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Continuer la lectureLes canelés Baillardran placés en redressement judiciaire
En quête de repreneurs depuis plusieurs mois, la célèbre marque bordelaise a vu sa situation financière se dégrader dangereusement.
Baillardran, c’est (l’autoproclamé) « authentique canelé de Bordeaux depuis 1988 ». Reconnaissable avec ses boîtes rouges, la marque s’est attiré une notoriété certaine grâce à ses petites gourmandises sucrées parfumées au rhum et à la vanille. Mais les affaires vont mal : la société a vu ses ventes fondre à 7, 9 millions d’euros en 2025, contre 12,4 millions deux ans plus tôt. Au point, selon nos informations, de se retrouver en cessation de paiements, conduisant le tribunal de commerce de Bordeaux à placer le réseau en redressement judiciaire le 22 avril. En vente depuis un an selon le journal Sud Ouest, la PME a plus que jamais besoin d’un investisseur.
En 1988, la pâtisserie familiale de la rue Judaïque, située en plein cœur de Bordeaux, avait pourtant eu le nez creux en misant sur le canelé. Grâce à ce petit produit star, elle a pu développer un réseau réputé de boutiques mono produit qui s’est progressivement étendu à une vingtaine de points de vente (certains fermés aujourd’hui), en ville et en gare, pour séduire habitants et touristes dans les lieux de flux. Mais ces derniers temps, les pépins se sont amoncelés. En janvier 2025, premier coup de semonce. Baillardran a été condamné à 100 000 euros d’amende pour « pratiques commerciales trompeuses ». Un contrôle sanitaire de la direction de la protection des populations opéré en 2023 avait révélé des pratiques non conformes à sa communication. Alors que le Girondin nourrissait une image haut de gamme, avec des recettes « de qualité supérieure à celle des concurrents », en réalité, il utilisait des arômes industriels (et non pas de la vanille bio comme indiqué), du lait en poudre, et surgelait parfois ses invendus pour les remettre en vitrine. Des pratiques dures à avaler compte tenu des prix de ces petites douceurs (plus de trois euros pièce). D’autant que des concurrents plus accessibles ont investi le marché, à commencer par le rival régional la Toque cuivrée, donnant d’ailleurs lieu à des débats passionnés sur « qui fait le meilleur cannelé ? ».
Baillardran a aussi dû faire face à de nombreux contentieux avec SNCF Gares & Connexions. Ces deux dernières années, la filiale de la compagnie ferroviaire chargée de la gestion des commerces a saisi la justice à plusieurs reprises pour obtenir le règlement de nombreuses redevances impayées liées à l’installation de kiosques Baillardran dans les gares, notamment celle de Bordeaux Saint-Jean. Pour une ardoise totale d’environ un million d’euros. Mais l’entreprise s’est finalement désistée, après conclusion d’accords amiables. Contactée, la société n’avait pas répondu au moment de la publication.
Un repreneur potentiel en mauvaise posture
Selon un article de Sud-Ouest, le groupe Herz France de Mehdi Herz, qui a racheté récemment la pâtisserie bordelaise Be My Cookie, serait sur les rangs pour reprendre Baillardran. Mais ce candidat potentiel spécialisé dans l’exploitation de boulangeries connaît lui aussi des remous. Mehdi Herz vient d’être condamné le 19 mars à une interdiction de gérer pendant 10 ans par deux décisions du tribunal des activités économiques de Versailles. Jusqu’ici associé unique et gérant de Be My Cookie Corporation et associé unique et président du groupe Herz France, le dirigeant a dû quitter ses fonctions, mais a fait appel de ces deux décisions.
Pour permettre aux différentes sociétés de fonctionner normalement en attendant de connaître son sort, un collège de direction a été mis en place chez Herz France, composé d’une présidente (Sarah Khorchid) et d’une directrice générale (Rachida Castagnos). Pour Be My Cookie Corporation, propriétaire de Be My Cookie, Rachida Castagnos est la nouvelle gérante.