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Pierre Kosciusko-Morizet convoite Rakuten France pour relancer PriceMinister

Le japonais Rakuten, qui s’était offert l’emblématique place de marché tricolore en 2010, cherche à s’en séparer. PKM est sur les rangs avec un fonds et un ex-dirigeant du site.

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ERIC PIERMONT / AFP

Pierre Kosciusko-Morizet ne reste pas insensible au sort de Rakuten France. En 2010, « PKM » et ses trois associés avaient revendu pour 200 millions d’euros leur pépite PriceMinister au conglomérat japonais Rakuten, qui en avait alors fait sa filiale tricolore. Seize ans plus tard, le décor a changé ...

Ce tandem n’agit pas seul puisqu’il a embarqué à ses côtés Fabien Versavau, ancien patron de la filiale de 2018 à 2024 qui aurait vocation à reprendre le flambeau opérationnel. Détail important sur lequel PKM et ses partenaires auraient construit leur offre : ils prévoient de ressusciter la marque PriceMinister, effacée au profit de Rakuten en 2018, huit ans après l’arrivée des Japonais aux manettes. « Leur projet vise à réintroduire une bonne part de C-to-C (ndlr : vente entre particuliers) dans la plateforme, comme à l’origine de PriceMinister, explique un banquier qui connaît le dossier. Sans pour autant rompre totalement avec le modèle B-to-B-to-C (vente entre professionnels de produits destinés à des particuliers) instauré par les Japonais. » Les repreneurs prévoiraient aussi de laisser une place importante à une offre locale, pour contourner la guerre des prix dans laquelle se sont lancées les plateformes.

Reste à savoir à qui ils feront face dans le processus de vente piloté par la banque d’affaires Carlsquare. Parmi les noms qui circulent, figurent des grands groupes de distribution comme Casino (maison mère de Cdiscount) ou Carrefour, mais aussi des sites comme Pixmania, ou BackMarket, des places de marché plutôt spécialisées dans les smartphones et les produits électroniques, surtout reconditionnés. « Rakuten veut aller vite, le dénouement sera pour les prochaines semaines », glisse un connaisseur du dossier.

En s’offrant PriceMinister, le Japonais avait mis la main sur un pionnier des marketplaces, un modèle largement copié depuis par des géants du secteur qui disposent des moyens marketing et logistiques beaucoup plus importants. Résultat, Rakuten France, qui compte 180 salariés, est aujourd’hui dans une position difficile. « Son chiffre d’affaires tourne autour de 50 millions d’euros pour un volume de ventes d’environ 370 millions d’euros, tandis que ses pertes d’exploitation sont comprises entre 10 et 15 millions d’euros », souffle un connaisseur du dossier. « Malgré les efforts continus pour compenser les pertes, moderniser la plateforme et développer des solutions avancées pour renforcer le service grâce à l’intelligence artificielle, Rakuten France fait face à une perte d’activité chronique », selon des propos de la direction relayés par Les Échos en avril. Le nombre de clients a reculé de 33 % en dix ans, et le trafic a chuté de 42 %.

Contactés par l’Informé, Pierre Kosciusko-Morizet, Verdoso et Rakuten France n’avaient pas donné suite au moment où nous publions ces lignes.