Offrez un coup d’avance à vos collaborateurs

Médias - Culture

La Maison Gainsbourg reprise par un « ami » de Charlotte Gainsbourg

Alors que le musée en hommage au chanteur est en redressement depuis plus d’un an, le tribunal des affaires économiques de Paris a choisi l’homme d’affaires Philippe Dabi pour poursuivre l’activité. Il a promis d’associer l’actrice dans le projet.

Charlotte Gainsbourg et Rachida Dati lors de l’inauguration de la Maison Gainsbourg.
Charlotte Gainsbourg et Rachida Dati lors de l’inauguration de la Maison Gainsbourg. DANIEL DORKO / Hans Lucas via AFP

C’est finalement le candidat surprise qui a raflé la mise. Alors que la maison Gainsbourg est en redressement judiciaire depuis plus d’un an, le tribunal vient de choisir l’homme d’affaires Philippe Dabi, via sa holding Avoda, pour reprendre le lieu culturel dédié au chanteur, rue de Verneuil. Pour un prix de 850 000 euros. Son offre a été préférée au plan de continuation soumis par l’associé de Charlotte Gainsbourg, Dominique Dutreix, qui s’était brouillé avec l’actrice sur fond de grosses difficultés financières pour l’établissement. L’actrice avait elle aussi présenté un plan de continuation, jugé irrecevable.

Charlotte Gainsbourg peut tout de même se réjouir : le nouveau propriétaire, qui se présente comme un « ami », a promis de lui accorder une place importante dans le projet. Dans son dossier de reprise, le fondateur et PDG du groupe de laboratoires de biologie médicale Bioclinic dont la fortune est estimée à 100 millions d’euros selon Challenges, a projeté qu’ils s’associent dans une société ad hoc, partiellement détenue par Charlotte Gainsbourg, qui pourrait se substituer à Avoda pour contrôler l’établissement. Se targuant d’avoir d’excellents liens avec la comédienne, l’homme d’affaires a fait valoir qu’il était inimaginable de poursuivre l’activité sans elle, au vu du caractère très personnel du lieu. D’autant que le musée a un important contrat avec Yves Saint Laurent, qui repose sur la célébrité de l’actrice.

Le tribunal a été convaincu par ce projet qu’il juge « sérieux », bien qu’assorti d’un faible prix de cession au regard des dettes importantes de la société. Les juges ont, du même coup, autorisé la prise de participation minoritaire de Charlotte Gainsbourg au capital de cette société ad hoc (qui devrait s’appeler Yente), ce qui était soumis à l’approbation du tribunal et du ministère public. Il est en effet interdit pour un associé actuel ou quelqu’un de sa famille de présenter ou participer à une offre de cession, sauf dans des cas exceptionnels. « Nous sommes très heureux de cette décision, affirme à l’Informé Me Jean Aittouares, l’avocat de Charlotte Gainsbourg. C’est la solution qui va permettre d’assurer la pérennité du musée ».

Malgré un grand succès auprès du public, l’établissement était en redressement judiciaire depuis plus d’un an et criblé de dettes, sur fond d’une guerre ouverte entre Charlotte Gainsbourg et l’homme d’affaires aux côtés duquel elle a monté l’établissement, Dominique Dutreix. Ce promoteur immobilier voulait lui aussi récupérer le contrôle du lieu culturel, et avait présenté un plan de continuation pour concurrencer celui de l’actrice, où elle-même proposait de reprendre l’activité à condition que son ami Philippe Dabi rachète les 50 % de parts appartenant à son associé. Depuis des mois, Charlotte Gainsbourg voulait à tout prix évincer celui qu’elle accuse d’avoir plombé la société : Dominique Dutreix, soupçonné d’irrégularités de gestion, a été condamné en décembre dernier à injecter près d’un million d’euros dans les comptes de la société, mais il s’est pourvu en cassation.

Dans son plan de continuation, celui-ci avait présenté un plan de remboursement des dettes sur dix ans, et le versement de 100 000 euros en cash. Il proposait aussi, compte tenu du conflit avec Charlotte Gainsbourg, de se retirer de la gestion de la société. Mais le tribunal a estimé que la capacité financière de l’homme d’affaires à financer le plan de redressement n’était pas établie, notamment compte tenu du lourd passif à apurer et d’une procédure collective ouverte d’une autre de ses sociétés à Limoges. Il assure à l’Informé vouloir faire appel de cette décision de cession. De nombreuses autres procédures restent en cours entre lui et Charlotte Gainsbourg.

Tous nos articles sur ce dossier :

Impayés, acrobaties comptables… les dessous pas très chics de la Maison Gainsbourg
L’horizon s’assombrit pour la Maison Gainsbourg
Maison Gainsbourg : la guerre entre Charlotte Gainsbourg et son associé se poursuit
Maison Gainsbourg : la guerre s’intensifie entre Charlotte Gainsbourg et son associé
Maison Gainsbourg : le choix du repreneur reporté, une nouvelle offre sur la table