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Continuer la lectureLe laboratoire pharmaceutique Juvisé compte lever au moins 150 millions d’euros
Cette PME lyonnaise s’est développée en rachetant aux big pharmas les droits commerciaux de certains de leurs traitements. Pour continuer sur sa lancée, elle cherche à faire entrer un gros investisseur à son capital.
A l’ombre des big pharmas, un petit français se fait une jolie place sur le marché du médicament : Juvisé. Créée en 2008, cette société lyonnaise rachète discrètement aux géants du secteur les droits commerciaux de traitements qu’ils ne jugent plus prioritaires, pour mieux les exploiter. Présente dans l’oncologie, la neuro-psychiatrie ou encore la gastro-entérologie, elle a déjà fait affaire avec AstraZeneca, Novartis ou encore AbbVie… et ne compte pas s’arrêter là. Selon plusieurs sources, pour amplifier sa force de frappe, elle cherche à faire entrer à son capital un investisseur capable de mettre sur la table 150 à 200 millions d’euros.
Lazard chargé de jouer les intermédiaires
Les modalités de l’opération ne seraient pas encore bien arrêtées, mais Frédéric Mascha, le fondateur et propriétaire de Juvisé, conserverait le contrôle de la société et la manoeuvre pourrait combiner un rachat de titres existants à une augmentation de capital. « Le projet en est à un stade préliminaire. L’heure est encore à ces « coffee meetings » qui servent à prendre la température auprès d’investisseurs potentiels », glisse un interlocuteur qui regarde le dossier. Selon nos informations, le laboratoire a choisi de se faire épauler par Lazard dans les négociations. Au sein de la banque d’affaires, il est suivi, entre autres, par l’associé François Guichot-Pérère. Sollicitée par L’Informé, la direction de Juvisé n’a pas répondu.
Jusqu’à présent, pour acquérir les molécules des plus grands, la PME n’a pas hésité à recourir à de la dette. Au début de l’été, elle avait ainsi levé 400 millions d’euros auprès de la Société Générale pour racheter à AbbVie les droits commerciaux d’un médicament contre les infections bactériennes gastro-intestinales. Bout à bout, les acquisitions ont permis à Juvisé de se constituer un portefeuille d’une dizaine de traitements… Résultat : son Ebitda (Excédent brut d’exploitation) serait aujourd’hui proche des 70 millions d’euros. Car son modèle, dit « fabless », est bien rentable : la production des traitements est assurée par des sous-traitants. Son savoir-faire se concentre ainsi sur la commercialisation, mais aussi sur des aspects réglementaires ou liés à la traçabilité et à la pharmacovigilance.
Le modèle de Juvisé n’est pas unique en son genre dans la filière pharmaceutique française. D’autres ont aussi prospéré en rachetant des médicaments jugés non-stratégiques par les grandes firmes du secteur. C’est le cas de Serb, qui s’est constitué un portefeuille spécialisé dans les soins d’urgence et les traitements de maladies rares. Cette PME n’a pas hésité à débourser 800 millions de dollars il y a un an pour mettre la main sur BTG Speciality Pharmaceuticals, un grand spécialiste des antidotes vitaux, auprès de Boston Scientific Corporation. Elle-même a pu compter sur l’appui précieux de fonds de private equity - le britannique Charterhouse, le suisse Partners Group et le français Mérieux Equity Partners.