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Transports - Auto

Privatisation de Systra : Fimalac veut (aussi) sa part

La holding de Marc de Lacharrière veut s’inviter au capital de la filiale d’ingénierie de la SNCF et de la RATP, dont les fonds PAI, Latour et Carlyle briguent en parallèle le contrôle.

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PHILIPPE ROY / Aurimages via AFP

On ne la voyait pas forcément s’impliquer dans la privatisation de Systra… Pourtant, selon plusieurs sources, Fimalac, la holding familiale de l’homme d’affaires Marc Ladreit de Lacharrière, s’intéresse bel et bien au sort de la filiale d’ingénierie de la SNCF et de la RATP, grande spécialiste des réseaux de transports en commun (métros, trams, réseaux de bus, lignes de TGV…). Comme l’a révélé mi-décembre l’Informé, les deux entreprises publiques ont mis en vente 58 % du capital, et veulent conserver l’essentiel du reste en demeurant sur un pied d’égalité (chacune détient aujourd’hui 43 %). C’est dans ce contexte que Fimalac cherche à s’inviter au capital. Il ne viserait toutefois qu’une participation minoritaire. L’idée serait de se tailler une place aux côtés de l’un des investisseurs candidats à une position de contrôle. Contacté, le holding n’a pas souhaité faire de commentaire.

Selon des informations récemment publiées par CF News, et confirmées à l’Informé, le deuxième tour des enchères pilotées par la banque Nomura débute avec trois candidats, les fonds français PAI Partners et Latour Capital ainsi que l’américain Carlyle. Un temps intéressés, les britanniques CVC ou TowerBrook ne sont plus dans la course. A quel point les trois finalistes pourraient-ils avoir besoin de Fimalac ? Lequel est le plus compatible avec la holding familiale ? Sur le papier, Fimalac pourrait donner une coloration plus française à une offre de Carlyle. Mais sa présence pourrait aussi permettre à un Latour Capital de limiter son exposition sur un dossier qui reste, pour lui, d’une taille conséquente : cet investisseur prend actuellement des participations au travers d’un fonds dont la taille est d’un milliard d’euros (contre 7 milliards pour PAI Partners). « Systra ayant réalisé une année 2023 supérieure à ce qui était prévu à son budget, les prétendants devront peut-être améliorer leurs offres par rapport à celles du premier tour », souffle un connaisseur du dossier. En 2022, son chiffre d’affaires s’était élevé à 900 millions d’euros pour 76 millions d’euros d’Ebitda et 40 millions d’euros de résultat opérationnel.

En se positionnant sur Systra, Fimalac confirme sa volonté de diversifier ses actifs. La holding reste encore largement identifiée au monde du divertissement via sa filiale Webedia, qu’elle n’a pas réussi à revendre l’an passé, et ses activités dans le monde du spectacle. Outre son rôle dans la restructuration de Casino aux côtés de Daniel Kretinsky, la société s’était aussi positionnée sur le rachat d’Equans par Engie en formant un ticket avec Bain Capital - ce dossier ayant finalement été raflé par Bouygues pour 7 milliards d’euros.

Mais en réalité, l’intérêt de Fimalac pour Systra ne date pas d’aujourd’hui. Selon nos informations, l’investisseur s’était déjà manifesté dans une phase précédente des négociations, au printemps 2023, quand la SNCF et la RATP voulaient limiter l’ouverture du capital à une participation minoritaire. Il avait alors choisi de regarder le dossier en compagnie d’un autre fonds de private equity - il s’agirait en l’occurrence de LFPI. Parmi les autres acteurs du private equity qui avaient émis des marques d’intérêt figuraient Montefiore, le belge Cobepa, le britannique BC Partners et déjà, semble-t-il, Latour Capital et PAI. Cette phase de discussions avait débouché sur une impasse, avec de la crispation autour des questions de gouvernance.