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Continuer la lectureLe plan de relance des meubles Gautier pour rester en vie
L’entreprise vendéenne multiplie les mesures d’économies pour redresser la barre dans un marché très compliqué, alors qu’une audience décisive pour son avenir se profile.
En mars, les meubles Gautier sont réapparus sur les écrans de télévision à l’occasion d’une campagne de publicité. Le groupe vendéen, spécialisé dans la fabrication de meubles sous son nom mais aussi en marque blanche pour de grandes enseignes (But, Conforama, Alinéa, etc.), a voulu améliorer sa noto...
Gautier, qui a déclenché un PSE synonyme d’une cinquantaine de suppressions de postes fin 2024, ainsi qu’un plan d’économies et d’amélioration des performances, n’est pas encore tiré d’affaires. Mais le groupe familial dirigé par David Soulard, neveu du créateur de l’entreprise, se retrousse les manches pour rebondir. Pour preuve, il vient de déployer plusieurs mesures défensives supplémentaires, à commencer par l’arrêt de la sous-traitance de certaines activités pour les rapatrier vers les usines du groupe ou encore le passage des salariés en activité réduite. Concernant le développement commercial et la hausse attendue du chiffre d’affaires - nerf de la guerre et de sa survie -, Gautier propose désormais à ses clients comme But et Conforama des nouveautés dans des délais raccourcis pour entretenir une dynamique. La PME a également décidé de renforcer ses contacts avec la clientèle professionnelle (hôtels, entreprises, résidences étudiantes) pour lui proposer des solutions d’ameublement clés en mains (bureaux, cuisines, chambres d’hôtel, etc.). Plus rémunératrice, en termes de marge, la mise en œuvre de ces solutions demande cependant du temps pour produire des effets.
Cet éventail de mesures a vraisemblablement convaincu le tribunal de commerce de Poitiers. Une première période d’observation consécutive au redressement avait été fixée jusqu’à la fin de l’année 2024, avec la possibilité de la renouveler une seule fois pour six mois, ce qui a été acté. Et l’Informé a appris que, fin juin, les juges consulaires ont accordé à Gautier une nouvelle prolongation de cette période pour six mois supplémentaires. Une prolongation qualifiée d’ « exceptionnelle » afin de préparer un plan de continuation. De quoi entrapercevoir le bout du tunnel ? L’entreprise sera fixée le 26 septembre, date d’une audience décisive pour son avenir, lors de laquelle il sera déterminé si Gautier dispose ou non des capacités financières suffisantes à la poursuite de son activité. Selon un connaisseur de ce secteur d’activité, avec près de 700 salariés et presque autant de familles à charge dans le bassin d’emploi vendéen, Gautier dispose d’arguments solides pour obtenir l’appui des banques et des élus.
Chaque soutien compte, alors que l’entreprise est empêtrée dans les difficultés, conséquences d’une succession de mauvaises nouvelles et d’un marché tendu. Le phénomène de concentration dans le secteur de la distribution complique les négociations. Et la forte hausse du prix des matières premières a grevé son développement : au cours des trois dernières années Gautier a dû supporter 8 millions de coûts supplémentaires. Des surcoûts pas toujours répercutables sur les prix de vente. Surtout que, d’une part côté consommateurs, l’heure est à l’arbitrage des dépenses et que, d’autre part, le marasme dans le secteur immobilier (moins de constructions et de déménagements) n’encourage pas non plus les particuliers à renouveler leur mobilier. En 2024, la vente de meubles a reculé de 5,1 % en valeur selon les chiffres de l’Institut de promotion et d’études de l’ameublement (IPEA). Et l’année 2025 est hélas sur la même tendance. Pis, « les familles de produits qui souffrent le plus, c’est-à-dire le meuble meublant (lits, armoires, bureaux etc.), enregistrent une baisse de 7 % en valeur à fin juillet. Or c’est précisément celles sur lesquelles Gautier est présent, explique Christophe Gazel, directeur général de l’IPEA. L’image de l’entreprise est bonne, mais le consommateur est de plus en plus sélectif. Et la concurrence est de plus en plus rude. Il y a le marché de l’occasion, et l’arrivée des acteurs de la cuisine qui se mettent aussi à proposer du meublant, avec une force de frappe industrielle sans commune mesure ».
L’accumulation de ces facteurs négatifs a fini par éroder les finances de Gautier ces dernières années, avec un Ebitda qui s’est effondré. S’il atteignait 10,3 millions d’euros à la fin de l’exercice 2021, il a chuté pour s’établir à 1,5 million en 2023, avant de passer dans le rouge, à -3,3 millions en 2024. De quoi compliquer le remboursement de la dette importante portée par l’entreprise, dont les travaux de renégociation se poursuivent selon nos informations. Une source proche de l’entreprise nous précise : « Même si le marché ne permet pas d’espérer que Gautier dégage un Ebitda significativement positif cette année, l’entreprise pose des bases solides pour une amélioration durable à moyen terme, grâce au plan de transformation mené ces derniers mois ».