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Continuer la lectureLa vente du loueur de véhicules utilitaires Fraikin dans l’impasse
Faute d’avoir trouvé un acheteur, les créanciers-actionnaires de cette entreprise de 3 000 salariés ont décidé de reporter leur sortie du capital.
Un demi-tour s’impose pour le loueur de véhicules utilitaires Fraikin. Les financiers qui se partagent son capital - les fonds Alcentra, Värde Partners, Canyon, Barings et Triton - avaient mandaté la banque d’affaires américaine Moelis pour trouver un acheteur à ce poids lourds d’un milliard d’euros de chiffre d’affaires et 3 000 salariés, comme l’avait révélé l’Informé. Mais, selon nos informations, les discussions ont patiné : aucun des acteurs en lice, principalement des fonds d’infrastructures mais aussi un industriel, n’a voulu offrir le prix espéré par les actionnaires - qui visaient, dixit une source, au moins 500 millions d’euros pour 100 % du capital. Parmi les investisseurs sur les rangs figuraient des prétendants solides : Apollo mais aussi KKR - candidat malheureux plus tôt dans l’année à une prise de participation dans le loueur de camions frigorifiques Petit Forestier.
Le dossier pourrait toutefois rapidement revenir sur le marché, dès 2025. « Il aurait peut-être été préférable d’attendre que le rebond en cours de l’activité de Fraikin se confirme avant de lancer un processus d’enchères, commente un connaisseur du dossier. Les actionnaires ont peut-être appuyé sur le bouton un peu trop tôt. » Ces derniers avaient d’autant plus envie de céder leurs positions qu’ils n’étaient au départ pas destinés à détenir le capital du groupe. Alcentra, Värde, Canyon, Barings et Triton étaient initialement des créanciers dans l’opération de LBO entamée en 2007 sur Fraikin par le géant du private equity CVC… Sauf que, face à l’incapacité de ce dernier à les rembourser après l’échec de la revente de la société à Petit Forestier, ils s’étaient résolus à prendre le contrôle du loueur, en 2017, en convertissant une partie de la dette en capital.
En 2023, Fraikin a publié un bénéfice opérationnel courant de 45 millions. Prenant en compte les frais financiers que paye l’entreprise pour les emprunts nécessaires au renouvellement de sa flotte, ce résultat avait doublé par rapport à 2022. À la tête de 150 agences et 56 000 camions, Fraikin a comme tous ses concurrents des cash-flows fortement contraints par le remplacement régulier de ses véhicules. Il y a même consacré un peu plus de 400 millions d’euros en 2023, contre 270 millions un an plus tôt. Une augmentation très sensible due à une reprise des chaînes de production de véhicules après les ralentissements liés au Covid-19, la pénurie de composants et la guerre en Ukraine. La dette liée au renouvellement de son parc se chiffrait à 1,45 milliard d’euros fin 2023.