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Grande conso

Les restaurateurs tentent de se rattraper sur le « fait maison »

Les syndicats à l’origine du torpillage du texte de loi réclament dans un courrier un groupe de travail sur le sujet à Olivia Grégoire.

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Ce n’est pas nous, on n’y est pour rien. Dix jours après le retrait de la proposition de loi sur le « fait maison » à l’Assemblée nationale – et la tempête médiatique qui a suivi — les syndicats CGAD, UMIH et GHR plaident non coupable. Dans une lettre adressée le 25 mars à la ministre déléguée en cha...

« Nous avons travaillé à des propositions alternatives pour renforcer les dispositions déjà existantes sur la transparence » , assurent les organisations professionnelles. Un exemple ? Ils se disent « favorables à l’obligation pour tous les établissements proposant de la restauration, d’afficher la définition du logo “fait maison” ». « Une proposition minimale qui était déjà dans la loi », souffle une source parlementaire.

« Nous voulons reprendre la main sur le texte mais sans stigmatiser la profession » précise Franck Chaumes, président de la branche Restauration de l’UMIH. Nous suggérons d’installer, dans tous les établissements, des affiches expliquant et définissant la démarche du « fait maison », et de le mentionner sur les cartes des restaurant" ajoute-t-il. L’UMIH verrait aussi d’un bon œil une campagne de communication du gouvernement sur le sujet.

Côté gouvernement, ce courrier passe mal, une source le qualifiant même de « scandaleux ». Il faut dire que, depuis près d’un an, ses signataires avaient déjà été consultés durant des dizaines d’heures, et assuraient soutenir le gouvernement sur le projet, arguant de leur désir de « transparence » pour le secteur… Avant de saborder le texte dans sa dernière ligne droite.

Selon nos informations l’UMIH avait notamment envoyé à tous les présidents départementaux de la fédération un amendement dit de « suppression ». Le syndicat leur demandait de le relayer auprès de la commission des Affaires économiques, le 15 mars, pour modifier radicalement le contenu de la proposition de loi en supprimant la mention « non fait maison ». « Nous vous transmettons ledit amendement accompagné de la liste exhaustive des députés, incluant leurs circonscriptions respectives. Nous vous encourageons vivement à entrer en contact avec eux » précisait le mail envoyé par l’UMIH le 15 mars. Mais le syndicat de restaurateur est loin d’être unanime sur le sujet ; le président de la section ariégeoise, a d’ailleurs démissionné dans la foulée pour marquer son opposition.

En revanche le groupe Bertrand (Burger King, Leon, Au Bureau, mais aussi La Coupole et Angelina) aurait pesé de tout son poids pour faire échouer le projet de loi. En effet, une bonne part des plats proposés dans ses restaurants se seraient retrouvés estampillés « non fait maison », une mention peu attirante. Notamment dans ses brasseries parisiennes « où l’on vous sert des lasagnes pas complètement décongelées ! » avance une source parlementaire découragée par le mode de lobbying débridé adopté pour l’occasion. Les députés de la majorité auraient été nourris d’arguments sur des objectifs « trop durs » que le texte fixait aux restaurateurs. Leurs collègues de l’opposition se seraient vus servir un argumentaire un peu différent, pointant un texte « trop macroniste » un argument massue pour motiver certains à le torpiller.

Futur rapporteur de la nouvelle proposition de loi qui serait en gestation, le député Richard Ramos aura donc fort à faire pour contenter tout le monde.

L’entourage de la ministre n’a pas souhaité réagir, indiquant simplement qu’une réponse serait apportée rapidement au courrier en question.