-de-Marne), avant que les Guelli ne se décident à changer d’échelle en 2006. Les lieux s’agrandissent, deviennent une épicerie, puis se transforment en un véritable supermarché. Depuis 2018, véritable démarrage de l’accélération, 18 ouvertures se sont enchaînées, au point que le réseau atteint aujourd’hui une vingtaine de points de vente d’une surface de 1 000 m2 en moyenne. Une majorité est implantée en Île-de-France et Hmarket possède également deux unités en Belgique. Ce développement à vitesse grand V se reflète dans l’explosion du chiffre d’affaires : 167 millions d’euros en 2022, 223 millions en 2023, et près de 300 millions en 2024. La marge d’exploitation oscillerait entre 1 et 1,5 %, dans la fourchette basse des standards du secteur.
Si, il y a quelques années, les façades arboraient « Hmarket votre supermarché Halal », la « base line » a disparu pour ne conserver que le nom de l’enseigne et son logo vert. La chaîne propose une offre assez fournie en produits frais et en boucherie mais ne vend ni alcool ni porc. Sa promesse ? Avant tout « offrir des produits à prix imbattables » selon son site internet « tout en se positionnant comme un commerçant engagé en apportant son soutien aux acteurs locaux. » Aujourd’hui, elle veut capter une clientèle de plus en plus large - et pas seulement musulmane - grâce à des prix ultra-compétitifs et une offre généraliste, qui viennent concurrencer frontalement les distributeurs traditionnels partout où elle s’implante. Pour maîtriser au mieux ses coûts et optimiser ses flux, Hmarket possède plusieurs entrepôts logistiques, ainsi que son propre laboratoire de découpe et de préparation pour la viande.
L’entrée de Carrefour à son capital, qui valorise le groupe Hmarket à 100 millions d’euros, permet au deuxième distributeur tricolore de mettre un pied dans un petit réseau prometteur. Reste à savoir si cette modeste prise de participation n’est qu’une première étape, et si la multinationale a négocié la possibilité de monter au capital dans le futur.
Malgré sa cotation en Bourse, le géant de la distribution a réalisé cet investissement en totale discrétion. Carrefour, déjà visé par des campagnes de boycott en raison de sa présence en Israël, est habitué à marcher sur des œufs. Et il se méfie des réactions qui peuvent devenir épidermiques dès lors qu’un sujet est lié de près ou de loin à la religion ou à la politique.
Pour Hmarket, l’apport financier devrait aider à accélérer une expansion qui s’opère déjà tambour battant. Mathieu Jeuland, responsable immobilier de la chaîne de supermarchés, avait décrypté en juin auprès de nos confrères de LSA certains éléments du succès de l’enseigne, qui possède par exemple 130 000 abonnés sur Instagram, et aimante la clientèle très loin de la zone d’implantation : « Nous sommes des commerces de destination, ce qui est rare dans l’alimentaire. Nos clients peuvent faire une heure de voiture pour venir dans nos magasins. Du coup, ils font de gros paniers ». L’ambition affichée est d’ouvrir cinq magasins par an, avec, au-delà de l’Île-de-France, deux grands axes de développement que sont les Hauts-de-France et le Grand Est. L’entreprise peut désormais consacrer des moyens plus importants à sa stratégie d’expansion, en rachetant des centres commerciaux et des retails Parks pour les restructurer et les redynamiser. C’est ce qu’elle a fait à Metz (rachat du centre Metzanine et ses 20 000 m2) et à Clermont-Ferrand (rachat de l’hypermarché Auchan de 10 000 m2 cet été). Ces lieux sont bien plus grands que les surfaces nécessaires aux supermarchés Hmarket, mais le groupe fait également venir d’autres enseignes qui ont le vent en poupe et attirent de la clientèle, comme les discounters Zeeman, Tedi ou Action.
Ce rapprochement capitalistique entre Carrefour et Hmarket ne manquera pas de relancer les interrogations sur l’avenir de Supeco (réseau qui compte une trentaine de magasins) et de possibles nouveaux transferts à ce nouveau partenaire.
Contacté, Hmarket n’avait pas encore répondu à nos questions à l’heure de la publication.