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Continuer la lectureDans le golfe de Saint-Tropez, l’hôtel d’Alain Weill crispe encore les riverains
À la Croix-Valmer, une association de défense de l’environnement conteste les allées et venues incessantes des clients du Lily of the Valley, l’établissement de luxe du propriétaire de l’Express.
Sept ans après son ouverture, le très chic établissement Lily of the Valley n’a pas fini de faire des remous dans le golfe de Saint-Tropez. En quelques années, l’empire hôtelier d’Alain Weill (détenteur de L’Express et créateur de BFM) - niché au sommet d’une colline surplombant la mer - s’est imposé...
Depuis peu, c’est l’extension de l’hôtel sur la plage de Gigaro - et plus particulièrement son club nautique - qui cristallise les mécontentements. Selon nos informations, l’association de défense de l’environnement « Vivre pour la presqu’île de Saint-Tropez » conteste vivement les libertés que prend la direction de Lily of the Valley avec le petit zodiac à moteur du club… « Chaque été c’est le même cirque, déplore la secrétaire générale de l’association, Yvonne Triay. L’hôtel multiplie les va-et-vient avec ce bateau motorisé pour acheminer ses clients de leur zone de mouillage vers ses restaurants La Brigantine et Pépé, ce alors même que cette embarcation n’est censée être affectée qu’à la sécurisation des activités nautiques. En très haute saison, les allers-retours quotidiens se comptent par dizaine. » L’association, qui dit vouloir siffler la fin de la partie, explique avoir récemment alerté la direction du Lily de son intention de déposer un recours si aucune solution n’était trouvée.
Un ancien club de voile transformé en club nautique
L’extension de Lily of the Valley sur la plage de Gigaro ne date pas d’hier. Elle remonte à fin 2019, date à laquelle Alain Weill a commencé à racheter plusieurs propriétés (La Brigantine et le Pépé) à Denis Dumont, le fondateur de l’enseigne Grand Frais lui aussi féru d’immobilier. Deux sous-concessions publiques étaient dépendantes des terrains acquis, dont un club de voile (La Voile Blanche) historique de la Croix-Valmer. Après avoir obtenu l’expulsion de son gérant - Jean-Pascal Bonis installé sur le site depuis vingt ans - le groupe hôtelier d’Alain Weill a alors entrepris de transformer la Voile blanche en un club nautique destiné à accueillir paddles et autres planches à voile.
Ce changement d’activité ne le soustrayait toutefois pas à la réglementation… Dans le rapport d’enquête publique précédant l’appel d’offres pour le renouvellement de la concession en 2026, la rapporteure avait en effet déjà listé les remarques de riverains dénonçant l’utilisation du fameux zodiac à des fins commerciales. L’experte avait aussi rappelé, dans ses conclusions, que le cahier des charges de la fameuse concession de Gigaro autorisait uniquement « la remise des embarcations liées à l’activité du club nautique et non motorisées. »
Dans ce contexte, difficile de comprendre les raisons qui permettent au Lily de naviguer en toute impunité. Une réponse se trouve sans doute dans les aveux faits cet été par un élu local auprès de l’association « Vivre dans la presqu’île de Saint-Tropez ». Invité à s’exprimer sur le sujet lors d’une assemblée générale du 10 août, l’adjoint à l’environnement de la Croix-Valmer, Cédric Fawer, a en effet reconnu « qu’un accord avec la police municipale avait été passé pour tolérer le zodiac », a appris l’Informé. Suite à l’action menée par Yvonne Triay et à son association, les choses pourraient toutefois changer. Jointe par téléphone, la commune la Croix-Valmer nous a précisé « prendre désormais acte des inquiétudes de l’association », tout en soulignant que la Ville allait « réunir les différentes parties et prendre contact avec la Direction départementale des territoires et de la mer afin de trouver une solution au problème. »
Interrogé, Alain Weill nous a, de son côté, étrangement répondu ne pas être informé de cette situation. Reconnaissant « qu’il y a régulièrement des contestations ici ou là », le propriétaire du Lily a aussi ajouté : « Dans l’ensemble les locaux sont ravis des services rendus par les restaurants de Lily of the Valley sur la plage. (...) Il y a toujours des gens relativement intolérants : il n’y a aucun abus avec notre petit bateau qui accueille quelques clients qui viennent en bateau… »