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Continuer la lectureDanone a fait une bonne affaire en cédant Michel et Augustin à Ferrero
Vendue l’an dernier à la multinationale italienne spécialiste de l’épicerie sucrée, la marque appartenant au géant agroalimentaire français a été plutôt bien valorisée, malgré des ventes décevantes et une accumulation des pertes.
Ces derniers jours Ferrero a frappé fort à deux reprises. La multinationale italienne forte de 35 marques (elle est notamment propriétaire de Nutella et Kinder) a tout d’abord dévoilé jeudi 10 juillet le rachat de WK Kellogg et de ses activités nord-américaines pour 3,1 milliards de dollars. Ce group...
Mais les espoirs fondés par Danone en acquérant Michel et Augustin ne seront pas au niveau de ses attentes. Les ventes de la marque premium n’ont en effet jamais vraiment décollé. Le chiffre d’affaires était de 43,6 millions d’euros en 2016. Six ans plus tard, il plafonnait à 44,9 millions. Et, surtout, fin 2022, l’entreprise avait accumulé 30 millions de pertes, dont 10,7 millions sur cette seule année-là. La décision de se séparer de cette PME a coïncidé avec un changement d’ère chez Danone. Après une révolution de palais, qui a vu Emmanuel Faber, chantre du double modèle économique et social, se faire pousser dehors, les nouveaux dirigeants du géant agroalimentaire ont décidé de faire le ménage. Et de recentrer le groupe sur son cœur de métier : les yaourts, les eaux minérales, la nutrition infantile et médicale. Antoine de Saint-Affrique, qui a succédé à Emmanuel Faber au poste de directeur général, a ainsi présenté un nouveau plan stratégique en 2022. Baptisé « Renew Danone », il comprend plusieurs chantiers comme « une transformation culturelle, un renouvellement opérationnel et une réinitialisation du modèle financier et commercial ». Un modèle dans lequel, visiblement, Michel et Augustin ne s’inscrivait pas à cause de son profil qui « ne correspondait pas aux priorités d’investissement » fixées par la nouvelle stratégie. Ayant décidé de jeter l’éponge, Danone avait annoncé entrer en négociations exclusives avec Ferrero fin 2023 pour lui céder cette filiale.
Cette séparation, bouclée en 2024 contre un beau chèque, s’inscrit dans la stratégie d’expansion de Ferrero. Car le groupe familial italien, dont les revenus ont atteint 18,4 milliards d’euros en 2024 (+8,9 % sur un an) est, à la différence de Danone, dans une phase de conquête et de croissance externe depuis un moment. Cherchant à élargir et diversifier ses activités, il a mené une série de rachats à marche forcée avec l’acquisition des biscuits belges Delacre en 2016. Et plus récemment en mettant les bouchées doubles sur le marché américain, où il a avalé ces dernières années les chocolats Fannie May, le fabricant de glaces Well Entreprises ou encore la branche américaine de confiserie de Nestlé. Avant de remettre les gaz avec les acquisitions en cours de finalisation de WK Kellogg et de CPK. Contacté au sujet du montant de l’opération, Danone n’a pas fait de commentaires, Ferrero n’ayant, de son côté, pas répondu à nos sollicitations.