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Médias - Culture

Droits voisins : ce que Les Échos, Investir et Boursier ont touché de Google, Facebook et Microsoft

Depuis une loi de 2019, les services Internet reprenant des articles de presse doivent verser aux éditeurs une rémunération. La filiale de LVMH s’inquiète des négociations en cours pour les trois prochaines années.

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Jumeau Alexis / Jumeau Alexis/ABACA

Bonne surprise en cette rentrée. Les journalistes des Échos ont reçu 1 500 euros en sus de leur salaire habituel de septembre. C’est toutefois deux fois moins que les 3 650 euros de leurs confrères du Parisien, l’autre quotidien appartenant à LVMH. Une manne liée aux droits voisins. Ce mécanisme créé...

Selon nos informations, le groupe Les Échos a touché 2,1 millions d’euros pour la période 2019-24. « Au Parisien, cela s’élève autour de 6,5 millions d’euros », indique un élu. Dans le détail, près de 1,8 million d’euros ont été versés au quotidien Les Échos lui-même, 169 000 euros pour le site Boursier.com et 149 000 euros pour Investir. Avec 68,2 % de la somme totale versée, le premier contributeur de ces fonds est Google, au titre de son moteur de recherche et de Showcase. Ce service, lancé en France en 2022, met en avant certains articles de médias partenaires. Facebook, avec News, arrive en deuxième place et représente 19,2 % des droits voisins. Mais seuls Les Échos ont bénéficié de cet argent. Enfin, Microsoft figure en dernière position avec 12,6 %.

Ces montants ont été versés en fonction d’accords désormais arrivés à expiration. Des négociations sont en cours pour signer un nouveau deal pour les années à venir, dont 2025. Mais, dernièrement, les tensions avec ces groupes américains sont montées d’un cran. Si un accord partiel de trois ans a été conclu entre le groupe Les Échos et Google - celui concernant Showcase est toujours en cours -, Microsoft refuse désormais de payer certains titres. L’éditeur de logiciels a été visé par un recours pour contrefaçon déposé en novembre dernier devant le tribunal judiciaire de Paris par une cinquantaine d’éditeurs de presse principalement régionaux (Ouest-France, Ebra…). Mais les relations se tendent aussi avec Facebook qui a récemment changé de politique. En effet, la filiale de Meta veut désormais mettre en avant les contenus des people et des influenceurs au détriment de l’information traditionnelle, ce qui réduirait drastiquement les reversements aux médias.

Les éditeurs sont passés à l’action et ont saisi l’Autorité de la concurrence en septembre. L’Apig (Alliance de la presse d’information générale) attaque Facebook et sa filiale Instagram pour « abus de position dominante », selon Mind Media et Les Échos. Cet organisme représente près de 300 quotidiens nationaux et locaux. Pour sa part, la société des droits voisins de la presse (DVP) avec 850 publications et agences de presse avait ouvert le bal dès juillet devant la même juridiction. Et ce n’est pas tout. Un autre bras de fer est déjà engagé contre X.com (anciennement Twitter) qui n’a même pas ouvert de négociations en dépit d’une décision du tribunal judiciaire le contraignant à dévoiler ses revenus tirés des contenus issus de la presse.

Et comme si ces conflits ne suffisaient pas, le sujet se déporte désormais sur le terrain de l’intelligence artificielle qui a émergé ces dernières années et n’est pas couvert par le droit voisin. Le groupe Les Échos cherche à signer un accord avec OpenAI et Perplexity comme l’a déjà fait Le Monde. Ces deux sociétés utilisent en effet le contenu en ligne pour entraîner leurs modèles d’intelligence artificielle et les rendre plus pertinents dans leurs réponses. Aux États-Unis, le New York Times a attaqué OpenAI et Microsoft pour cette raison.

Contacté, le groupe Les Échos a indiqué ne pas commenter des informations couvertes par des accords de confidentialité.