L'abonnement à l'Informé est à usage individuel
Un autre appareil utilise actuellement votre compte
Continuer la lectureTaxe soda : l’addition salée de Coca-Cola
L’industriel avait vainement tenté d’empêcher une forte hausse de cette dîme sur les boissons sucrées, appliquée dès mars 2025. Elle lui coûte aujourd’hui très cher.
La mesure avait suscité bien des débats : l’an dernier, l’État a décidé une hausse conséquente de la taxe sur les boissons sucrées, appliquée dès le 1er mars 2025. Le barème de cette « taxe soda » a été sérieusement alourdi jusqu’à représenter aujourd’hui 35,63 centimes par litre (contre 18 centimes avant) pour les produits les plus sucrés. Un maximum qui s’applique au Coca-Cola original par exemple. Comme nous l’avions dévoilé en janvier, le fabricant américain avait bien tenté de faire annuler l’initiative en activant tous les leviers et recours possibles, mais en vain. … Il en paye aujourd’hui le prix : selon nos informations, le groupe a dû s’acquitter de 115 millions d’euros du fait de cette seule augmentation. Au total, le montant des impôts et taxes versés par l’entreprise en France est passé de 184,7 millions d’euros en 2024 à 300,1 millions l’an dernier. Pour le secteur dans son ensemble, le syndicat des boissons sans alcool estime que la modification du barème a entraîné en 2025 une hausse de 80 % du montant total de la taxe réglée par les industriels, par rapport aux 468 millions de 2024.
Ce dispositif, instauré en 2012, vise à lutter contre l’obésité en incitant les marques à réduire le taux de sucre de leurs produits et les consommateurs à choisir des recettes moins sucrées et moins taxées, une partie de cette dîme étant répercutée sur les tarifs en rayon. La hausse des prix associée au nouveau barème 2025, estimée à environ 10 % pour les boissons sucrées et les colas par les panélistes, a eu un impact non négligeable : les volumes de Coca-Cola vendus en grande distribution ont chuté de 4 % l’an dernier, selon les données publiées par notre confrère LSA. Mais l’industriel tempère auprès de l’Informé : la taxe soda « est un des nombreux paramètres qui influent sur l’évolution des ventes de nos produits. Il est donc difficile d’évaluer et d’isoler précisément son impact ». Le géant américain se dit, en revanche, sûr d’une chose : « la structure de cette taxe est injuste et disproportionnée ». Injuste « parce que le motif avancé pour cette augmentation est la lutte contre l’obésité et le surpoids, alors que ces problématiques sont multifactorielles » (…) Et disproportionnée « car elle impose à notre secteur, en seulement trois mois, une hausse de taxe et une charge fiscale équivalente à celle mise en place progressivement sur douze ans. »
La volonté des gouvernements de faire passer les fabricants à la caisse ne concerne pas que la France. Une mini-polémique a éclaté ces derniers jours en Allemagne, où le gouvernement prévoit lui aussi d’instaurer, à partir de l’an prochain, un prélèvement sur les boissons sucrées. Lors de la divulgation des projets préparés par l’administration, il est apparu que la future dîme pourrait également concerner les recettes avec édulcorant comme le Coca-Cola Zero (ce qui est le cas en France, avec une taxe spécifique). Cet élargissement a été critiqué par le monde économique et des responsables politiques, qui ont dénoncé un moyen utilisé par l’actuel gouvernement pour renflouer les caisses de l’État plutôt qu’un instrument de santé publique. Pour couper court, le ministre des Finances Lars Klingbeil, a vite enterré mercredi 26 août l’idée de ponctionner les boissons sans sucre.