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Industrie

La DGSE va revenir au Caracal d’Airbus Helicopters

Les services secrets français avaient délaissé cet appareil depuis une dizaine d’années. Cet équipement permettra de mener des missions clandestines plus exigeantes.

Un Airbus Caracal au salon du Bourget.
Un Airbus Caracal au salon du Bourget. BERTRAND GUAY / AFP

En janvier 2013, lors de la tentative de libération de son otage Denis Allex en Somalie, la DGSE avait engagé quatre hélicoptères Caracal afin d’infiltrer puis d’exfiltrer les commandos du service action (CPIS). Une partie des appareils provenaient de la flotte de sa propre unité aérienne, le GAM-56 ...

Un petit flash-back s’impose pour mieux comprendre ce revirement qui date de plusieurs semaines. En 2017, la DGSE avait préféré au Caracal sa version civile, l’EC225LP, pour transporter ses commandos. Elle en avait récupéré deux auprès de la marine nationale. Par rapport au Caracal, cet engin présentait l’avantage d’une autonomie augmentée et d’une masse à vide moindre, du fait de l’absence d’équipements militaires spécifiques (autoprotection contre les missiles, blindages additionnels, boule optronique). Il était aussi plus simple à maintenir. Régulièrement, le GAM-56 devait néanmoins ponctionner des Caracal à son unité sœur, l’escadron d’hélicoptères 1/67 Pyrénées de Cazaux (Gironde), spécialisé lui dans les opérations spéciales et la récupération de personnels éjectés en zone ennemie. Car l’EC225LP ne possède pas de filtres à sable sur ses entrées d’air, ce qui pose problème dans le désert - au Sahel par exemple. Sans autoprotection contre les missiles, ni blindages additionnels, l’appareil était aussi très exposé dans des environnements contestés. Enfin, l’absence de boule optronique empêchait aussi d’observer à distance une zone d’atterrissage par exemple.

La DGSE a donc décidé de rehausser son niveau d’équipement a appris l’Informé. Elle va remplacer ses deux EC225LP par des Caracal, à hauteur sans doute de trois exemplaires. Ces derniers seront livrés d’ici 2027, mais comme pour les EC225LP, elle récupèrera des appareils déjà en service, actuellement exploités par le 4e RHFS (Régiment d’hélicoptères des forces spéciales) qui, lui, va recevoir à partir de l’an prochain 18 Caïman standard 2 neufs livrés par Airbus Helicopters.

Ces appareils de l’armée de terre ont déjà été utilisés en Libye et au Sahel. Ces Caracal peuvent emporter un puissant armement, avec deux mitrailleuses moyennes du belge FN Herstal, et un canon de 20 mm de KNDS repliable en souple. Airbus Helicopters travaille depuis plusieurs années à compléter cet armement grâce à son système HForce et depuis quelques mois, à permettre le contrôle de drones aériens à distance.

Même s’il prend ses ordres de la DGSE, le GAM-56 reste une unité de l’armée de l’air et de l’espace, qui comprend traditionnellement quelques marins. Ses Caracal pourront être utilisés depuis des bases terrestres ou maritimes : l’opération de 2013 en Somalie avait été réalisée, une première, depuis un porte-hélicoptères amphibie de la marine, le Mistral. Pour ses opérations clandestines, la DGSE préfère utiliser normalement son propre navire, l’Alizé, basé à Toulon. Un Caracal peut être projeté dans la soute d’un A400M en quelques heures, selon la distance à parcourir, il suffit de démonter les cinq pales du rotor principal.

En cas de besoin pour une mission ponctuelle, le GAM-56 pourra aussi faire appel aux autres Caracal de l’armée de l’air et de l’espace. Ces appareils ont l’avantage d’être déjà déployés dans les zones d’intérêt, aux quatre coins du monde (Guyane, Djibouti et prochainement, Nouvelle-Calédonie), ce qui évite d’avoir à les projeter depuis la France.

Contactée par l’Informé, la DGSE n’avait pas répondu à l’heure de notre publication.