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Continuer la lectureDroit d’alerte, tentative de censure… Aurélien Viers arrive chez Marianne dans un climat tendu
L’ex-directeur de la rédaction de La Provence arrive en renfort à la rédaction de l’hebdomadaire secoué par une forte crise interne. Le CSE a déclenché un droit d’alerte, et un texto de la directrice de la rédaction Eve Szeftel à Fabrice Arfi a mis le feu aux poudres.
Électrochoc chez Marianne. En difficulté depuis son arrivée au sein de l’hebdomadaire en janvier dernier, Eve Szeftel, la directrice de la rédaction doit s’exprimer ce jeudi 9 octobre devant ses équipes. Visée par une motion de défiance le 18 septembre dernier, elle devrait, comme l’a révélé La Lettr...
« C’est quand même marrant. Ils recrutent un chef alors qu’on manque cruellement de journalistes... confie un salarié de Marianne à l’Informé. On n’a plus de red’ chef culture, un seul SR, plus de service monde... Quel désaveu pour Szeftel. » L’arrivée d’Aurélien Viers aux côtés d’Eve Szeftel pourra-t-elle au moins apporter un peu de sérénité ? Il faut dire que la situation s’était particulièrement tendue ces derniers mois après la nomination de cette journaliste venue de Libération. Depuis son arrivée, une vingtaine de journalistes sont déjà partis en prenant la clause de conscience, qui court jusqu’en décembre (une disposition qui permet aux titulaires d’une carte de presse de partir avec un mois de salaire par année d’ancienneté en bénéficiant du chômage). Si le débat concernant la couverture du conflit israélo-palestinien fait partie des points de crispation entre Eve Szeftel et la rédaction, le vrai sujet de tension porte sur son management, à en croire plusieurs journalistes de l’hebdomadaire. « Je vois des gens pleurer toutes les semaines, c’est hallucinant, confie l’un d’entre eux à l’Informé. La rédaction est au bord de l’explosion. »
Récemment, un épisode a particulièrement choqué en interne. Lors de la préparation d’un article évoquant les tensions exacerbées dans la rédaction, Yunnes Abzouz, un journaliste de Mediapart, lui a envoyé un message pour lui faire part de ses questions. Après en avoir pris connaissance, cette dernière, exaspérée, a adressé un message à Fabrice Arfi, coresponsable du pôle enquêtes du pure player. Et ce, alors que le journaliste n’est en aucun cas le supérieur de l’auteur de l’article à paraître. Elle lui indique avoir un « gros problème » avec ce dernier, et dénonce ses questions, évoquant un « ramassis de rumeurs mensongères, de propos déformés, avec une focalisation sur « Gaza » qui interroge ». Elle profite de ce courriel pour tacler certains journalistes de la rédaction de Marianne qui, selon elle, voudraient « sa peau […] parce qu’ils pensaient après le départ de [Natacha, ndlr] Polony que ce seraient eux qui dirigeraient la redac’ ». La directrice indique aussi que, contrairement à des médias comme « Blast ou ASI » (ndlr : acronyme d’Arrêt sur images), Mediapart est « censé faire du journalisme », et que publier un article « à partir de ce tissu de mensonges » serait « la honte ». Et de finir par « dis-moi si tu peux faire quelque chose ». Une requête, s’assimilant pour certains à une tentative de solliciter la censure du papier, à laquelle Fabrice Arfi a répondu par la négative. Article que Mediapart a finalement bien publié le 29 septembre dernier.
Cet article du site d’investigation évoque la situation sociale tendue - c’est un euphémisme - dans l’hebdomadaire. Il raconte notamment que la directrice invite parfois publiquement des journalistes à prendre leur clause de conscience. Et il évoque aussi les arrêts maladies de plusieurs membres de la rédaction. Selon nos informations, la situation en interne a été jugée suffisamment préoccupante pour que le CSE de Marianne déclenche le 2 octobre dernier un droit d’alerte pour signaler une « situation de danger grave et imminent » au sein de la rédaction. Le motif ? La « souffrance au travail générée par les pratiques de management de la directrice de la rédaction ». Une enquête a donc été ouverte, sur la base du volontariat. Des représentants de CMI, l’actionnaire de l’hebdomadaire, étaient présents à la rédaction pour recueillir des témoignages le 7 et le 8 octobre, et les salariés ont jusqu’au 15 octobre pour se manifester.