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Un troisième prétendant sur les rangs pour racheter Globecast à Orange

Face à la holding Verdoso et au suisse Eurovision, un autre acteur, français, s’est positionné pour acquérir le spécialiste de la retransmission des flux vidéos à la télé et au cinéma. Le dénouement est proche.

Christel Heydemann, directrice générale d’Orange,  cherche à céder Globecast.
Christel Heydemann, directrice générale d’Orange, cherche à céder Globecast. LLUIS GENE / AFP

Un prétendant de plus pour Globecast. Mise en vente à l’automne dernier comme nous l’avions révélé, cette filiale d’Orange spécialisée dans les retransmissions de flux vidéo pour les chaînes de télévision et les salles de cinéma était déjà convoitée par deux sérieux repreneurs : la holding d’investissement française Verdoso et l’industriel suisse Eurovision Services (détenu depuis 2023 par le fonds allemand Dubag). Mais selon plusieurs sources, un autre candidat, tricolore, tente de faire le forcing. Il s’agit d’Equinox Industries.

Cet investisseur, spécialisé dans les restructurations, est dirigé par Charles-Henri Rossignol, un polytechnicien connu dans le private equity pour avoir évolué dans l’équipe du FCDE - un fonds spécialisé dans les entreprises traversant une mauvaise passe. Pour l’aider à s’imposer sur ce dossier, la société, qui compte Didier Quillot, ancien PDG d’Orange France au début des années 2000, comme senior advisor, se serait associée à Christophe Delahousse. Cet ex-patron de Thomson Video Network aurait vocation à devenir le dirigeant opérationnel de Globecast. Si la présence d’Equinox Industries dans la dernière ligne droite du processus de vente a surpris des observateurs du dossier, la structure semble bien placé dans la course au rachat. Une entrée en négociations exclusives pourrait intervenir dans les prochains jours.

La directrice générale d’Orange, Christel Heydemann, avait indiqué le 20 février au micro de BFM qu’aucune décision n’était encore prise à ce stade. « On a des réflexions concernant Globecast et on a reçu un certain nombre de propositions. On est très vigilants sur les enjeux de souveraineté, nous sommes nous-mêmes un acteur convaincu sur ce sujet, on fera les choses en parfait accord avec les décideurs publics. »

Le sujet est sensible. Présente dans sept pays (France, Italie, États-Unis, Royaume-Uni…), la filiale diffuse les flux sur la Livebox d’Orange et dans la quasi-totalité des salles de cinéma en France. Elle possède surtout un téléport à Sainte-Assise, une station terrestre reliée aux satellites (utilisée notamment par Amazon Leo). De quoi pousser Bercy à se pencher sur le dossier. Autre point d’inquiétude, la CFE-CGC a également adressé un courrier à Christel Heydemann afin d’obtenir des garanties sur l’emploi et l’avenir des 216 collaborateurs présents en France. Avec un chiffre d’affaires de 216,8 millions d’euros en 2024 pour une perte nette de 19 millions d’euros, la société accuse une baisse de ses business historiques, la diffusion par satellites et une forte érosion de sa marge sous la concurrence de la télévision diffusée par Internet (IPTV) et des écrans connectés. Le repreneur pourrait couper dans les effectifs afin de redresser les comptes.

En guise de réponse, la direction vient de confirmer qu’une réflexion sur un projet de cession était en cours. Et que si ce projet se concrétisait, elle ouvrirait alors un processus d’information-consultation avec les partenaires sociaux.

Contactés Orange n’a pas fait de commentaire tandis qu’Equinox Industries n’a pas répondu à nos sollicitations.