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Continuer la lectureAvec Jardins Baulieu, Stéphane Courbit se lance dans les crèmes et shampooings
Le producteur télé se cache derrière une gamme de produits cosmétiques lancée l’an dernier. Il a apporté cette activité à son nouveau pôle « Lifestyle ».
Après la production audiovisuelle, les jeux en ligne, l’hôtellerie, le vin, l’alimentation, Stéphane Courbit a ajouté une nouvelle corde à son arc : les cosmétiques. Il a discrètement lancé une gamme de huit produits. Ils sont vendus entre 30 et 60 euros dans ses hôtels, ainsi que par internet. Pour ...
La marque adoptée, Jardins Baulieu, fait référence à la villa Baulieu, un domaine situé à Rognes, près d’Aix-en-Provence, comprenant un hôtel et un vignoble, ainsi que les laboratoires de fabrication des cosmétiques. Le domaine a été racheté en 2023 pour une somme estimée à 28,6 millions d’euros (hors dette). Pour l’acquérir, le pape de la téléréalité s’est associé à son ancien propriétaire, la famille Guénant, à des viticulteurs bordelais, les Prats, mais aussi à Nicolas Sarkozy et Carla Bruni. Vieille connaissance, l’ancien président de la République était déjà membre du conseil de surveillance de Lov Group Invest, holding personnelle de Stéphane Courbit. Ce quatuor a formé une structure baptisée Estoublon PGA, dont le couple Sarkozy détiendrait 25 % des parts, selon Challenges. Elle a également mis la main sur deux autres domaines. D’abord, en 2020, le château d’Estoublon aux Baux de Provence, qui produit du rosé et de l’huile d’olive, pour une somme estimée à 20,5 millions d’euros (hors dette). Ensuite, en 2023, le domaine de Cantarelle dans le Var, qui produit aussi du rosé, pour 4,4 millions d’euros (hors dette).
L’activité cosmétique du producteur de Koh-Lanta s’inscrit dans un pôle plus large, créé l’an dernier sous le nom de Lifestyle. Il y a aussi apporté ses actifs dans le vin et l’alimentation (cf. encadré). Avant d’en céder 35 % du capital en deux étapes (les deux tiers en 2024, le dernier tiers en avril dernier). Selon La Lettre, l’investisseur serait le fonds Merit de la famille Saadé, qui aurait versé 50 millions d’euros, valorisant l’ensemble à près de 140 millions d’euros, soit le double de la valeur des actifs apportés par Stéphane Courbit à peine un mois plus tôt (67 millions d’euros). En 2021, Lov & Co (la holding détenant Ladurée) avait déjà levé 23,2 millions d’euros auprès de deux investisseurs inconnus, ce qui la valorisait à 90 millions d’euros.
Contacté, les porte-paroles de Stéphane Courbit n’ont pas répondu.
Les ambitions de Stéphane Courbit dans l’alimentaire
Ces dernières années, Stéphane Courbit a effectué plusieurs investissements dans l’alimentation et la restauration. Il avait démarré modestement en 2014, en prenant une petite participation dans la chaîne de restaurants italiens Big Mamma. En 2021, il est passé à la vitesse supérieure en rachetant Ladurée à la famille Holder. Il a ensuite mis la main sur trois pépites de taille plus modeste, mais toujours dans le haut de gamme : les boulangeries Liberté, le chocolatier Fouquet, et les glaces Pedone. En 2024, il a effectué un virage plus grand public en prenant pour une somme estimée à 50 millions d’euros 35 % du capital des boulangeries Ange, une vaste chaîne comprenant 237 points de vente en France et 9 au Canada, comme l’avait révélé l’Informé. Il a aussi étudié les dossiers des hamburgers Big Fernand ou des boulangeries Louise. Selon Challenges, il aurait aussi tenté de reprendre le Lido et le restaurant Laurent, mais en vain. Pour diriger ce pôle « food », il a recruté en 2022 le PDG de la filiale française de McDonald’s, Nawfal Trabelsi, qu’il a associé au capital.
D’ores et déjà, deux de ses acquisitions ont tourné au vinaigre. Un conflit avec la famille Holder a éclaté au sujet du prix de rachat de Ladurée, comme l’a révélé l’Informé. Quant aux boulangeries Liberté dont il finançait le développement, Stéphane Courbit a brutalement mis fin à son soutien. La holding de tête a alors dû déposer le bilan l’an dernier, suivie peu après par huit filiales. « Les difficultés du groupe étaient dues à la consommation de trésorerie pour l’acquisition de fonds de commerce, et d’investissements dans un atelier de production », indique un jugement du tribunal de commerce. Finalement, quatre filiales ont été liquidées avec leur 7,5 millions d’euros de passif, la moitié des 120 salariés sont partis, tandis que la holding de tête et trois magasins viennent de sortir du redressement judiciaire, via l’adoption d’un plan de continuation étalant leurs dettes (4,7 millions d’euros), comme l’a révélé La Lettre de l’Expansion. Le parquet, le mandataire judiciaire, et l’administrateur judiciaire ont donné un avis favorable sur le plan, mais pas Stéphane Courbit, qui est sorti du capital, tout en restant créancier.
Le pôle « lifestyle » de Stéphane Courbit
FL Lifestyle
Détient : 82,6 % d’Estoublon Holding, 90 % de Lov & Food, 100 % de Lov Cosmetics (FLC Group)
Création : mars 2023
Actionnaires : Financière Lov (65 %), Merit (famille Saadé)
Capital : 66,6 millions d’euros (valeurs des apports de Financière Lov en mai 2024), 131 millions d’euros (après la seconde levée de fonds en avril 2025)
Lov & Food
Détient Lov & Co (Ladurée), Lov & Ice (Pedone), Lov & Bread (Ange)
Création : décembre 2021
Actionnaires : Financière Lov substitué par FL Lifestyle (90 % en mai 2024), Nawfal Trabelsi
Capital : 68 millions d’euros en 2022 lors de l’apport de Lov & Co en 2022, 82 millions d’euros après augmentation de capital d’octobre 2024
Lov & Co
Détient Lov & Sweet (Ladurée)
Création : mai 2021
Actionnaires : Financière Lov substitué ensuite par Lov & Co (74,5 % en 2022), Fimalac (20 % fin 2024), et un actionnaire inconnu
Fonds levés : en 2021 23,2 millions d’euros dont 18 millions auprès de Fimalac
Valorisation : 90 millions d’euros lors de la levée de fonds de 2021
Lov & Sweet
Détient Pâtisserie E. Ladurée rachetée en 2021 à la famille Holder
Création : avril 2021
Actionnaire : Lov Group Invest substitué ensuite par Lov & Co (93,3 % en 2022).
Capital : 90 millions d’euros en 2021
Chiffre d’affaires (non consolidé) : 95 millions d’euros en 2023, dont 73 millions en France
Résultat net (non consolidé) : -2,1 millions d’euros en 2023
Fouquet SAS
Détient le chocolatier Fouquet
Actionnaires : Frédéric et Catherine Chambeau, et une structure de Stéphane Courbit qui pourrait être Lov & Food
Chiffre d’affaires : 730 303 euros (2021)
Résultat net : -383 882 euros (2021)
Pedone Glacier SAS
Actionnaires : Christian Pedone, Lov & Ice (qui achète 70,1 % en 2023)
Chiffre d’affaires : 3,2 millions d’euros (2023)
Résultat net : 309 327 euros (2022)
Bilov
Détient les boulangeries Ange
Actionnaires de Bilov : Bilapi, Lov & Bread (qui acquiert 34,7 % en janvier 2024)
Chiffre d’affaires consolidé : 282 millions d’euros (2022)
Valorisation : Bilov valorisé à 138 millions d’euros lors d’un apport d’actif simultané à l’entrée au capital de Lov & Bread
Meyerson capital
Détient les boulangeries Liberté
Actionnaires : Mickaël Benichou (Lov & Food avait pris 40 % avant de se désengager)
Valorisation : en 2022, Lov & Food acquiert 16,6 % pour 2,75 millions d’euros
Chiffre d’affaires (non consolidé) : 480 616 euros (2023)
Résultat net (non consolidé) : - 5 millions d’euros (2023)
En 2024, redressement judiciaire, ainsi que pour huit filiales. La filiale Mouffetard (qui supportait un million d’euros de dettes) a été revendue pour 40 000 euros (plus 150 000 euros de reprise de dettes), puis liquidée. Quatre filiales (Atelier Oise, Maubeuge, Chaillot, Belles feuilles) ont été liquidées, laissant derrière elles 7,5 millions d’euros de passif. La maison mère et trois filiales (Saint Dominique, Turbigo et Ternes), sont sorties du redressement judiciaire avec un plan de redressement étalant leurs 4,7 millions d’euros de dettes. Sept filiales avaient échappé au redressement (Poncelet, Saint-André des Arts), Vinaigriers, Saint-Louis, Levis, Rapp et Immobilier).
Big Mamma
Actionnaires : McWin Restaurant Fund (84 % depuis 2023). Entre 2014 et 2022, Lov Group Invest avait investi 1,5 million d’euros et détenait 2,6 %.
Chiffre d’affaires : 172 millions d’euros en 2023
Résultat net : -5 millions d’euros en 2023
Estoublon PGA
Détient le domaine d’Estoublon, la villa Baulieu et le domaine de Cantarelle
Actionnaires : Estoublon Holding (détenu en 2023 à 17,4 % par la famille Prats et 82,6 % par Financière Lov substitué par FL Lifestyle), PGA Holding (société de la famille Guénant), Nicolas et Carla Sarkozy
Société agricole du domaine d’Estoublon
Détient l’hôtel et le vignoble du château d’Estoublon aux Baux-de-Provence
Actionnaire : Estoublon PGA (100 %)
Acquisition en 2020 auprès de Valérie Schneider-Reboul
Valorisation : 20,5 millions d’euros en 2023 (hors dette)
Roseblood SAS
Activité : Vignobles
Actionnaire : Estoublon PGA (65 %)
PGA Domaines
Détient l’hôtel et vignoble de la villa Beaulieu à Rognes
Actionnaires : Estoublon PGA (99 %) et Estoublon Holding (1 %)
Valorisation : 28,6 millions d’euros en 2023 lors du rachat (hors dette)
SCEA Domaine de Cantarelle
Détient le vignoble de Cantarelle
Actionnaire : Maison Cantarelle (ex-Cap Wine Cantarelle), elle-même détenue par Estoublon PGA (qui en 2024 est passé de 49 % à 100 % en rachetant les 51 % détenus par Cap Wine International).
Valorisation : SCEA Domaine de Cantarelle a été racheté à Cap Wine Provence en 2023 pour 4,4 millions d’euros