L'abonnement à l'Informé est à usage individuel
Un autre appareil utilise actuellement votre compte
Continuer la lectureEiffage va bien récupérer l’exploitation des ports de plaisance de Toulon
La métropole va attribuer à l’industriel la concession d’exploitation de sept ports de plaisance de la rade. Le marché échappe à la CCI du Var, exploitante depuis 1971.
Une page se tourne dans la rade de Toulon. Comme anticipé par l’Informé, Eiffage deviendra, au 1er janvier prochain, l’exploitant des sept ports de plaisance de l’agglomération toulonnaise, un marché détenu par la Chambre de commerce et d’industrie du Var (CCIV) depuis 1971. Selon un projet de délibération consulté par l’Informé, les élus de la métropole Toulon Provence Méditerranée sont appelés à voter le 28 septembre en faveur de l’attribution de cette délégation de service public pour 30 ans au groupe de BTP et de concessions autoroutières présidée par Benoît de Ruffray. La CCIV avait constitué une offre concurrente avec la Banque des territoires (filiale de la Caisse des dépôts et consignations), la Caisse d’Epargne Côte d’Azur (BPCE) et le gestionnaire d’infrastructures NGE.
Avec un taux de réservation qui a atteint les 100 % cet été, l’affaire sera plus que lucrative pour le nouveau titulaire de cette délégation de service public. Elle doit réunir les sept ports locaux, voisins de la base militaire qui accueille le porte-avions Charles de Gaulle et les quatre SNA (sous-marins nucléaires d’attaque) de la Marine nationale. Il s’agit des cinq ports opérés aujourd’hui par la CCIV : les trois sites sur le territoire de la commune de Toulon ainsi que le port de La Seyne-sur-Mer et de Saint-Mandrier, à la sortie de la rade. Ils seront réunis avec les ports de Saint-Elme et du Lazaret, opérés jusqu’ici en direct par la Métropole.
L’ensemble représente au total 4 500 anneaux, que s’arrachent les propriétaires de bateaux sur la Méditerranée pour une location à l’année ou pour un court séjour. Lors de l’ouverture de la phase d’attribution, en 2021, il était évalué 290 millions d’euros de recettes pour les 30 années que durera la concession. Mais, avec les nouvelles données tarifaires qui seront approuvées par la collectivité varoise, ce sont désormais 390 millions de recettes qui sont attendues, selon le document aux élus par la Métropole. Les dépenses d’investissement et de réaménagement des infrastructures portuaires sont, par contre, limitées à moins de 100 millions d’euros.
La décision fait tout de même quelques vagues dans la rade. En interne, les trente salariés s’inquiètent des conditions de leurs transferts vers une entreprise privée. Le président de la Métropole, Jean-Pierre Giran s’était engagé, lors d’une réunion avec les représentants du personnel, à ce que les salariés soient repris aux mêmes conditions sociales qu’actuellement. « Il a aussi assuré qu’il exigerait sept embauches du nouveau délégataire de service public », indique un syndicaliste. Malgré l’engagement donné, nous savons que nous allons entrer dans une période compliquée. Nous serons particulièrement vigilants sur l’emploi ».
Du côté de la CCI, qui perd un marché historique, « on est très en colère, observe un élu métropolitain. Ils vont étudier à la loupe le contrat de délégation ». D’autant qu’Eiffage a déjà gagné plusieurs marchés importants ces dernières années à Toulon : le branchement électrique des navires à quai avec ABB, ainsi que la transformation immobilière d’un ancien site militaire sur la rade en zone urbaine, avec Icade (filiale de la Caisse des dépôts).