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Noir c’est noir pour Sébastien Farran, l’ancien manager de Johnny Hallyday

En guerre avec Laeticia Hallyday depuis 2019, il vient d’essuyer une nouvelle défaite en justice et a été placé en faillite personnelle.

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MEHDI TAAMALLAH / NurPhoto via AFP

Nouvelle défaite de Sébastien Farran face à Laeticia Hallyday. Depuis six ans, l’ancien manager de Johnny et son agence de gestion de carrière, Rush Management, bataillent devant les tribunaux pour obtenir de l’argent de Bornrocker, la société américaine de droits musicaux créée par le chanteur et reprise par sa veuve. En vain ! Après la cour d’appel, la cour de cassation vient de le renvoyer à son tour dans ses buts. Une déconvenue de plus pour cet agent bien connu du milieu artistique, ancien juré dans le télécrochet de M6 Pop Stars et manager historique de NTM puis de JoeyStarr (avant que l’affaire ne tourne au vinaigre et que le rappeur ne l’accuse d’escroquerie).

Pour bien saisir l’affaire sur laquelle s’est prononcée la cour de cassation, il faut remonter dans le temps. En 2012, Sébastien Farran conclut via sa société Lickshot un contrat de gestion de carrière avec le « taulier ». En 2013, ce dernier lance de son côté aux Etats-Unis sa propre entreprise de droits musicaux, Bornrocker, avec laquelle traite directement Lickshot. Mais Farran crée en 2017 une nouvelle entité, Rush Management, à qui est transféré le contrat de gestion de carrière de l’artiste.

La star française meurt peu après, le 5 décembre 2017. Farran annonce deux ans plus tard qu’il n’est plus le gestionnaire de l’héritage musical du rockeur : « J’avais fait la promesse à Johnny de poursuivre la gestion de son œuvre dans l’esprit qui était le sien et accompagné des personnes qu’il estimait. C’est donc avec regret et non sans peine qu’aujourd’hui je dois prendre la décision de mettre fin à cette formidable aventure ». La même année, sa société Rush Management attaque Bornrocker afin que la société lui verse des sommes résultant, selon lui, de « factures impayées ». Dans un premier temps, le tribunal de commerce donne raison à l’ex-manager, et ordonne à la société des Hallyday de lui régler près de 209 000 euros.

En appel, les juges changent d’avis, estimant que le contrat de gestion de carrière a pris fin dès la mort de la star du rock, et qu’il n’y a lieu à aucune condamnation de l’une ou l’autre des parties pour les années 2017, 2020 et 2021. La cour sursoit toutefois à statuer en ce qui concerne les années 2018 et 2019, enjoignant le clan Hallyday à verser au débat des pièces justificatives sur les sommes versées à partir de 2020 au titre de ces deux années. En effet, le contrat de gestion de carrière prévoyait que les deux années suivant la fin du contrat, des sommes soient encore apportées à Rush Management. Toute la question est de savoir si, comme l’avance Bornrocker, Sébastien Farran a reçu trop d’argent sur ces années-là, ou si, au contraire, comme lui le prétend, il n’en a pas touché assez.

Rush Management s’est donc pourvu en cassation, encore une fois sans succès. La juridiction a rejeté sa demande en tous points le 13 novembre dernier. Mais la question des sommes perçues en 2018 et 2019 n’est toujours pas réglée. Interrogé, Sébastien Farran assure que malgré la décision de la cour d’appel, les documents demandés n’ont jamais été transmis par Bornrocker. Et assure qu’il compte « demander au président de la cour d’appel la présentation de ces comptes », afin que sa société soit « payée pour son travail ». Et de préciser qu’il n’est en aucun cas « représentant » ou « gérant » de Rush management, un rôle occupé par son co-actionnaire Jean Gobertier, via sa holding GDP Vendome.

Et pour cause : dans les faits, Sébastien Farran a interdiction de gérer n’importe quelle société. Il a été placé en faillite personnelle pour cinq ans par le tribunal de commerce de Paris le 11 juin 2024. Cette décision fait suite à la liquidation de sa première société de management d’artiste, Lickshot, dont le passif était de plus d’1,5 million d’euros. Consulté par l’Informé, le jugement prononçant cette faillite liste les fautes de gestion reprochées au manager : non-coopération avec les instances en charge de la liquidation, absence de tenue de comptabilité, déclaration tardive de la cessation de paiement, augmentation frauduleuse du passif de la société. Le ministère public lui reproche notamment d’avoir, « malgré les difficultés », choisi de céder pour 1,05 million d’euros le contrat de gestion de carrière de Johnny, « certainement son actif le plus lucratif », à Rush Management. Pour les juges, le manager star aurait adopté un comportement d’une « particulière gravité » et fait preuve d’une « méconnaissance coupable des obligations qui s’imposent à un chef d’entreprise ». De son côté, Sébastien Farran assure à l’Informé n’avoir été mis que « très récemment » au courant de cette décision, et en avoir fait appel. Elle est cependant frappée d’une exécution provisoire, et s’applique donc au moins jusqu’à la tenue de cet appel.

Contacté, le conseil de Bornrocker n’a pas souhaité commenter l’affaire.

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