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Continuer la lectureMaison Gainsbourg : la guerre s’intensifie entre Charlotte Gainsbourg et son associé
Condamné à injecter un million d’euros dans les caisses du musée qu’il a lancé avec la fille de l’artiste, l’homme d’affaires Dominique Dutreix n’a toujours pas versé un centime. Au point de menacer l’avenir de l’établissement.
Alors que l’intérêt du public pour la Maison Gainsbourg ne faiblit pas, le conflit entre les deux propriétaires de ce lieu culturel en hommage à l’artiste bat son plein. Comme l’avait révélé l’Informé, la fille du chanteur, Charlotte Gainsbourg, est en guerre ouverte contre l’homme d’affaires Dominique Dutreix, son associé dans ce projet, qu’elle accuse désormais d’avoir mis en péril les finances de l’établissement. Depuis des mois, le duo règle maintenant ses comptes devant les tribunaux, où se joue un véritable imbroglio qui ne cesse de grandir au fil des mois et des nouvelles procédures. Sur fond de grosses difficultés économiques pour le musée, qui est actuellement en redressement judiciaire et criblé de dettes. Selon nos informations, une audience va se tenir à la rentrée pour déterminer l’avenir de la Maison Gainsbourg, qui a fait l’objet de deux offres de reprise, dont une déposée par Dominique Dutreix.
En attendant, l’établissement a besoin d’argent. L’homme d’affaires, accusé d’irrégularités de gestion, a d’ailleurs été condamné en décembre dernier à injecter près d’un million d’euros dans les comptes de la société. S’il s’est pourvu en cassation, cette décision de la cour d’appel de Paris est en principe exécutoire. Mais selon nos informations, Dominique Dutreix rechigne toujours à verser les sommes dues. Celui-ci a d’ailleurs contesté de nombreuses saisies-attributions faites sur ses comptes et ceux de ses sociétés, auprès du juge de l’exécution des peines, qui lui a donné tort. Il a fait appel de cette décision, ce que Charlotte Gainsbourg et Me Catherine Poli ont tenté d’empêcher, en demandant à la cour d’appel de radier le dossier. Sans succès.
Selon leur hypothèse, Dominique Dutreix serait prêt à tout pour échapper au versement des sanctions, y compris à faire placer une de ses sociétés personnelles en redressement judiciaire. L’homme d’affaires est en effet à la tête d’une exploitation agricole dans la région de Limoges, où il est « agriculteur de père en fils ». Cette activité fait l’objet d’une procédure collective depuis février 2025, ce qui interdit à Dominique Dutreix de payer les sommes qu’il doit dans l’affaire Maison Gainsbourg. Charlotte Gainsbourg et Me Catherine Poli ont donc contesté en justice ce placement en redressement, qui aurait été pris « en fraude de leurs droits ». Devant la justice, elles ont accusé Dominique Dutreix d’avoir, pour obtenir l’ouverture de cette procédure, « volontairement dissimulé le fait qu’il demeure à Paris et qu’il dispose d’un patrimoine immobilier et mobilier important », notamment de nombreuses œuvres d’art. Selon les requérantes, le montant de ses biens dépasserait largement celui des condamnations dont il doit s’acquitter, et il aurait donc suffisamment d’argent pour « faire face à ses obligations ».
La Maison Gainsbourg en péril
Or pour l’instant, le tribunal des affaires économiques de Limoges leur a donné tort, dans un jugement du 2 avril, en confirmant le placement en redressement judiciaire contre lequel elles avaient formé une « tierce opposition ». Si le duo dénonçait une « insolvabilité organisée » par Dominique Dutreix, qui bénéficie selon elles de « 201 sociétés », d’un « patrimoine estimé à plus de 10 millions d’euros » et de « revenus annuels de plus de 450 000 euros », la juridiction a considéré qu’il était « indéniable » que celui-ci se trouvait « dans l’impossibilité de faire face à son passif exigible avec son actif disponible », n’ayant aucun patrimoine mobilisable « à l’instant » et « ses comptes bancaires présentant tous des soldes débiteurs ». « Ce qui compte, c’est la possibilité de payer : si vous n’avez pas de liquidité, vous ne pouvez pas payer, explique Dominique Dutreix à l’Informé. La partie adverse ne connaît pas mon patrimoine, et fantasme sur le fait que je suis très riche, alors que c’est faux ». Devant la justice, l’homme d’affaires avait fait valoir que les multiples saisies sur ses comptes, notamment celui de son activité agricole, ne lui permettaient plus de payer ses fournisseurs ni le salarié travaillant sur l’exploitation.
« Tant que je suis en redressement judiciaire, je suis protégé et il ne peut pas y avoir de saisie-attribution », rappelle-t-il. Une situation qui, selon la partie adverse, met en danger la Maison Gainsbourg. Interrogé par l’Informé, Dominique Dutreix considère de son côté que c’est Charlotte Gainsbourg qui a mis l’établissement culturel en péril en refusant un prêt qui aurait permis à la société de se maintenir à flot. Il assure d’ailleurs avoir lancé une nouvelle procédure en justice pour obtenir la nullité de l’accord de partenariat : selon lui, l’aval de la fratrie Gainsbourg pour ouvrir ce lieu destiné à la mémoire de leur père est intervenu tardivement par rapport au délai contractuellement fixé, ce qui rendrait l’accord caduc. Cette nouvelle procédure n’en est qu’à ses débuts, éloignant toujours plus l’issue du bras de fer entre les deux associés.
Pourtant, le temps presse : alors que la Maison Gainsbourg est en redressement depuis bientôt un an, une audience va se tenir le 24 septembre devant le tribunal de commerce de Paris pour déterminer son sort. Dominique Dutreix a déjà déposé une offre de reprise. « Dans mon plan de continuation, j’ai proposé un remboursement des dettes sur huit ans », expose le promoteur immobilier auprès de l’Informé. Une autre offre aurait aussi été déposée. Contactée par l’Informé par l’intermédiaire de son avocat, Charlotte Gainsbourg n’avait pas répondu à la publication de cet article, ni l’administratrice judiciaire Me Catherine Poli.