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Continuer la lectureLe champion des câbles Nexans relance une cession d’actifs d’ampleur
En plein recentrage sur le marché de la transmission d’électricité, le groupe veut se séparer du gros de son activité de câbles pour l’industrie (1,7 milliard d’euros de chiffre d’affaires). Un projet de longue date.
Nexans pourrait bien évoquer le sujet lors de son prochain « capital market day », le 13 novembre. Le groupe n’en fait plus mystère : les câbles qu’il produit pour les clients de l’industrie n’ont plus vocation à rester dans son champ d’activité. Pour lui, le temps est venu de les revendre, afin de pleinement se concentrer sur sa priorité : les câbles destinés au marché de la transmission d’électricité. Selon nos informations, l’entreprise a décidé de confier à une banque américaine, en l’occurrence JP Morgan, le soin de relancer la cession de ce périmètre.
Rassemblés dans la division « industries & solutions », les business de Nexans en dehors du marché de l’électricité représentaient 1,7 milliard d’euros de chiffre d’affaires et 185 millions d’Ebitda en 2023 - soit plus d’un quart des ventes et de la rentabilité du groupe coté en Bourse sur Euronext. « La plus grande partie de ce périmètre, mais pas la totalité, sera mise en vente dans l’immédiat, commente un connaisseur du dossier. Des activités exposées à des marchés actuellement moins porteurs, comme l’automobile, devraient en toute logique rester à l’écart pour le moment. » Dans ce secteur, Nexans fabrique des faisceaux de câbles, systèmes de câblage et des composants de sécurité pour voitures hybrides et électriques. En dehors de l’automobile, le groupe fournit également des industries des transports : aéronautique, construction navale, ferroviaire… Mais il commercialise aussi des câbles d’automatisation et des microcâbles pour équipements médicaux, des câbles spéciaux pour les industries des mines, du pétrole et du gaz.
Ce n’est pas la première fois que Nexans planche sur une telle opération. Une source indique que d’autres banques, à savoir Goldman Sachs et Evercore, avaient hérité d’une mission similaire à celle de JP Morgan il y a quelques années. Mais pas grand-chose ne s’était concrétisé, à part la cession de son activité de câbles télécom au fonds Syntagma Capital en 2023. « Le sujet s’est enlisé à cause des tensions économiques liées à la crise sanitaire ou au début de la guerre en Ukraine, réagit un financier. Aujourd’hui, les planètes semblent alignées pour sa remise à l’ordre du jour : le marché du financement d’acquisitions est très ouvert, les acheteurs potentiels sont là. » Nexans ciblerait surtout des fonds de private equity, même si des acquéreurs industriels peuvent aussi se positionner.
Si le fabricant a choisi de se focaliser sur le marché de l’énergie, c’est parce que le secteur connaît actuellement un « supercycle » d’investissement des acteurs de la filière. Il s’agit non seulement de rénover les lignes de distribution d’électricité, mais aussi de construire les câbles à haute tension qui rattachent des parcs de production d’énergie renouvelable au reste du réseau. Les carnets de commandes sont pleins des années à l’avance tant la demande dépasse les capacités de production. Le groupe travaille par exemple sur le contrat TenneT, qu’il présente comme le plus important de son histoire, où il est question de raccorder des parcs éoliens offshore situés en mer du Nord. Il a annoncé en septembre un investissement de 90 millions d’euros dans trois usines en Belgique et en France pour les besoins de ce contrat. C’est aussi pour alimenter ce marché que Nexans vient de finaliser l’extension de son site d’Haiden, en Norvège, pour la bagatelle de 290 millions d’euros. L’entreprise a aussi consacré 300 millions à la construction d’un navire servant à poser les réseaux sous-marins et qui sera opérationnel en 2026.
Contacté par l’Informé, Nexans n’a pas souhaité faire de commentaire.