Offrez un coup d’avance à vos collaborateurs

Tech - Télécom

Ingérences étrangères : le gouvernement muscle Viginum à l’approche de la présidentielle 2027

Alors que la menace prolifère de toutes parts, Sébastien Lecornu a décidé d’allouer encore plus de moyens à ce service de vigilance et de protection.

Photo
Harsin Isa / Harsin Isa/Pool/ABACA

Blackcore en Israël, TigerWeb en Crimée, Social Design Agency en Russie… Ces entreprises privées ont toutes fait parler d’elles ces derniers mois, épinglées pour avoir mené des campagnes de désinformation ou d’ingérence lors de processus électoraux aux États-Unis, en Allemagne ou encore au Mexique. L...

De quoi pousser le gouvernement à se mobiliser. À l’aune de la présidentielle mais aussi pour repérer des risques pesant sur de grands contrats tricolores, Viginum voit ses moyens musclés. Cinq après sa création auprès du SGDSN, le service bénéficie cette année d’un budget de fonctionnement renforcé à 3,6 millions pour 61 postes (contre 2,5 millions en 2025) et 6 millions d’euros pour les loyers et les salaires. Mais ce n’est pas tout. La vigie a surtout obtenu la création de six postes et une rallonge d’un million d’euros, versée par le SGDSN dans le cadre du projet mission Défense du ministère des Armées a appris l’Informé. L’apport sera principalement utilisé pour les missions de l’Académie de la lutte contre les ingérences : formation de la société civile, production de contenus pour la chaîne YouTube de Viginum destinés à sensibiliser le grand public, création de partenariats avec des médias… Une autre partie de l’argent doit servir à développer des outils de détection des campagnes d’ingérence grâce à l’intelligence artificielle au sein du centre d’excellence sur l’IA.

Pour autant, le directeur de Viginum, Marc-Antoine Brillant, a indiqué en novembre devant la commission des affaires européennes ne pas avoir « forcément besoin de beaucoup de moyens ». « Ce qui importe, c’est de conserver l’agilité du service, a-t-il souligné. Plus on grandit, plus on prend le risque de se rigidifier. Or, la menace à laquelle nous sommes confrontés, à la fois hybride, agile et technologique, évolue très vite. Nous avons besoin de renforcer certaines capacités, notamment concernant l’IA. » Le seuil maximal devrait donc se situer entre 85 et 90 personnes.

Dans le cadre de l’élection présidentielle de 2027 et à la suite des scrutins municipaux, le service a commencé à tisser des liens avec l’ensemble des partis politiques afin de disposer d’un référent vers lequel se tourner. Un rendez-vous avec les équipes de tous les candidats à la présidentielle devrait également être organisé en début d’année prochaine par le SGDSN conjointement avec les services de contre ingérence (la DGSI), Viginum, le cyber pompier de l’État, l’Anssi, mais aussi la CNIL et l’Arcom. Un dispositif déjà mis en place par le passé. D’ici là, un renforcement de la loi contre les ingérences étrangères est en cours d’élaboration comme l’a indiqué le président de la République.