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Continuer la lectureLes juteux jetons de présence de Carla Bruni
Alors que son mari Nicolas Sarkozy perdait son mandat d’administrateur chez Accor, la chanteuse l’a rejoint au sein de Compagnie Chargeurs Invest.
Lorsque Nicolas Sarkozy entre en prison le 21 octobre dernier, il prend sous son bras l’ouvrage Le Comte de Monte-Cristo d’Alexandre Dumas. Par la suite, un étrange rituel s’installe, détaillé dans son livre, Le journal d’un prisonnier (Éditions Fayard). « Chaque jour un immense bouquet de fleurs arrivait à la maison avec une carte signée Edmond Dantès. Nous cherchions avec Carla à trouver le commanditaire doté d’un tel humour (...). Je n’ai su qu’à ma sortie de prison qu’il s’agissait de l’initiative de l’un de mes plus proches amis, Michaël Fribourg. »
Passé sous la présidence Sarkozy par le cabinet du ministre Eric Besson, puis l’inspection générale des finances et la banque d’affaires, cet énarque est aujourd’hui le dirigeant et principal actionnaire de la Compagnie Chargeurs Invest, rachetée en 2015 à Jérôme Seydoux, une entreprise spécialisée dans le textile et l’aménagement des musées devenue société d’investissement cotée en Bourse… Ce quadragénaire avait déjà nommé en 2020 l’ex locataire de l’Élysée en tant que président de son « advisory board » (conseil consultatif). Mais il a été plus loin en cooptant sa femme, Carla Bruni, comme administratrice du groupe en juillet 2025. Et, ce, malgré sa mise en examen en 2024, soupçonnée d’avoir joué un rôle dans la vraie-fausse rétractation de Ziad Takieddine dans le financement libyen de la campagne présidentielle de 2007. « La richesse de son parcours à l’international, la multiplicité de ses expériences et son expertise reconnue dans le secteur du luxe, constituent des atouts déterminants », note l’entreprise dans son rapport annuel pour justifier son recrutement. Pour sa présence à trois réunions, la chanteuse a déjà touché 27 000 euros et percevra 72 000 euros maximum en année pleine. En parallèle, l’artiste conserve aussi deux entreprises, Teorema dans la musique et Castagneto pour les conseils. Selon les quelques éléments publiés, la dernière affichait en 2024 un bénéfice de 414 000 euros et une confortable trésorerie de 2,65 millions d’euros en caisse.
De son côté, le business de Nicolas Sarkozy semble pouvoir résister à tout. Même à ses condamnations dans les affaires Bygmalion et Kadhafi. Bien sûr, ses mésaventures judiciaires n’ont pas été sans la moindre conséquence. Elles ont coûté à l’ex locataire de l’Élysée son mandat chez Accor. Administrateur du groupe hôtelier depuis 2017, il a un temps sauvé son fauteuil - bien aidé par son ami Sébastien Bazin à la tête de l’entreprise - empochant l’an dernier 79 743 euros. Mais son incarcération à la Santé l’a finalement forcé à démissionner en décembre dernier. Les résultats de son cabinet d’avocats ont aussi dégringolé : Realyze, dont il détient 50 % du capital, a vu ses revenus chuter de 19 % en 2024 pour tomber à 6,8 millions d’euros.
Pour le reste… tout va bien ! Nicolas Sarkozy conserve son mandat chez Lagardère, où il a encore empoché 70 000 euros en 2025. Son maintien n’a pas manqué de soulever les questions d’un petit porteur lors de la dernière assemblée générale en mai, mais Arnaud Lagardère s’est montré ferme : « Quand on parle d’exemplarité, on pourrait faire référence à ce que Nicolas Sarkozy a apporté et continue d’apporter pour le groupe », a défendu le patron, soulignant sa « vision géopolitique » , « absolument indispensable ». Avant d’ajouter : « il a toujours été de notre côté. Je ne vois pas pourquoi on le pénaliserait une deuxième fois alors qu’il n’y a aucune raison particulière de le faire (...) On lui doit beaucoup. »
L’ex-président de la République conserve aussi son siège au conseil de surveillance de Lov Group Invest, la holding de Stéphane Courbit, et ses mandats de consultant auprès du groupe malgache Axian, de Marietton et de SC Varsano (Sucres et denrées). Il reste également membre du Berggruen Network, think tank créé par le financier germano-américain Nicolas Berggruen.
Lors de ses procès, Nicolas Sarkozy a été contraint d’en dire plus sur ses rémunérations. Dans la procédure sur sa remise en liberté, un jugement chiffre son patrimoine immobilier à 9,9 millions d’euros nets en 2024, et ses revenus à 4,5 millions d’euros en 2023, dont 2,3 millions d’euros de jetons de présence et droits d’auteur, et 1,3 million de placements financiers (actions…). Puis, lors du procès en appel sur le financement libyen, il a déclaré 14 millions d’euros de revenus pour l’année 2024, dont une coquette commission de 11 millions sur une opération en Espagne, et 1,9 million de revenus d’avocat…
Contactés, ni Compagnie Chargeurs Invest, ni l’attachée de presse de Nicolas Sarkozy et Carla Bruni-Sarkozy n’ont répondu à nos sollicitations.