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Continuer la lectureL’enseigne de mode Vanessa Bruno en procédure de sauvegarde
Fragilisée par des tensions de trésorerie, la griffe féminine négociait déjà avec ses créanciers dans le cadre d’une conciliation.
Les difficultés des enseignes de prêt-à-porter n’épargnent pas Vanessa Bruno. Toujours portée par sa fondatrice éponyme - qui l’avait propulsée sur le devant de la scène à la fin des années 1990 avec son emblématique cabas à bandes brillantes - la griffe de mode feminine premium doit concilier des tensions sur sa trésorerie avec diverses échéances de dette, notamment bancaires. Cet exercice d’équilibriste l’avait déjà conduit dès juin à obtenir un peu de répit auprès de ses créanciers dans le cadre d’une procédure de conciliation, a appris l’Informé. Mais, selon nos informations, c’est désormais dans le cadre d’une procédure de sauvegarde que la société de tête de l’enseigne, Solune, va poursuivre ses négociations. Tel en a décidé le tribunal des affaires économiques de Paris dans un jugement le 6 octobre, accédant ainsi à la demande de la société. L’entreprise passe donc d’un cadre de discussion amiable et préventif à une autre étape durant laquelle le passif est gelé, le temps de trouver une solution.
L’ouverture de la procédure de sauvegarde a été précipitée par un été décevant côté ventes. « Les derniers chiffres d’affaires en août et septembre 2025 sont inférieurs de près de 10 % par rapport aux prévisions et font craindre une tension de trésorerie à court terme, est-il écrit dans le jugement, que l’Informé a pu consulter. Ce risque de tension de trésorerie constitue une difficulté insurmontable susceptible d’entraîner une incapacité à respecter un éventuel accord de conciliation ». En conséquence, Vanessa Bruno craignait, sans le gel des dettes que prévoit une sauvegarde, de se trouver rapidement en cessation de paiement.
Les comptes de Solune avaient basculé dans le rouge pour son exercice 2022-2023 (qui s’arrêtait fin juillet), avec une perte nette légèrement inférieure au million d’euros, en dépit d’un chiffre d’affaires en progression de 10 % sur douze mois, à 58,5 millions d’euros. Lors de l’exercice suivant, qui s’est tenu sur dix-sept mois (et s’est donc clôturé en décembre 2024), les pertes s’étaient creusées à 2 millions d’euros, malgré 88 millions de chiffre d’affaires. L’enseigne compte 70 adresses en France, dont une petite moitié de boutiques à son nom et une vingtaine d’établissements exploités en direct. Le reste correspond à des corners dans des grands magasins comme le Printemps, les Galeries Lafayette ou Le Bon Marché.
Contactées, Solune et sa direction n’ont pas donné suite à nos sollicitations.