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Grande conso

Un grand nom de l’agroalimentaire africain dans la course pour les cafés Legal

Un sixième prétendant a déposé un dossier pour la reprise du torréfacteur. Il propose notamment d’étendre la marque sur le continent africain, et de développer d’autres gammes de produits.

Youssef Omaïs (Capture d’écran d’un reportage sur Patisen publié sur la page Facebook du groupe agroalimentaire)
Youssef Omaïs (Capture d’écran d’un reportage sur Patisen publié sur la page Facebook du groupe agroalimentaire)

Les cafés Legal attirent les repreneurs. Un sixième candidat est à ajouter aux cinq précédemment révélés par l’Informé la semaine dernière. Selon nos informations, Youssef Omaïs, fondateur du géant de l’agroalimentaire sénégalais Patisen (dont il a cédé l’an dernier la majorité du capital au fonds d’investissement panafricain Al Mada, propriété de la famille royale marocaine) est aussi sur les rangs pour la reprise du torréfacteur du Havre (Seine-Maritime). Issu d’une famille libanaise installée au Sénégal, il y est un entrepreneur reconnu depuis qu’il a fondé son entreprise en 1981. Fabricant et distributeur d’une large gamme de produits (bouillons, pâtes à tartiner, huiles, mayonnaises…), le groupe est devenu au fil des ans un très gros acteur de l’agroalimentaire dans le pays et à l’export, travaillant aussi bien avec les boulangeries, cafés et restaurants que les grandes surfaces, pour un chiffre d’affaires de plus de 200 millions d’euros. Un développement tel que Youssef Omaïs est aujourd’hui fréquemment cité comme l’une des personnes les plus riches du Sénégal.

Pour l’instant, l’homme d’affaires, qui souhaite investir via sa holding personnelle, propose 100 000 euros pour les Cafés Legal, mais les contours de l’offre et son montant définitifs ne seront établis qu’après analyse approfondie du dossier. Car Legal ne va pas très bien, c’est un euphémisme. Rachetée en 2023 par le fonds FnB, spécialisé dans la reprise de marques emblématiques du patrimoine alimentaire français (Mousline, Valade, Henri Raffin), l’entreprise, déjà fragilisée par un important passif bancaire, a en plus été heurtée de plein fouet par la flambée des prix du café. Après une forte baisse de son chiffre d’affaires, tombé de 60 à 45 millions d’euros entre 2022 et 2023, le torréfacteur a été placé en redressement judiciaire le 8 octobre.

Gageons que cela ne découragera pas Youssef Omaïs, au contraire. Depuis ses débuts dans le secteur il y a plus de quarante ans, ce dernier n’a eu de cesse de développer des marques, reprenant quand il le fallait des outils industriels pour les relancer. S’il était retenu dans ce dossier, l’entrepreneur (qui possède toujours 30 % de Patisen, dont il reste administrateur) entend continuer à investir. Pour Legal, il vise un regain d’activité en France et en Europe, via un repositionnement de la marque et la conquête de nouveaux débouchés en dehors des grandes surfaces. En s’appuyant sur ses réseaux de producteurs, il espère aussi obtenir de meilleurs coûts d’achat des matières premières, à commencer par le café. Surtout, l’entrepreneur mise sur diverses synergies. Il table sur le lancement de marques de cafés en Afrique, via un réseau de distribution qu’il maîtrise bien, mais aussi sur le développement de produits sucrés. En s’appuyant sur l’outil industriel de Legal, il envisage de créer de nouvelles références comme une pâte à tartiner chocolatée obtenue grâce aux procédés de torréfaction du Normand.

Dans une série d’articles sur les fortunes africaines publiée par le quotidien Le Monde cet été, Youssef Omaïs indiquait vouloir se consacrer « à des projets plaisir », suite à la vente de la majorité de son entreprise. Mais aussi à rester actif. « Je ne peux pas rester sans travailler, je crois que je vieillirais », indiquait-il alors. À 70 ans, il devra encore attendre le verdict du tribunal pour savoir s’il sera retenu ou non pour les Cafés Legal. Contacté par l’Informé, Youssef Omaïs n’avait pas répondu à nos sollicitations à l’heure de la publication.