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Grande conso

Intermarché pourrait déjà revendre les compotes St Mamet

Les Mousquetaires n’ont pas réussi à relancer la célèbre marque, acquise à un fonds en 2022. Ils envisagent de la remettre sur le marché.

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Morgan Leclerc

Un petit tour et puis s’en va ? En 2022, Agromousquetaires mettait la main sur St Mamet, spécialiste des fruits en conserve. En rachetant cette entreprise auprès du fonds de private equity Hivest Capital Partners, la branche agroalimentaire du groupement les Mousquetaires (Intermarché, Netto) affichait son ambition : créer un pôle d’excellence sur le site de Vauvert (Gard) et jouer la complémentarité avec les autres usines du groupe spécialisées dans la production de compotes et de confitures, comme Delvert, en Corrèze. Mais la greffe n’a visiblement pas pris. Selon nos informations, les Mousquetaires envisageraient de mettre St Mamet en vente. Le projet est sur la table et nécessite encore d’être arbitré. Mais tous les indicateurs de cette entité étant mal orientés, le verdict laisse peu de place au doute.

Selon nos informations, les objectifs du business plan prévu en 2022 lors du rachat sont loin d’être atteints. Sur un plan financier tout d’abord, l’entité de la marque St Mamet en charge de la production est toujours dans le rouge. Ses pertes se sont même aggravées. Le résultat d’exploitation, négatif de 1,9 million d’euros en 2023, s’est ainsi dégradé à - 4,1 millions l’an dernier. Dans le même temps, le chiffre d’affaires a chuté de 73,6 à 67 millions d’euros. St Mamet Distribution, une autre structure chargée de la commercialisation de la marque (ultra-majoritaire dans l’activité) n’est pas non plus au mieux de sa forme.

Sur le plan marketing, ensuite. St Mamet, qui est une marque nationale, est une incongruité dans le portefeuille de produits d’Agromousquetaires. Alors que les usines du groupement produisent avant tout les marques de distributeur destinées à remplir les rayons d’Intermarché et de son enseigne discount Netto, St Mamet est aussi vendue chez Leclerc, Carrefour ou Auchan. Une situation qui a créé des frictions avec les concurrents d’Intermarché. Quelques mois après avoir appris le rachat de St Mamet, Coopérative U a ainsi dénoncé son contrat commercial avec la marque en février 2023, en respectant un préavis d’un an. Le déréférencement complet des rayons est intervenu en février 2024. « Quand un de nos concurrents achète un de nos fournisseurs, il est de règle, chez nous, d’interrompre la relation commerciale », justifiait à l’époque son porte-parole, pour le site d’actualité local Objectif Gard. Conséquence pour St Mamet ? Une baisse des volumes estimée à 7 % en 2024. Au sein même d’Intermarché et Netto, l’optimisation du portefeuille de marques n’est pas non plus parfaite : des conserves de fruits commercialisées sous les couleurs de St Mamet côtoient d’autres quasi identiques sous le nom de Paquito, la marque de distributeur (MDD) d’Intermarché, vendue moins cher…

Contactée par l’Informé, la direction de la communication du groupement indique que ce dernier «  a choisi, après une revue stratégique, de renforcer ses investissements dans son pôle industriel et de se recentrer. Nous avons annoncé cet été la cession de huit unités de production en France sur trois ans. À date, il n’a jamais été question que l’usine de St Mamet en fasse partie ». La SLM (Société Les Mousquetaires), l’organe décisionnaire du groupement, tranchera le sujet prochainement.