Transports - Auto

Ardian prêt à céder Revima, le roi du train d’atterrissage

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Actionnaire majoritaire depuis 2019, le fonds de la place Vendôme a mandaté une banque pour se retirer de ce champion de la maintenance aéronautique.

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Artinun - stock.adobe.com

L’un des grands spécialistes français de la maintenance aéronautique pourrait bientôt passer sous pavillon étranger. Très reconnu dans la révision et la réparation de trains d’atterrissage, Revima est contrôlé par Ardian depuis 2019. Mais le fonds de la place Vendôme cherche à céder ses positions dan...

Une piste s’avère particulièrement sérieuse, celle d’un adossement à un autre acteur du MRO - l’acronyme de « maintain, repair, overhaul » dans l’univers aéronautique - plusieurs industriels ayant manifesté un appétit sérieux pour le dossier. C’est le cas de Sanad, qui appartient à Mubadala, l’un des fonds souverains d’Abu Dhabi. À ses côtés, au moins un acteur américain est en lice, Sunvair, participation du fonds Greenbriar : son compatriote Standard Aero, soutenu par Carlyle, s’était montré intéressé mais son maintien au second tour des enchères reste à confirmer. Le conglomérat japonais Sumitomo, qui a développé une activité dans les pièces aéronautiques, est également positionné. Enfin, un investisseur serait encore de la partie, le fonds d’infrastructures I-Squared, connu en France pour être l’actionnaire du groupe d’ehpad Domidep. « Si les financiers ont bien tâché de se mobiliser un peu plus tôt dans les enchères, il est ensuite apparu qu’ils pouvaient difficilement s’aligner en termes de prix sur ce que sont prêts à proposer les candidats industriels », commente un banquier.

Ardian, qui avait racheté Revima pour environ 300 millions d’euros en 2019, espère faire une excellente opération en revendant le groupe. L’investisseur vise bien plus que le double aujourd’hui. Présent au capital via son activité Buy-out, le fonds compte boucler ce dossier rapidement. Il est également sur le point de céder le producteur portugais d’ingrédients Frulact et le verdict de la vente de Prosol (Grand Frais) semble aussi imminent. Le Français joue donc gros en cette fin d’année, alors qu’il aurait l’intention de relancer la levée d’un nouveau véhicule pour continuer à miser dans les LBO « large cap » (d’au moins un milliard d’euros de valorisation) après avoir temporisé sur le projet il y a près d’un an.

Mais si Ardian peut aujourd’hui attendre beaucoup de Revima, son investissement n’a pas été sans turbulences, loin de là. L’industriel a fait les frais du Covid-19 et des confinements dans l’aéronautique. Son chiffre d’affaires, qui s’élevait à 310 millions d’euros en 2019, s’est effondré de 40 % l’année suivante, alors que les compagnies aériennes étaient obligées de maintenir au sol l’écrasante majorité de leur flotte. Tout en recourant massivement au chômage partiel et aux prêts garantis par l’État, le groupe avait toutefois limité la casse grâce à la meilleure résistance du fret et à la réglementation obligeant les compagnies à réviser les trains d’atterrissage de leurs engins tous les dix ans (ce qui n’était pas le cas des turbines auxiliaires, les « APUs », son autre grande spécialité). Revima a su faire le dos rond, au point que cet épisode est aujourd’hui de l’histoire ancienne : le prestataire a réalisé un peu plus de 420 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2024. Son Ebitda, qui s’élevait à 30 millions d’euros à l’arrivée d’Ardian, serait aujourd’hui proche des 70 millions d’euros. Une évolution qui reflète la nette reprise du trafic aérien : en 2025, le chiffre d’affaires cumulé de toutes les compagnies dans le monde devrait dépasser les 1 000 milliards de dollars pour la première fois, selon des estimations tout juste publiées par l’Association du transport aérien international (IATA).

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