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Continuer la lectureLa drôle d’affaire qui secoue Savencia (Caprice des dieux, Cœur de Lion, Elle & Vire…)
Plusieurs anciens cadres de la direction des achats du géant du fromage (ex-Bongrain) sont soupçonnés de s’être enrichis au détriment de leur employeur via une structure parallèle.
Des dirigeants de Savencia ont-ils détourné des millions d’euros ? La question taraude le groupe fromager aux 7 milliards d’euros de chiffre d’affaires, coté à la Bourse de Paris. Selon nos informations, ce géant des supermarchés avec ses marques Caprice des Dieux, Cœur de Lion ou encore Elle & Vire est engagé depuis plusieurs années dans une bataille contre d’anciens cadres de sa direction des achats, soupçonnés d’avoir été, en parallèle, actionnaires d’une société prestataire de Savencia dont ils tiraient de plantureux dividendes. Un dossier surprenant que l’industriel avait, jusqu’ici, réussi à garder confidentiel.
Les premiers remous remontent à 2020. Cette année-là, plusieurs signalements internes à l’entreprise ou venus de l’extérieur pointent un potentiel conflit d’intérêts et des agissements suspects au sein de la filiale SB Alliance, une centrale de référencement qui recherche les meilleures conditions d’achats auprès des fournisseurs pour les différentes entités du groupe. Au cœur des soupçons ? La société Syneha. Depuis 2014, cet intermédiaire gère, via un contrat de prestation de service, une partie des accords de référencement pour Savencia : ils concernent des achats directs ou indirects comme le carton ondulé, l’électricité ou le transport routier, pour environ 170 millions d’euros par an tout de même.
Rien d’étonnant en soi, puisque le fabricant mène une politique d’externalisation d’une partie des achats de longue date. Sauf qu’au fil du temps, Syneha a vu sa rémunération augmenter très sérieusement - sans changer de périmètre-, en captant des commissions pour son compte alors qu’elles étaient jusqu’ici versées à Savencia. Surtout, la liste des actionnaires du prestataire choyé a de quoi surprendre. Au-delà de son dirigeant, Pascal Ménage, on y trouve plusieurs cadres du service des achats du fromager : Jean-Claude Descalzo (directeur du service achats), Manuel Freyburger (directeur adjoint en charge des achats directs) et Annie Keith (chargée des achats directs). Une double casquette qui aurait pu inciter ces derniers à attribuer discrètement des marchés - et donc des revenus - à leur petite société. Et ce n’est pas tout. Car la comptable de Syneha depuis septembre 2015, au courant de toutes les données financières, n’est autre que la femme de Jean-Claude Descalzo, situé lui des deux côtés de la barrière.
L’industriel engage une enquête interne et confie la réalisation d’un audit au cabinet Accuracy. La conclusion des experts ? Savencia a subi un préjudice de 10,96 millions d’euros lié au détournement supposé de commissions. Savencia dépose plainte contre X en novembre 2020 pour des faits de corruption active et passive d’agents privés, et d’abus de confiance. Le siège du groupe étant dans les Yvelines, le procureur de la république de Versailles est d’abord saisi, mais il transfère le dossier à son homologue parisien, qui décide d’ouvrir une enquête préliminaire confiée à la brigade de répression de la délinquance économique. Elle va alors éplucher les comptes en banques des différents protagonistes et les flux d’argent. Une plainte est déposée au pénal : devant la chambre correctionnelle du tribunal judiciaire de Paris, l’entreprise cotée durcit le ton. Elle attaque la société Syneha pour recel, tandis que son patron Pascal Ménage et les trois associés salariés de Savencia sont accusés d’escroquerie en bande organisée. La comptable de Syneha est quant à elle visée pour recel de bien provenant d’une escroquerie en bande organisée.
Pour le groupe laitier, la situation est limpide : ses propres cadres ont caché leurs agissements et usé de manœuvres frauduleuses à leur profit. En 2014, la prestation de service assurée par Syneha, en tant que sous traitant, était facturée 653 895 euros par an. Mais en décembre 2016, un nouveau document est venu changer la donne. Ce « contrat d’adhésion client pour le référencement des fournisseurs- avenant » modifiait significativement ces conditions de rémunération à compter de mi-2017. Elles sont devenues beaucoup plus avantageuses, alors que le périmètre d’exercice ne bougeait pas. La rémunération versée par Savencia devenait symbolique (3 000 euros par an) mais ce que Syneha perdait d’une main, elle le récupérera largement de l’autre puisque l’entreprise précisait dans son nouveau contrat qu’elle se financerait désormais « via la facturation de ses services auprès des fournisseurs référencés ». En d’autres termes, les Cadras (commissions d’aides au développement des relations d’affaires) versées par les fournisseurs à Savencia ont été reroutées vers Syneha. Ce qui représente un transfert d’environ 2,5 millions d’euros par an à compter de 2017. D’après l’industriel, Syneha aurait même commencé à encaisser « secrètement » des commissions dès l’année 2015 avant que le nouveau contrat ne le formalise. De quoi se rémunérer deux fois pour le même travail. Les Cadras encaissées frauduleusement s’élèveraient à 13,284 millions d’euros sur la période 2014-2021. Soit un préjudice à 10,96 millions d’euros, déduction faite des rémunérations annuelles que le sous-traitant aurait perçues s’il n’avait pas modifié les termes du contrat. Le sujet de la relation entre le donneur d’ordre et son sous-traitant était en tout cas discret, voire passé sous silence. Agnès Bayani, salariée de SB Alliance entrée au service achats fin 2018, a ainsi dénoncé « une omerta entretenue par son supérieur » Manuel Freyburger - actionnaire de Syneha rappelons-le -, visant à ne jamais citer le nom de la petite entreprise. Face à la justice, ce dernier soutient que sa subordonnée a déformé une pratique qu’il avait établie consistant à ne mentionner dans les documents adressés aux fournisseurs référencés par Syneha et concernant un achat opéré par Savencia que le nom de cette dernière, pour éviter les risques de confusion.
Toujours est-il que l’industriel n’a pas repéré ces transferts dans la masse générale des transactions. Et pour sa défense, l’entreprise prétexte ne pas avoir eu connaissance de ces changements contractuels. Mais le tribunal judiciaire de Paris ne l’entend pas ainsi. Loin de là ! Selon un jugement consulté par L’Informé, les magistrats indiquent, le 4 juin 2025, que l’économie réelle des contrats avec Syneha n’a pas été dissimulée. D’après les pièces recueillies et analysées, le premier contrat a « nécessairement été suivi au sein d’un groupe de l’ampleur de Savencia ». Et concernant les négociations de l’avenant, « il ne ressort pas de la procédure qu’elles aient été menées de manière masquée. Serge Sixou (alors supérieur hiérarchique de Jean-Claude Descalzo) en est à tout le moins informé », précise ainsi le tribunal. Mieux encore selon les juges : « Si un mandataire à la négociation ne peut, n’étant pas partie au contrat de vente, conserver les remises liées aux achats réalisés par ses filiales, il peut percevoir des fonds de la part des fournisseurs correspondant à des remises ou des commissions liées aux prestations qu’il facture séparément aux fournisseurs. Cela s’apparente à un effet de la loi, qui ne peut avoir été méconnu des protagonistes en présence, et encore moins de Jean-François Griffoni, spécialiste du droit des affaires » enfonce le tribunal, en mentionnant le nom du responsable du service juridique affecté aux contrats chez Savencia. Un petit camouflet pour le géant du lait, qui selon le rapport d’audit du cabinet Accuracy, semble avoir fait preuve de beaucoup de légèreté, ou d’insuffisamment de vigilance dans ce dossier (voir encadré).
Un événement aurait pu alerter la direction. Le 22 janvier 2014. Jean-Claude Descalzo, directeur des achats de Savencia, présente le projet « Bonsaï » à son président Alex Bongrain, héritier de la famille Bongrain, fondatrice de Savencia et toujours détentrice des deux tiers du capital. L’idée ? Externaliser des procédures de référencement, via une société dont Jean-Claude Descalzo aurait été actionnaire. Une note interne du 24 avril 2014 signée Serge Sixou et adressée à Robert Brzusczak, directeur général adjoint du groupe, mentionne que si le projet a été apprécié dans ses principes, ce n’est pas le cas du statut proposé de salarié-actionnaire. La direction referme le dossier.
Cela n’enterre pourtant pas le projet, qui ressurgit discrètement. Tout part d’une cascade de décisions, qui a de quoi brouiller les pistes. En juin de la même année, c’est formellement la société PMHA dont Pascal Ménage est le patron - elle collabore avec Savencia depuis des années - qui signe le contrat de prestation de services avec SB Alliance. Son travail de centrale de référencement se fera pour une rémunération annuelle de 653 895 euros, comme nous l’avons vu. En parallèle, un ami de Pascal Ménage crée la société Syneha le 18 août 2024 pour lui « rendre service », selon la teneur des déclarations faites aux enquêteurs. Le même jour, ce proche - un homme de paille- s’engage à céder ses actions de Syneha à Pascal Ménage et à Jean-Claude Descalzo. Le premier septembre 2024, le contrat de PMHA est transféré à Syneha, qui devient donc le prestataire de Savencia. Dès le lendemain, Pascal Ménage et Jean-Claude Descalzo signent à leur tour une promesse de cession d’actions, cette fois à Annie Keith et Manuel Freyburger, qui sera effective en 2015. Alors que la direction refusait que son directeur des achats devienne actionnaire d’un sous-traitant, le tour de passe-passe passe est réussi pour Jean-Claude Descalzo.
Et ce au nez et à la barbe de Savencia qui n’était pas au courant de ce montage. Lors de leurs auditions, les principaux intéressés ont exposé ne pas être tenus légalement et contractuellement d’informer leur employeur de leur participation au capital d’une société, fut-elle prestataire. Ils ont aussi rappelé le respect du secret des affaires, et leur qualité de « sleeping partners ». Plus culotté, ils ont aussi mis en avant avec un certain aplomb que cette relation contractuelle avait globalement été profitable à Savencia en générant des économies d’achat et de frais de personnel. Un point sur lequel l’audit interne est plutôt circonspect (voir plus bas).
Une forte réticence à lever le voile
Pour obtenir la composition formelle de l’actionnariat de Syneha, et vérifier l’existence d’éventuels liens d’intérêt entre l’ancien directeur des achats de Savencia Jean-Claude Descalzo, et la société Syneha ou son président Pascal Ménage, Savencia a dû faire appel au juge des référés du tribunal de commerce de Paris car son sous-traitant refusait de communiquer ces informations.
Ainsi, le groupe d’Alex Bongrain a obtenu, dans un premier temps, qu’un huissier soit envoyé au siège de Syneha pour obtenir communication des comptes ou d’éléments permettant de déterminer l’actionnariat de l’entreprise, via la recherche de différents mots-clés. Mais c’était sans compter sur le peu de collaboration de Syneha. Lorsque l’huissier s’est présenté dans les locaux, le 29 octobre 2020, Pascal Ménage, après s’être entretenu avec son avocat, s’est opposé à sa visite et l’a invité à quitter les locaux.
Ce dernier, qui a sollicité l’intervention de la force publique, s’est posté devant l’immeuble et a constaté quelques minutes plus tard le départ des trois collaborateurs identifiés dans les locaux de Syneha. Une nouvelle visite, qui a été à son terme cette fois, a eu lieu en juin et juillet 2021 pour récolter des documents et les mettre sous séquestre, une sécurité réclamée par Savencia en attendant d’aller plus loin dans la procédure. Mais ces opérations n’auront finalement servi à rien, puisque l’ordonnance autorisant la visite de l’huissier - et l’exploitation ultérieure des documents - sera annulée définitivement.
Une chose est sûre en revanche, selon les éléments reconstitués lors de l’enquête, les quatre prévenus ont perçu sur la période près de 2,3 millions de dividendes en tant qu’actionnaires de Syneha (1,225 million pour Jean-Claude Descalzo, 717 000 euros pour Pascal Ménage, 144 000 euros pour Manuel Freyburger et 144 000 euros Annie Keith).
Pour le tribunal, « de promesse en promesse, l’actionnariat tel qu’il était prévu dans le projet Bonsaï se redessine ainsi », et la dissimulation des détenteurs réels de Syneha a été « pensée, mise en oeuvre et maintenue », notamment par le recours à un prête-nom lors de la création de la société, pour entretenir le flou. Le juge considère bien que les faits reprochés s’apparentent à un conflit d’intérêts. Mais si une telle attitude peut être condamnée dans la sphère publique, elle n’est pas pénalement réprimée en tant que telle dans le champ des activités économiques privées. Plus dur encore pour Savencia, si les trois salariés visés auraient bien dû informer leur hiérarchie en vertu du code de conduite anticorruption adopté par l’entreprise en 2018, il ne s’agit toutefois que d’une recommandation… qui n’a une nouvelle fois pas grand-chose à voir avec le droit pénal.
Résultat ? Les différents critères caractérisant une escroquerie en bande organisée n’ont pas été cochés, tous les prévenus ont été relaxés et ont pu récupérer les sommes -parfois élevées - gelées sur leurs comptes bancaires. Savencia, qui réclamait pour sa part 10,9 millions d’euros de dommages et intérêts au civil, a été débouté de sa demande compte tenu de la relaxe générale. Mais l’histoire n’est pas terminée. Car selon nos informations, dans la foulée du verdict, le groupe comme le ministère public ont fait appel. Ce qui va entraîner le réexamen de l’ensemble du dossier, plus de 6 ans après les premiers soupçons.
Suite à la plainte de Savencia, ses différents salariés visés ont quitté l’entreprise. Depuis, pour Syneha, qui dépendait pour l’essentiel de sa relation avec le groupe fromager, le parcours a été tortueux. En 2022, Pascal Ménage a racheté les actions de l’entreprise pour en devenir le seul actionnaire. Mais en 2024, elle a été placée en redressement judiciaire, en raison, selon son dirigeant, d’une condamnation aux prud’hommes face à un ancien salarié licencié en 2019. Malgré son appel dans une décision exécutoire, Syneha a dû verser 191 000 euros, ce qui aurait plombé les comptes, également touchés par une baisse d’activité. Bien que l’administrateur et le mandataire judiciaire aient tous les deux émis un avis réservé, un plan de redressement a été validé en octobre 2025, étalé sur une période de 10 ans.
Les différentes parties concernées par cette affaire ont été contactées par L’Informé. Savencia et Manuel Freyburger n’ont pas souhaité faire de commentaires, alors qu’Annie Keith et MM. Descalzo et Ménage n’avaient pas répondu à nos sollicitations au moment de la publication.
Légèreté, procédures mal ficelées, manque de formalisme… un audit interne pas tendre pour Savencia
Après avoir reçu des signalements de comportements étranges au niveau de sa direction des achats, Savencia a missionné un audit interne auprès d’Accuracy. Pour faire toute la lumière sur cette affaire. Le cabinet de conseil a ainsi réalisé un rapport « sur les cadras perçus par Syneha et sur la validation des contrats », envoyé au deuxième semestre 2020 à Olivier de Sigalony, alors directeur financier groupe de Savencia Holding, la maison mère de Savencia, ainsi qu’à une douzaine de personnes dont Alex Bongrain, Jean-Paul Torris (directeur général de Savencia de 2016 à 2022), le directeur juridique groupe Thierry Favier, le secrétaire général Jérôme Courant, etc.) L’Informé a pu parcourir ce rapport qui pointe de nombreuses négligences et légèretés dans les processus de validation, de formalisme et de contrôle. Morceaux choisis du résumé de ses conclusions :
« Le changement de rémunération prévu au deuxième contrat de 2017 correspond à une augmentation importante de rétribution officielle de Syneha, passant de 653 895 euros à 2,5 millions d’euros (annuels) estimés par Accuracy. Le jugement professionnel de la direction des achats aurait dû remettre en cause ce changement ou négocier des contreparties formelles comme un partage de performance. »
« Selon notre compréhension, deux points contractuels n’ont pas été respectés dans le premier contrat : la perception de Cadras des fournisseurs et l’absence de bilan d’activité semestriel. Nous n’avons retrouvé qu’un seul bilan d’activité. Ces lacunes devront être confirmées par les experts juridiques. »
« La mutualisation des coûts et le gain en expertise se sont révélés catastrophiques : les compétences de Syneha sont jugées globalement faibles (la moyenne des notes des fournisseurs est de 2,4/5). Les fournisseurs considèrent pour la plupart que l’expertise de Syneha dans leur domaine est limitée. En externalisant certaines rubriques, le groupe a alourdi le processus d’achat, de communication, et a perdu la confiance de certains fournisseurs. »
« Nous n’avons trouvé aucune évaluation formelle de la performance économique de Syneha pouvant justifier un tel taux de rémunération. Les analyses de performance sont partielles (par rubrique d’achat), incomplètes (ne tiennent pas compte des Cadras perçus par Syneha) et non partagées. Nous n’avons pas trouvé de descriptif des indicateurs de marché qui mesurent la performance réalisée. Ce manque de suivi et de contrôle interne est anormal. »
Trois documents sont au coeur du contentieux entre Savencia et Syneha (contrat de prestation de services achats de 2014 entre PMHA et Savencia en vigueur au 1er juin 2014, lettre de transfert du contrat de PMHA vers Syneha du 1er septembre 2014 et le « contrat d’adhésion client pour le référencement des fournisseurs - avenant- » signé en décembre 2016 et entré en vigueur au 1er juin). Ils « ont été revus par un responsable juridique groupe pour les aspects légaux, mais nous n’avons pas trouvé de documentation validant les volets économiques et de conformité avec nos pratiques » pointe le rapport.
« Aucune analyse de fond n’a été retrouvée pour comparer les deux modes de rémunération (montant fixe ou Cadras) avec leurs avantages et leurs inconvénients. L’analyse des scénarios, une approche logique et une bonne pratique dans le milieu des achats ont été involontairement oubliées ou pas. »
Au chapitre du contrôle interne, Accuracy constate des faiblesses et des leviers d’optimisation. Le cabinet préconise que des formations relatives à la conformité (Sapin 2 et RGPD) soient impérativement effectuées par les responsables. « En l’occurrence, Jean-Claude Descalzo n’a jamais signé numériquement le code de conduite anticorruption. Ce dernier pourrait donc arguer ne pas être au courant de la nécessité de déclarer les conflits d’intérêts à son supérieur hiérarchique ».
Sur le suivi des Cadras : « les variations par année et par fournisseur ne sont pas expliquées. Nous avons noté un manque de rigueur dans l’élaboration et le suivi de ces analyses ».
« L’audit interne n’a pas été mandaté à date pour auditer les fonctions corporate de Savencia. Les audits se concentrent sur les filiales opérationnelles. Ceci est un manquement aux normes professionnelles de l’audit. Les diverses tentatives de l’audit interne pour formaliser le processus achat ont toutes été refusées par le directeur des achats du groupe ». Directeur qui n’est autre que Jean-Claude Descalzo.