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Continuer la lectureCloud souverain et IA : l’appel à projets de France 2030 attire les candidatures
Bpifrance relance la procédure après le blocage de celle initiée l’an dernier. L’Informé dévoile les noms des entreprises qui se sont positionnées.
Grand ciel bleu dans le nuage informatique. Dans le cadre du programme d’investissement du futur France 2030 (doté de 54 milliards d’euros sur cinq ans) Bpifrance a lancé un appel à projets en avril dernier. Objectif : renforcer le cloud français et l’usage de l’intelligence artificielle. De quoi esp...
Cet arrêt brutal avait suscité beaucoup d’émoi au sein de la communauté des grands acteurs du cloud français, furieux que le dossier traîne tant dans un domaine sensible. « Le gouvernement ne voulait pas attendre une éventuelle saisine de la justice et a préféré relancer un appel », explique un acteur au fait du dossier. Cette fois-ci sera peut-être la bonne. Pour cette nouvelle saison du feuilleton, et selon nos informations, Cloud Temple a déposé un dossier en tant que chef de file d’un consortium réunissant Bull (propriété d’Atos), Thales, l’éditeur de logiciels open source Vates et le CEA-List (système numérique intelligent). Face à eux, la société de Roubaix OVHCloud s’est positionnée seule tandis que Scaleway, filiale d’Iliad, s’est associée avec l’Inria. Orange fait également partie de la liste des prétendants. Enfin, Numspot (regroupant la Caisse des dépôts et consignations, Docaposte, Dassault Systèmes et l’opérateur Bouygues Telecom) avec Outscale ont également candidaté.
« On ne sait pas combien d’argent l’État va mettre sur la table, indique Nicolas Duffour, directeur du développement stratégique de Cloud Temple. Tout au plus sait-on que la part des subventions peut atteindre 50 % du coût d’un projet supérieur à 20 millions d’euros ».
L’objectif est de soutenir la recherche et l’innovation, voire le déploiement industriel, autour de l’intelligence artificielle afin de « renforcer l’indépendance cloud nationale » avec des « offres françaises innovantes », selon la direction générale des entreprises (DGE). Plusieurs aspects vont être pris en considération afin de départager les candidats. Notamment l’usage de solutions open source (logiciels dont le code est ouvert et modifiable à loisir), la souveraineté ou encore le respect de critères environnementaux. Sur ce dernier sujet, on trouve « l’écoconception » avec « l’empreinte carbone sur l’ensemble du cycle de vie des systèmes ou services développés » ou encore « la prévention et réduction de la pollution ». Ces dispositions vont-elles réussir à rassurer les plaignants du premier appel à candidatures ? Sauf en cas de nouveaux rebondissements, les candidats retenus devront passer une soutenance en septembre avant le choix final.
Revendiquant « une stratégie d’activisme judiciaire, qui vise à faire monter le secteur numérique en maturité tout en rappelant l’administration à ses obligations », Me Jean-Baptiste Soufron, avocat de Rapid.space, nous détaille les entorses à la loi qu’il avait soulevées lors du premier appel à projets. « Par exemple, le cahier des charges délimitait les caractéristiques des projets pouvant bénéficier des subventions. Ces projets devaient présenter une assiette de dépenses supérieure à 20 millions d’euros. Dit autrement, si un candidat pouvait faire aussi bien pour moins cher, il en était donc exclu ». D’autres reproches avaient été avancés sous la menace de recours. « Seules les offres ciblant un besoin identifié et reconnu au sein de l’écosystème d’utilisateurs étaient éligibles à la sélection. Il revenait à la Direction interministérielle du numérique (DINUM) d’identifier d’abord ces besoins fonctionnels des administrations en matière de cloud de confiance, pour ne conserver que les projets les plus aptes à y répondre. Dans le même temps, les potentiels porteurs étaient fortement invités à se rapprocher en amont de la DINUM, avant de déposer leur candidature ». Une coopération un peu trop poussée aux yeux du juriste. « Nous considérons que ces futures bénéficiaires ne pouvaient pas aider à la rédaction de ces appels à subventions, sauf à donner l’impression d’une co-écriture, excluant d’emblée les personnes qui ne s’étaient pas rapprochées de la direction ou n’avaient pas été retenues par elle ». Le nouvel appel à projets sera-t-il attaqué ? « L’administration ne nous a pas informés pour nous dire les manquements qui auraient pesé ou non dans le choix de redémarrer la procédure en 2025. À date, les requérants sont encore dans la réflexion et l’analyse quant aux suites à donner face au nouvel appel à projets », conclut l’avocat.
Article modifié le 25 juin à 12h38 avec le rajout de la candidature de Numspot.