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Continuer la lectureLa confédération des boulangers-pâtissiers en guerre contre la marque la Boulangère
Très encadré, l’usage du terme « boulanger » est farouchement défendu par la profession. À tel point qu’elle a demandé à l’industriel vendéen de renoncer à son nom.
En France, on ne plaisante décidément pas avec le pain. Selon nos informations, la Confédération Nationale de la Boulangerie-Pâtisserie Française (CNBPF), qui veille aux intérêts des 34 000 artisans du pays, s’est lancée dans une bataille aussi étonnante que sérieuse : elle réclame à l’entreprise La Boulangère, connue pour ses pains, brioches et autres croissants vendus en grande surface… de cesser d’utiliser sa propre marque. Son argument ? Avec ses produits fabriqués et cuits en usine, l’industriel ne respecterait pas l’article L.122-17 du code de la consommation. Issu d’une loi de 1998 destinée à protéger les artisans boulangers, le texte indique en substance, que les professionnels n’assurant pas eux-mêmes « le pétrissage de la pâte, sa fermentation et sa mise en forme ainsi que la cuisson du pain sur le lieu de vente au consommateur final ne peuvent utiliser l’appellation de “boulanger” et l’enseigne commerciale de “boulangerie” (…) ». En utilisant ce nom, le fabricant vendéen aux 2 300 employés et 500 millions d’euros de chiffre d’affaires se rendrait donc coupable de pratiques commerciales déloyales, et induirait le consommateur en erreur en lui faisant croire qu’il achète des produits d’une boulangerie traditionnelle française selon les arguments de la CNBPF.