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Continuer la lectureLe flaconnier de Dior, Chanel et Hermès convoité par un groupe indien
Orchestrée par Rothschild & Co, la vente du verrier français Verescence se précise. Quatre candidats seraient encore en lice pour reprendre ce groupe de 2 500 salariés.
L’intérêt des groupes industriels indiens pour leurs homologues français ne se dément pas. Après celui de Torrent Pharmaceuticals et de Aurobindo pour le numéro un français des médicaments génériques Biogaran, dont le projet de vente a été révélé dès décembre par l’Informé, c’est au tour du verrier français Verescence d’être au centre des convoitises. Selon nos informations, ce groupe de 2 500 salariés, connu pour être le flaconnier de célèbres marques comme Dior, Chanel et Hermès, a reçu une offre de la part de PGP Glass, un concurrent indien accompagné par Blackstone depuis fin 2020.
À l’époque, le puissant gérant américain n’avait pas hésité à valoriser cet industriel précédemment connu sous le nom de Piramal Glass près d’un milliard de dollars… réalisant au passage la plus grosse acquisition jamais conclue pour une entreprise d’emballage en Inde. Son projet aujourd’hui, comme hier : accentuer l’internationalisation du groupe, déjà propriétaire d’usines dans le Missouri (États-Unis), à Horana (Sri Lanka), ainsi qu’à Kosamba et à Jambusar dans l’État indien du Gujarat. Il serait à l’origine de près d’un flacon de vernis à ongles sur deux dans le monde.
Mais Rothschild & Co, qui pilote la vente de Verescence (propriété du fonds britannique Stirling Square Capital depuis 2019), a aussi reçu trois autres offres. L’une d’entre elles provient du fonds new-yorkais One Rock Capital Partners, déjà à l’origine d’une tentative de rachat du fournisseur français d’équipements de tri et de recyclage Sulo en ce début d’année. Une réduction de l’offre à la dernière minute avait cependant fait capoter l’opération, initialement évaluée à près de 600 millions d’euros.
Les deux autres propositions émaneraient de family offices. Le premier n’est autre que Teak Capital, la structure de la famille de Carlos Moreira de Silva, l’ancien patron de l’un des plus grands verriers au monde, le portugais BA Glass. Enfin, « la structure d’investissement de la famille Safra serait aussi sur le dossier », croit savoir un banquier. Cette famille brésilo-libanaise qui tient sa fortune de ses activités dans le secteur bancaire s’était déjà penchée sur le rachat d’un autre verrier français, Saverglass, finalement racheté l’an dernier par l’australien Orora.
Le prix de Verescence ? À ce stade, peu d’éléments circulent mais il avoisinerait le demi-milliard d’euros. Une valorisation à comparer aux 85 millions d’euros d’Ebitda affichés l’an dernier par le groupe, pour un chiffre d’affaires de 500 millions. Il prévoirait de faire bondir ses résultats à près de 100 millions d’euros cette année, avec toutefois des investissements conséquents estimés à près de 45 millions en 2024, comme révélé récemment par l’Informé.