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Continuer la lectureUtilitaires : les actionnaires de Fraikin testent le marché en vue de leur sortie
Sept ans après avoir pris le contrôle du capital, les créanciers du loueur de véhicules utilitaires espèrent bientôt solder leurs positions.
Les grandes manœuvres se poursuivent dans la location de véhicules utilitaires. À l’heure où le roi des camions frigorifiques Petit Forestier s’apprête à accueillir l’investisseur koweïtien Wren House à son capital, un autre poids lourd du secteur, Fraikin, compte lui aussi embrayer sur un changement d’actionnaires. En effet, les fonds Värde Partners, Alcentra, Canyon Barings et Triton espèrent bientôt céder leurs participations dans le loueur de véhicules utilitaires et industriels, a appris l’Informé. Selon nos informations, la banque d’affaires américaine Moelis a effectivement été chargée de trouver un acheteur, tandis que Roland Berger apporte son expertise en matière de conseil stratégique. Des contacts informels auraient déjà été initiés avec des investisseurs à l’occasion de ce que le petit milieu des fusions-acquisitions appelle des « coffee meetings ».
Les actionnaires actuels de Fraikin - dont le président du conseil d’administration est Baudouin Prot, l’ex-patron de BNP Paribas - ont d’abord été ses créanciers. Mais la donne a changé en 2016 lorsque l’Autorité de la concurrence a fait capoter le rachat de la société par Petit Forestier en raison d’un risque de position dominante. En 2017, incapable de faire face aux échéances de sa dette alors qu’elle s’était déjà difficilement remise de la crise de 2009, Fraikin - alors propriété de CVC - a été contrainte d’accepter la proposition de Värde, Alcentra, Canyon, Barings et Triton d’une conversion d’une partie de leurs créances en capital.
Aujourd’hui, les cinq investisseurs espèreraient solder leurs positions contre au moins 500 millions d’euros pour 100 % du capital, à en croire une source bancaire. Ils avaient encore accepté de recapitaliser Fraikin en juin 2023 à hauteur de 230 millions d’euros : l’opération s’est ainsi traduite par une division par deux du montant de leurs dettes sur la société - qui arrivent à échéance en 2026. Cette dette est distincte de celles que Fraikin lève en permanence pour acquérir de nouveaux camions, qui se chiffrait à 1,45 milliard d’euros fin 2023 (sous la forme d’un programme de titrisation).
À la tête de 150 agences, 3 000 salariés et 56 000 camions, Fraikin a - comme tous ses pairs - des cash-flows fortement contraints par le renouvellement de sa flotte (et notamment son électrification). Il y a même consacré un peu plus de 400 millions d’euros en 2023, contre 270 millions un an plus tôt. Une augmentation très sensible due à une reprise des chaînes de production de véhicules après les ralentissements liés au Covid-19, la pénurie de composants et la guerre en Ukraine. Ainsi, si son chiffre d’affaires s’est maintenu l’an passé à un milliard d’euros, son résultat opérationnel courant incluant la charge d’intérêt de sa dette dite « de flotte » ne s’est élevé qu’à 45 millions d’euros (même s’il a doublé par rapport à 2022). « La rentabilité est faible au regard des attentes de prix des actionnaires, et les discussions ne seront pas simples », juge ainsi un banquier.