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Médias - Culture

François Asselineau attaque Odoxa qui ne l’avait pas testé dans un sondage

Candidat à la présidentielle de 2027, le président de l’Union populaire républicaine estime que l’institut aurait dû l’inclure dans son baromètre puisqu’il avait réussi à se présenter en 2017. Il est allé jusqu’au Conseil d’État.

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PHILIPPE TURPIN / Photononstop via AFP

Excès d’ego ou réaction légitime ? Une chose est sûre, François Asselineau a peu apprécié un sondage d’Odoxa. L’automne dernier, ce prétendant déclaré à l’élection présidentielle a découvert qu’il n’apparaissait pas dans le baromètre de novembre 2025 sur les intentions de vote des Français au 1er tou...

En 2017, le partisan du Frexit a montré qu’il était de ceux-là. Il a participé au scrutin et recueilli 0,92 % des voix. En 2022, en revanche, il n’a pas pu se présenter, faute d’avoir réuni les 500 fameuses signatures d’élus. Il faut dire que la situation était plus compliquée : un an auparavant, deux ex-collaborateurs l’avaient accusé de harcèlement et agression sexuels. Après un non-lieu prononcé en 2024, le parquet a décidé de faire appel et l’affaire a finalement été renvoyée en correctionnelle. Pour la prochaine échéance présidentielle, son exposition médiatique est vitale afin de récolter les précieux parrainages. « Des personnalités qui ne se sont pas déclarées, comme Philippe de Villiers ou Dominique de Villepin, ont déjà été testées alors que moi, qui me suis déjà déclaré, je ne l’ai jamais été, précise François Asselineau. C’est une façon de m’invisibiliser. » Certes, le sexagénaire mène sa campagne sur Internet avec une chaîne sur YouTube comptant 510 000 abonnés, soit davantage que celle de la France Insoumise (LFI), du Rassemblement National (104 000) ou encore d’Édouard Philippe (7 400). « Pour autant, nous avons aussi besoin des médias traditionnels pour toucher le grand public, plaide-t-il. Si on existe dans les sondages, on parle de nous et on est invité à la radio et à la télévision et ainsi de suite, c’est un cercle vicieux. » En clair, pour lui, ces baromètres influent directement sur le vote des Français et il est donc important d’y apparaître.

Le souverainiste a donc décidé de saisir la Commission des sondages, qui surveille ce secteur et ses pratiques. Sans succès. « Les instituts ont une obligation de tester tous les candidats mais uniquement lorsque le Conseil constitutionnel a validé la liste des prétendants, explique Stéphane Hoynck, secrétaire général de cette autorité. Avant cela, ils ont une plus grande liberté pour fixer la liste même si nous contrôlons la cohérence de leurs choix. »

Une règle insatisfaisante pour le plaignant. Car la campagne entre dans sa phase finale au moment de la validation des listes et pour lui, nombre de votants se sont alors déjà fait une opinion. François Asselineau n’a donc pas désarmé et a déposé un recours devant le Conseil d’État, la plus haute juridiction administrative. Mais il a été débouté le 17 juin dernier. Selon les juges, la Commission avait le droit de rejeter sa réclamation. Elle ajoute que ce refus « n’entachait pas la qualité et l’objectivité du sondage litigieux ».

Une décision que François Asselineau peine à accepter. « Ce sont des gens de mauvaise foi, réagit-il. Il n’existe plus de contre-pouvoir en France. » Au-delà de son cas personnel, l’homme politique estime que son combat vaut pour d’autres. Si c’est la première fois que la haute juridiction est amenée à se prononcer sur un tel sujet, une précédente affaire avait déjà eu lieu. La représentante du parti animaliste, Hélène Thouy, après un bon score aux élections européennes de 2019, avait voulu se présenter à la présidentielle de 2022. « À l’époque, Madame Thouy contestait le fait de ne pas avoir été testée par l’Ifop et Harris Interactive, se souvient Stéphane Hoynck. Elle avait alors saisi le Conseil d’État en référé mais son recours avait été rejeté. »