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Continuer la lectureMaison Gainsbourg : la guerre entre Charlotte Gainsbourg et son associé se poursuit
L’actrice vient de remporter une victoire : Dominique Dutreix doit renflouer l’établissement à la mémoire du chanteur.
2025 sera-t-elle l’année d’un nouveau départ pour la Maison Gainsbourg ? Bien que les billets pour visiter l’ancienne demeure de Serge Gainsbourg, rue de Verneuil à Paris, s’arrachent, l’établissement est en difficulté financière. Comme l’a révélé L’Informé au printemps dernier, il est plombé par de lourdes dettes : une situation que la fille de l’artiste, Charlotte Gainsbourg, impute à son associé, le promoteur immobilier Dominique Dutreix. Elle l’accuse même de pratiques frauduleuses.
La cour d’appel de Paris vient de trancher en sa faveur. Dans un arrêt rendu le 19 décembre 2024, que nous avons pu consulter, la juridiction condamne Dominique Dutreix à verser près d’un million d’euros dans les caisses de l’établissement. Elle confirme ainsi une ordonnance rendue par le tribunal de commerce en mars, en révisant toutefois le montant à la baisse (il était de 1,5 million d’euros en première instance).
Dans le détail, l’homme d’affaires doit rembourser 482 000 euros pour des ponctions irrégulières faites dans les comptes la Maison Gainsbourg, et ajouter 505 000 euros au titre des avances qu’il avait promises dans l’accord de partenariat avec Charlotte Gainsbourg établi en 2019. L’avocat de l’actrice, maître Jean Aittouarès, exprime sa satisfaction : « Si monsieur Dutreix s’exécute enfin, cela permettra de remettre à flot la société. » De son côté, le conseil de Dominique Dutreix annonce son intention de se pourvoir en cassation.
Problème : le temps presse. Malgré le succès populaire, la demeure historique de l’artiste, avec son musée attenant, a été placée en redressement judiciaire au mois de septembre. Elle comptabilisait environ 1,5 million d’euros de dettes auprès de différents fournisseurs. À cette somme, il faut ajouter 3,5 millions d’euros de prêts souscrits pour créer l’établissement.
La structure a même frôlé le pire. Faute d’être payé des loyers, le propriétaire du bâtiment abritant la partie musée a envoyé un commandement de payer en mai 2024, demandant l’activation de la clause résolutoire du bail, a indiqué l’avocat de la société devant la cour d’appel au mois de novembre. Concrètement, la Maison Gainsbourg risquait l’expulsion ! La menace est aujourd’hui écartée. Et l’administratrice judiciaire, désormais aux commandes de l’établissement, a pu régler les factures les plus urgentes, réduisant les dettes de près de 300 000 euros.
Pour autant l’horizon est loin d’être éclairci. Propriétaires chacun de 50 % des parts de la société, Charlotte Gainsbourg et Dominique Dutreix sont irrémédiablement fâchés. Désormais, de multiples procédures judiciaires les opposent. Charlotte Gainsbourg a même engagé des poursuites au pénal. Au nom de la société, elle demande la condamnation de Dominique Dutreix pour abus de biens social, ainsi qu’une indemnisation pour l’atteinte à l’image de la Maison Gainsbourg.
L’homme d’affaires doit aussi faire face à une procédure civile, engagée par l’administratrice judiciaire, Catherine Poli du cabinet AJRS : elle réclame plus de deux millions d’euros de dommages et intérêts, considérant que les prélèvements ponctionnés dans les comptes de l’établissement ont retardé son ouverture au public.
De son côté, Dominique Dutreix contre-attaque sur un autre front. Il nous indique avoir assigné en diffamation l’avocat de Charlotte Gainsbourg, Me Aittouarès, et le journal Le Parisien.
En coulisses, dans les deux camps, on se dit conscient que la seule issue reste le divorce, via un départ de Dominique Dutreix. Encore faudra-t-il trouver un terrain d’entente. Le point le plus crucial est la valeur des parts de la société que l’homme d’affaires devrait céder. « Une maison d’artiste qui gagne de l’argent, ça n’existe pas. S’il y a une rentabilité, elle est lointaine et peu élevée », souligne-t-on dans l’entourage de Charlotte Gainsbourg. « Je suis garant des prêts accordés à la société, à hauteur de 2,5 millions d’euros. Cet aspect-là aussi doit être pris en compte », précisait Dominique Dutreix à L’Informé, au mois de novembre.
Indifférents à ces incertitudes, les admirateurs de Serge Gainsbourg continuent à se presser rue de Verneuil. Aucun billet incluant la visite de la maison de l’artiste n’est actuellement disponible : les créneaux sont complets jusqu’au 30 mars 2025.