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Continuer la lectureAtos : la discrète mission de conseil de l’ancien directeur général
En pleine restructuration financière, le groupe informatique a pris comme consultant Yves Bernaert juste après son départ mi-janvier.
Le dernier épisode de la saga Atos devrait être connu ce mercredi. Contraint à se restructurer pour survivre à sa dette colossale, le groupe informatique s’est laissé deux jours pour étudier les dernières offres reçues. Il doit choisir entre deux propositions remises ce week-end, l’une déposée par l’homme d’affaires tchèque Daniel Kretinsky, l’autre portée par son principal actionnaire Onepoint et son fondateur David Layani allié à un consortium. L’épilogue de longs mois tumultueux durant lesquels les têtes se sont succédé à la direction du groupe.
Dernièrement, le passage éclair d’Yves Bernaert n’aura pas été donné. Nommé en octobre 2023, cet ancien d’Accenture a pris le poste de directeur général afin de redresser la société en grande difficulté financière et de préparer sa scission en deux activités distinctes. Mais il ne restera qu’à peine trois mois : « en raison d’une différence de point de vue sur la gouvernance pour ajuster et exécuter la stratégie, j’ai décidé de quitter l’entreprise », a-t-il détaillé dans un communiqué mi-janvier.
Pourtant, dans les faits, il a continué d’œuvrer en tant que consultant à 6 000 euros par jour, a appris l’Informé, le temps d’assurer la transition avec son successeur Paul Saleh. Cette mission a duré 13 jours jusqu’à début février, pour un total de 78 000 euros. Une somme qui s’ajoute à sa rémunération en tant que directeur général : 227 628 euros pour ses 3 mois et demi (avec un fixe de 145 455 euros et un variable de 82 173 euros). Depuis, Yves Bernaert a créé sa propre société de conseil, Techart, en février dernier.
Le dossier Atos est suivi de près par le gouvernement. Car l’entreprise gère des activités sensibles. Le ministre de l’économie, Bruno Le Maire, avait indiqué sur CNews-Europe 1 « que toutes les activités stratégiques resteront sous le contrôle de la puissance publique, y compris les commandes de contrôle de nos centrales nucléaires ». Par ailleurs, le groupe possède des supercalculateurs utilisés pour la dissuasion nucléaire et s’occupe également des accréditations, de la diffusion des résultats et de la cybersécurité pour les Jeux Olympiques de Paris 2024. Contactés, ni Atos ni Yves Bernaert n’ont répondu à nos sollicitations.
Edouard Philippe est parti juste avant la tempête
L’ancien premier ministre Édouard Philippe a quitté le conseil d’administration d’Atos en mai 2023, juste avant les grandes difficultés rencontrées par la société informatique. Le maire du Havre et fondateur du parti Horizons a lui-même souhaité que son mandat ne soit pas proposé à un renouvellement en raison de ses autres engagements. En quatre mois et demi, jusqu’à mi-mai, il a tout de même touché 31 897 euros de jetons de présence, contre 71 500 euros pour une année pleine en 2022. Il avait rejoint la multinationale en octobre 2020 comme administrateur après avoir quitté le gouvernement d’Emmanuel Macron.