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Continuer la lectureDes investisseurs d’envergure prêts à devenir actionnaires de Systra
En quête d’un acteur prêt à se hisser au capital derrière le duo SNCF-RATP, le groupe d’ingénierie dédié aux transports en commun discute avec plusieurs fonds.
Place à l’action : les discussions autour de l’ouverture du capital de Systra rentrent dans le vif du sujet. Comme l’avait révélé l’Informé fin 2022, le groupe d’ingénierie spécialisé dans la conception de réseaux de transports (métro, train, tram) peaufine depuis de longs mois l’arrivée d’un investisseur minoritaire avec l’aide de la banque japonaise Nomura. Le dossier a une particularité : le nouvel actionnaire devra s’asseoir à la même table que la RATP et la SNCF. Les deux groupes publics se partagent à parité 86 % du capital, et ont l’intention de rester majoritaires ensemble. Selon nos informations, le contact a été établi auprès d’un certain nombre de financiers. Côté français, le nom de Latour Capital est particulièrement évoqué, de même que celui de PAI ou d’Ardian. La holding d’investissement belge Cobepa - qui est, elle-même, sur le point de céder un autre groupe d’ingénierie, Scalian, à Wendel - serait également intéressée. Quelques acteurs britanniques sont aussi cités, à l’instar d’ICG et de CVC. « Officiellement, personne n’est exclu des négociations, mais officieusement, il y a clairement une préférence européenne dans le dossier », souffle un banquier au fait des discussions. Si dans le passé Systra avait eu quelques touches (sans succès) avec des investisseurs asiatiques, cette piste ne serait donc clairement pas d’actualité cette fois-ci.
Pour Systra, l’idée serait de trouver un investisseur capable d’engager 200 à 300 millions d’euros à son entrée. L’opération passera par une augmentation de capital et le départ des quatre banques se partageant actuellement 14 % du capital (BNP Paribas, Natixis, Société Générale et Crédit Agricole). « La SNCF et la RATP conserveraient, ensemble, une courte majorité du capital, tandis que l’investisseur deviendrait premier actionnaire », souffle un intervenant qui regarde le dossier.
Systra espère bien conclure l’affaire avant la fin de l’année. L’équipe de direction emmenée par Pierre Verzat a beaucoup d’ambition : si le groupe a totalisé 900 millions de chiffre d’affaires en 2022 (pour un Ebitda de l’ordre de 80 millions), il vise deux fois plus « dans les deux prochaines années » selon des informations rapportées par Ville & Rail Transports. Les acquisitions nourriront largement le mouvement : Systra vient encore de racheter deux entreprises spécialisées dans les ouvrages souterrains, Bamser en Australie et Subterra en Espagne.
Contacté, Systra n’a pas répondu à nos sollicitations.