Offrez un coup d’avance à vos collaborateurs

Industrie

Le gotha des fonds français s’intéresse à Piercan, champion des gants de protection industrielle

La PME normande équipe les salariés du nucléaire et de la pharmacie amenés à manipuler des matières sensibles. Sa famille propriétaire cherche à ouvrir le capital à un acteur financier.

Photo
South_agency / Getty Images

Les pros du private equity sont aux aguets. Alors que Piercan envisage d’ouvrir son capital, plusieurs fonds ont déjà manifesté leur intérêt. Cette PME normande, spécialisée dans la fabrication de gants techniques, ne dégage pas un chiffre d’affaires colossal -35 millions d’euros en 2021- mais elle s’est imposée en champion tricolore de son secteur : ses produits, utilisés dans le nucléaire comme dans la pharmacie, s’exportent vers plus de 80 pays. Ce savoir-faire suscite donc des convoitises… Selon nos informations, la famille propriétaire de l’entreprise, prête à faire entrer un nouvel actionnaire au capital, a mandaté la banque d’affaires Natixis Partners pour départager les candidats. L’opération pourrait, d’après une source, valoriser Piercan environ 180 millions d’euros.

Weinberg, Mérieux, Vivalto…

Parmi les prétendants, se trouveraient notamment Weinberg Capital Partners et Mérieux Equity Partners. Le premier est un fonds de LBO piloté par Serge Weinberg, l’ex-dirigeant de PPR (aujourd’hui Kering). Le deuxième est une société d’investissement contrôlée par la famille Mérieux : elle prend des participations dans diverses entreprises de santé, de la PME au grand groupe, comme le laboratoire vétérinaire Ceva, les cliniques Elsan et les Ehpad DomusVi. Mais Piercan intéresserait aussi Vivalto Partners, un fonds piloté par Daniel Caille, l’ex-patron de Générale de Santé, actuellement à la tête des cliniques Vivalto Santé. Le dossier ne laisserait pas non plus insensible Qualium, une société de gestion longtemps contrôlée par la Caisse des dépôts (qui en est toujours un actionnaire minoritaire), mais aussi Motion Equity Partners, LBO France ou encore IK Investment Partners, un investisseur suédois qui vient de prendre une participation dans le sous-traitant pharmaceutique Unither.

Dotée d’une usine de 150 salariés près de Bayeux (pour un effectif total de 250 collaborateurs), Piercan y fabrique le gros de ses volumes : les capacités de production du site ont d’ailleurs récemment été renforcées grâce à un investissement de 7 millions d’euros. Mais la société dispose aussi d’une usine en Californie depuis les années 1990, et s’est dotée d’une deuxième implantation dans l’Hexagone en 2015, à Bondy. « Piercan a déjoué la concurrence de pays à bas coût, observe un investisseur. Ses clients préfèrent largement faire appel à ses services et ne prendre aucun risque, quitte à mettre le prix. » Dans le nucléaire, ses gants permettent aux techniciens d’être protégés des rayonnements lorsqu’ils manient le combustible à retraiter dans ce qui s’apparente à des urnes : des isolateurs. Dans la pharmacie, et plus largement en milieu médical, ils offrent la possibilité de faire des manipulations dans un environnement stérilisé. Piercan s’adresse aussi aux industriels des composites et de l’électronique.