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Continuer la lecturePlombé par le saumon, Delpeyrat devrait encore rester dans le rouge
La filiale de la coopérative Maïsadour, aussi connue pour ses foies gras, est confrontée à la hausse des coûts d’approvisionnements et de production, difficiles à répercuter sur le client.
Côté pile, Delpeyrat a connu une saison des fêtes 2024 réussie, devenant même la marque n° 1 en volume sur le marché du foie gras. Côté face, les tensions sur l’approvisionnement, la hausse du coût des matières premières et les difficultés à les répercuter sur le consommateur final vont de nouveau pl...
L’activité saurisserie (fumage de poisson) pèse lourd dans ce tableau d’ensemble, puisque ce pôle qui devrait représenter 45 millions de ventes en 2025 devrait finir l’exercice avec une perte d’exploitation de 6,7 millions, et une perte nette de 10 millions. Autrement dit, l’entreprise serait à l’équilibre sans cette branche. Contacté par l’Informé, le groupe coopératif landais Maïsadour, qui détient Delpeyrat, nous a indiqué opérer depuis plusieurs années déjà « dans un environnement lourdement impacté par la baisse continue de la consommation de saumon fumé, les crises aviaires en canard gras, l’inflation des matières premières et une concurrence grandissante. Si plusieurs actions de redressement engagées depuis 2020 ont permis d’en limiter les répercussions, la situation continue de se détériorer et les volumes de se réduire. L’appareil productif se trouve en surcapacité structurelle et croissante, entraînant une dégradation significative des résultats économiques ».
De fait, sur les 5 derniers exercices, Delpeyrat n’a été bénéficiaire qu’une seule fois, malgré une excellente connaissance du secteur et des filières. La maison mère Maïsadour (1,4 milliard d’euros de chiffre d’affaires, 5 000 agriculteurs et 4 300 salariés) est présente dans les activités agricoles et semences, mais aussi dans les produits gastronomiques avec les marques Delpeyrat, Comtesse du Barry ou encore les volailles sous Label rouge de la marque St Sever. Comme toute la filière et ses concurrents, Delpeyrat a été pénalisé par des difficultés d’approvisionnement et par la hausse des étiquettes, qui a parfois dérouté les consommateurs vers des produits moins chers, comme les marques de distributeurs ou premiers prix. Les articles venus de Pologne, mais aussi la perte de contrats avec des acteurs importants comme Carrefour ou Lidl (près de 30 % du marché de la grande distribution) n’ont pas facilité la tâche. D’autant que le groupe agroalimentaire doit en parallèle continuer à investir sur ses usines, notamment sur le pôle saumon pour en sauvegarder la compétitivité. Son retard industriel sur cette activité représenterait un manque à gagner d’environ 5 millions.
Afin de « retrouver un modèle économique pérenne » pour son pôle gastronomie, Maïsadour nous a précisé réorganiser ses outils industriels et investir sur deux sites, à Sasseville (Seine-Maritime) pour le saumon fumé et à Gibret (Landes) pour le foie gras. « Ces transformations visant à renouer avec une croissance durable pour conforter ses activités et celles des agriculteurs » a indiqué le groupe. Mais le redressement ne sera pas immédiat. Selon nos informations, le site normand dédié à la préparation de saumon fumé, qui a déjà eu recours à une réduction de son activité pendant plusieurs mois en 2023, et 2024, va de nouveau passer en activité partielle pour le premier semestre 2025. Et ce dispositif pourrait durer jusqu’à la fin décembre, avec une baisse d’activité du site programmée d’environ 20 %, pour tenir compte d’une moindre demande.
Dans cet environnement compliqué pour les produits festifs, la solution d’un rapprochement entre Euralis et Maïsadour avait été mise sur la table. En 2022, les deux groupes coopératifs avaient notifié à l’Autorité de la concurrence leur projet de créer une entreprise commune qui aurait regroupé leurs activités de palmipèdes gras, de saurisserie et de distribution au détail. Soit un beau portefeuille de marques comme Delpeyrat, Maison Montfort, Diamant Noir, Rougié, Toque Blanche, Sarrade, Comtesse du Barry… Mais suite à l’ouverture d’une phase d’examen approfondie du dossier par l’Autorité et face aux risques élevés d’atteinte à la concurrence, les deux alliés avaient finalement retiré ce projet en 2023. Selon nos informations, il s’appelait Panoramix.