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Continuer la lectureNicolas Escudé réclame 1,75 million d’euros à la Fédération française de tennis
L’ancien tennisman avait été licencié en octobre 2024 de son poste de directeur technique national à la FFT. Il a attaqué son ancien employeur aux prud’hommes.
Qui va gagner le match ? Nicolas Escudé ou la Fédération française de tennis (FFT) pour laquelle il travaillait il y a encore peu ? « Désorganisation de l’entreprise du fait d’absences prolongées et répétées » : voilà le motif du licenciement signifié à l’ancien tennisman français le 26 octobre 2024,...
Nommé par le ministère des sports, humilié par la FFT
Deux avocats se sont succédé à la barre pour présenter les demandes du tennisman qui s’élèvent à 1,75 million d’euros, soit six ans de salaire à 27 125 euros par mois - un montant contesté par son ex-employeur qui chiffre son salaire à seulement 22 111 euros bruts par mois. Nommé DTN en CDD le 12 mars 2021, Escudé est confirmé en CDI le 26 juillet de la même année, par le ministère des sports. « Deux ans après sa nomination, tout bascule : le 18 septembre 2023, la FFT le convoque et lui présente une nouvelle organisation », relate l’un de ses avocats, Jean-Jacques Bertrand. Son périmètre d’intervention est divisé par deux, avec Paul-Henri Mathieu et Ivan Ljubicic qui s’occupent du haut niveau, tandis qu’il conserve la responsabilité des jeunes. « Le même jour, on le change de bureau, d’immeuble ». Une mise au placard physique : il doit quitter son staff à Roland Garros pour s’installer un peu plus loin, dans des locaux situés rue Escudier à Boulogne-Billancourt. Le comité social et économique (CSE) de la FFT rend un avis défavorable à cette réorganisation. « La FFT en fait fi et tous les salariés reçoivent un mail qui annonce ces changements : l’humiliation est publique », souligne son avocat. À 18h23, un mail de la FFT au journal L’Équipe confirme ces modifications. Le 21 septembre, Nicolas Escudé demande officiellement à être rétabli dans ses fonctions. Mais Caroline Flaissier, la directrice générale ayant remplacé en 2022 Amélie Oudéa-Castéra devenue ministre des sports, maintient sa position. Le 27 septembre 2023, ses nouvelles missions lui sont détaillées. Choqué, le tennisman est mis en arrêt maladie. Début 2024, dans un courrier collectif envoyé au président Gilles Moretton, une centaine de salariés de la FFT mettent en cause les méthodes managériales de Caroline Flaissier. Elle sera mise à pied fin février 2024 avant d’être licenciée peu après. Nicolas Escudé l’est de son côté le 26 juillet 2024, le jour de l’ouverture des Jeux olympiques de Paris, « alors qu’il était prêt à revenir après son arrêt maladie », selon ses avocats.
Pour les conseils du tennisman, le CDI « pas ordinaire » comprend une « garantie d’emploi » : Nicolas Escudé, embauché le 26 juillet 2021, avait été nommé pour deux ans. Comme le contrat n’a pas été dénoncé le 21 juillet 2023, ses avocats estiment qu’il y a eu « tacite reconduction avec deux ans renouvelables », jusqu’au 21 juillet 2025. « Il avait une mission de service public avec une période de garantie d’emploi. Il ne pouvait être licencié que pour faute grave ou lourde ». Comme ce n’est pas le cas, selon nos informations, Nicolas Escudé réclame près de 365 000 euros pour violation de cette garantie d’emploi et plus de 651 000 euros (équivalent à 24 mois de salaire) pour licenciement nul. Pour justifier cette demande, les conseils d’Escudé s’appuient sur le harcèlement moral, le poste vidé de sa substance, l’humiliation publique et « le climat général à la fédération ». Ils ont à cet égard rappelé que 120 salariés sur 400 ont quitté leur poste en raison de « l’autoritarisme de Moretton et de madame Flaissier ».
Un audit avec nécessité de réorganiser
L’avocate de la FFT a balayé ces arguments : « Nicolas Escudé n’est pas fonctionnaire, il n’y a aucune obligation implicite de garantie d’emploi. On peut mettre un terme à ses fonctions de DTN ». Elle a mis en avant un audit demandé par la FFT en raison des « défaillances de la direction » qu’elle ne nie pas : « Il y avait la nécessité de renforcer le management avec une optimisation du collectif », mais « Nicolas Escudé avait toujours sa place au Codir ». Quant au changement de bureau, « il était toujours situé à Roland-Garros », justifie-t-elle. En revanche, la FFT ne pouvait engager un « DTN intérimaire » en raison de l’absence prolongée de Nicolas Escudé. C’est Didier Retière qui l’a remplacé en mars 2024. Quant à Nicolas Escudé, « devenu persona non grata dans le tennis », selon son avocat, il perçoit aujourd’hui des allocations chômage. L’avocate de la FFT, elle, nuance sa mise en retrait de la vie active : « Il commente tous les grands matchs sur Eurosport ». La décision est attendue en décembre.