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L’exploitant d’aéroports Edeis va changer de tête

Cette société qui gère les infrastructures d’Angers, Nîmes ou Dijon avait été reprise par la famille de Jean-Louis Noisiez (GSF) en 2023.

L’aéroport Angers-Loire est exploité par Edeis depuis le 1er janvier 2019.
L’aéroport Angers-Loire est exploité par Edeis depuis le 1er janvier 2019. JEAN-FRANCOIS MONIER / AFP

Un aboutissement logique. En avril 2023, le family office de la famille Noisiez, actionnaire du numéro 4 français de la propreté et du nettoyage industriel GSF, avait pris une participation majoritaire au capital de l’exploitant d’aéroports Edeis. Cette entrée au tour de table de Trévise Participations s’était accompagnée de la sortie de Ciclad, un fonds historique d’appui aux PME françaises. Mais elle a surtout eu pour conséquence la perte de contrôle de Jean-Luc Schnoebelen, qui avait créé Edeis en 2016 à partir du rachat des activités aéroportuaires du québécois SNC-Lavalin. Cet ancien ingénieur du groupe Bouygues quittera ses fonctions de directeur général d’ici à la fin de l’année, selon nos informations. L’entreprise réunit aujourd’hui 1 200 salariés permanents pour 220 millions d’euros de chiffre d’affaires et génère près de 20 millions d’Ebitda.

« C’est Jean-Luc Schnoebelen qui a demandé de prendre du recul », indique un proche du dossier. Le retrait ne devrait pas être définitif puisqu’il pourrait prendre à la suite des fonctions de président non-exécutif du conseil d’administration d’Edeis. Cette instance compte entre autres membres l’ancien ministre Dominique Bussereau, le banquier André Lévy-Lang ou encore l’ancien DRH d’Orange Gervais Pelissier. « Jean-Luc Schnoebelen a souhaité conserver également des fonctions opérationnelles sur deux nouvelles activités qu’il a initiées chez Edeis et qu’il souhaite porter à maturité », précise une source interne. Il s’agit d’abord de la start-up d’intelligence artificielle Imki qui a vocation à proposer des animations innovantes pour les sites touristiques et culturels opérées par Edeis (Théâtre antique d’Orange, Arènes de Nîmes,…), et ensuite de Adeena, la nouvelle filiale spécialisée dans la valorisation et l’obtention de Certificats d’économies d’énergie pour les entreprises et les collectivités locales. Le dirigeant entend aussi maintenir sa participation au capital d’Edeis (40 %).

Sa prise de recul devrait coïncider avec le départ, dans le courant de l’année prochaine, d’Olivier Galzi. L’ex-journaliste de France 2 avait rejoint l’entreprise en 2019 en tant que vice-président exécutif chargé du développement et du marketing. Le tandem qu’il a formé avec Jean-Luc Schnoebelen était notamment à la manœuvre dans la conquête de nouveaux marchés de concession aéroportuaire (avec les gains de Calais, Lorient, Nîmes, Mayotte Dzaoudzi,…), portant à 17 le nombre d’aéroports exploités, ainsi que la gestion de lieux culturels. Il avait aussi piloté, il y a un an, la reprise, à la barre du tribunal de commerce de Pointe-à-Pitre, de la compagnie Air Antilles avec le soutien de la collectivité de Saint-Martin.

« Dix-huit mois après l’entrée de Trévise participations, c’est une nouvelle équipe qui se met en place avec ce nouvel investisseur structurant », indique un proche du dossier. Un triumvirat issu de l’interne devrait en effet succéder à Jean-Luc Schnoebelen à la direction générale. Il serait composé de Martin Meyrier, le directeur de l’activité Concessions (aéroports, ports, lieux touristiques), du directeur de l’ingénierie Albert Selosse et de Jacques Assant, le directeur général d’Adeena.