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Brasserie, hôtel, immobilier… Bernard Laporte rattrapé par ses créanciers

L’ancien ministre et sélectionneur du XV de France a échoué dans la plupart des multiples business qu’il a lancés, lésant parfois ses créanciers. Le Crédit mutuel vient de le faire condamner pour une affaire près d’Avignon.

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FRANCK FIFE / AFP

« Je rêvais de devenir un Bernard Tapie junior », clamait Bernard Laporte il y a une vingtaine d’années. Parallèlement à sa carrière dans le rugby puis dans la politique, il a en effet essayé de faire des affaires dans des domaines hétéroclites : restaurants, hôtels, casinos, immobilier, salles de gy...

Un peu d’histoire. L’ancien patron du rugby français a expliqué avoir été entraîné dans ces affaires par un ami, Jean-Luc A., qu’il avait connu grâce au ballon ovale : lui aussi avait été joueur, entraîneur, et dirigeant de club. La première association connue entre les deux hommes remonte à 2012. Ils lancent alors un projet d’hôtels baptisés Oval Hôtel, des deux étoiles à ossature en bois, accompagnés de restaurants baptisés Oval Grill. Pour expliquer son appétit dans ce secteur, Bernard Laporte raconte dans le Dauphiné, avoir « constaté la vétusté du parc hôtelier français et le manque de chambres. La majorité des hôtels n’est pas adaptée à recevoir une équipe. D’où l’idée d’une chaîne d’hôtels conçue pour les sportifs et pour tous les autres aussi, bien sûr ».

Le duo crée une société ad hoc baptisée Oval Consortium, et embarque dans l’aventure Séraphin « Rico » Rinaldi. Cet ancien rugbyman et entraîneur de l’équipe de Grenoble les met en contact avec Christian Coigné, maire de la ville voisine de Sassenage. Le trio lui propose d’y implanter un premier hôtel de 60 chambres. Le maire accepte de leur vendre un terrain à prix d’ami : 667 368 euros, soit 60 euros du mètre carré, très loin des prix du marché oscillant entre 150 et 300 euros. Bernard Laporte se dit « emballé » par le site choisi. Dans la presse, les associés annoncent une ouverture en 2013 et évoquent la création de cinq autres établissements sous la même enseigne à Villard-de-Lans, Aix-en-Provence ou encore Bordeaux. Parallèlement, ils lancent un club de networking pour fans de rugby baptisé Club AOC. Leur site web l’assure : « Pour Bernard Laporte, le Club AOC, Oval Consortium et tous ses concepts sont des projets plus qu’importants ».

En 2013, Bernard Laporte entre au capital de Conseil Partners, la holding de Jean-Luc A., renforçant ainsi leurs liens. À l’époque, elle détient deux sociétés : l’une qui vend des produits de construction pour le bâtiment, l’autre des meubles pour salons de coiffure fabriqués par l’espagnol Pahi. Pour Jean-Luc A., ces deux sociétés deviennent des fournisseurs des Oval Hôtel. Conseil Partners, qui a déposé les marques Oval Hôtel et Oval Grill, signe un contrat pour les vendre à Oval Consortium pour la somme rondelette de 700 000 euros…

Bernard Laporte monte progressivement jusqu’à 50 % dans Conseil Partners, qui se lance alors dans plusieurs nouveaux business. D’abord, les Boulangeries de l’Ovalie. Un premier établissement ouvre ses portes en 2016 à Châteaurenard, près d’Avignon. Bernard Laporte en fait la promotion sur le site web de l’enseigne et dans la presse locale. D’autres boutiques sont lancées dans la foulée à Orgon, Bollène, tandis qu’une autre est rachetée à Nice.

En 2017, le concept est étendu à une Brasserie de l’Ovalie, toujours située à Châteaurenard. Le Crédit mutuel consent un prêt de 200 000 euros à Conseil Partners pour le rachat du fonds de commerce et un crédit de 70 000 euros pour financer les travaux.

Non loin de là, à Saint-Andiol, Conseil Partners tisse sa toile. Tout d’abord avec le rachat d’une cave à vins avant de la céder pour 50 000 euros à une nouvelle filiale baptisée Vinadore Sport. Ensuite, avec Lou Mistralou, un hôtel-restaurant implanté à côté de la RN 7 dans une zone industrielle sans charme. Le site web de l’établissement proclame fièrement : « Bernard Laporte et Jean Luc A. sont heureux de vous accueillir dans leur hôtel-restaurant Lou Mistralou ». Une affaire que Jean-Luc A. avait rachetée via une de ses sociétés en 2000 pour 533 571 euros. En 2013, elle cède 50 % de son capital à Conseil Partners. Puis, en 2017, le fonds de commerce de l’hôtel est vendu à BJL, une société appartenant à Bernard Laporte, mais toujours présidée par Jean-Luc A. Montant de la transaction : 400 000 euros, financés en totalité par un autre prêt du Crédit mutuel.

Tous les projets tombent à l’eau

Mais les aventures entrepreneuriales de Bernard et Jean-Luc vont tourner à l’aigre. Tous leurs projets vont tomber à l’eau. Tout d’abord, aucun Oval Hôtel n’est sorti de terre. Le terrain à Sassenage n’a jamais été acheté, car « il s’est avéré inondable », selon un des associés. La ville a réclamé un dédit à la société Oval Consortium, puis l’a attaquée en justice. La société a été condamnée en 2018 à verser 55 800 euros de pénalités à la ville, mais s’est placée en liquidation six mois plus tard. « Il sera compliqué de recouvrer cette somme, mais nous voulons aller au bout de l’action », avait expliqué le maire Christian Coigné lors d’un conseil municipal.

Ensuite, la holding Conseil Partners et BJL ont été liquidées. Adieu les boulangeries de Châteaurenard et de Nice, la cave à vins de Saint-Andiol, la brasserie de Châteaurenard, la société de meubles pour salons de coiffure, et l’hôtel de Saint-Andiol. La société BJL qui exploitait cet établissement laisse derrière elle une ardoise de 30 000 euros de loyers impayés, et de 20 000 euros d’indemnités prud’homales dues à un serveur.

Cette déconfiture n’a évidemment pas fait les affaires du Crédit mutuel. Prudente, la banque mutualiste avait demandé des cautions à Bernard Laporte et à sa société BL Communication. Cautions que l’ancien ministre avait signées lors d’un déjeuner à la terrasse d’un restaurant de Châteaurenard. Quand tout s’est écroulé, l’ancien rugbyman a refusé de payer son dû à la banque. Traîné devant les tribunaux, il a perdu en première instance, puis a fait appel, en vain. Il peut désormais se pourvoir en cassation.

Pour sa défense, Bernard Laporte a d’abord plaidé l’incompétence par la voix de son avocate : « On ne peut pas déduire de la seule détention par M. Laporte de mandats sociaux que M. Laporte serait un opérateur averti ».

Il a prétendu que sa holding personnelle BL Communication disposait de seulement 10 006 euros de trésorerie, et perdait de l’argent depuis 2021. Il a argué qu’elle « serait placée sous sauvegarde et ne survivrait pas » si elle devait s’acquitter des sommes réclamées.

Et puis, l’ancien patron du rugby français n’a pas hésité à se défausser sur Jean-Luc A. Il a expliqué avoir « été victime d’abus de confiance » de la part de son ancien ami, « qui l’a trompé sur la portée des engagements souscrits ». Il a affirmé avoir « été instrumentalisé par Jean-Luc A. pour apurer ses dettes personnelles et préserver son patrimoine familial de tout risque de poursuite. Jean-Luc A. a été l’artisan de son insolvabilité et n’a eu aucun scrupule à plonger dans l’embarras une relation de rugby ». Il a aussi pointé « le passé judiciaire » de son ex-associé, notamment une mise en examen et un placement sous contrôle judiciaire datant de 2018. Il a assuré avoir porté plainte au pénal pour « abus de confiance, faux et usage de faux, et organisation frauduleuse d’insolvabilité ».

Concernant le crédit bancaire de 400 000 euros souscrit par BJL pour racheter l’hôtel de Châteaurenard, Bernard Laporte a plaidé en première instance qu’il n’avait pas le pouvoir de le signer, car il était seulement le propriétaire de BJL qui était présidée par Jean-Luc A. Avant de changer de version en appel, où il a expliqué que Jean-Luc A. « n’avait pas qualité ni pouvoir » pour signer, et s’était donc « rendu coupable de faux et usage de faux ». Il a aussi soulevé diverses arguties juridiques, comme le fait que la société était encore en formation lors de la signature du prêt. Enfin, il a porté plainte contre le Crédit mutuel pour « escroquerie au jugement », dénonçant sa « mauvaise foi » et son « abus de droit ».

Hélas, aucun de ces arguments n’a convaincu les juges. En première instance, le tribunal a rappelé que Bernard Laporte était « titulaire de 14 mandats sociaux et 19 co-mandats ». En appel, la cour d’appel de Paris a ajouté qu’il était « un homme d’affaires expérimenté. Il avait la qualité, manifeste, de caution avertie compte tenu du nombre considérable de mandats sociaux qu’il détient, de ce qu’il est inscrit comme entrepreneur individuel depuis 2006 en matière de conseil pour les affaires et en gestion. Il était parfaitement en mesure d’apprécier la portée de ses engagements de caution de simples prêts bancaires ».

Pour les juges d’appel, « M. Laporte ne démontre pas, ni même n’invoque en réalité d’élément précis, circonstancié et étayé qui constituerait un abus de confiance dont il aurait été victime de la part de Jean-Luc A. en acceptant, librement et fort de son expérience des affaires, de garantir les prêts consentis ». Ils s’étonnent que la plainte pénale n’ait été déposée qu’en 2024, alors que « tous les faits qui y sont dénoncés sont non dissimulés et connus depuis bien plus de trois années ». Le Crédit mutuel a abondé : « M. Laporte a mis près de 4 ans avant de se rendre compte qu’il aurait été abusé par Jean-Luc A. Sa plainte pénale dénonce des faits prescrits ».

Quant à l’impécuniosité de BL Communication, les juges n’y ont pas cru non plus, rappelant que son capital s’élève à 2,8 millions d’euros, son bilan à 5,5 millions, et qu’elle détient un appartement dans le 6e arrondissement de Paris. Pour eux, Bernard Laporte « ne démontre pas » que BL Communication ne peut pas payer, ni que cela « entraînerait des conséquences manifestement excessives ».

Finalement, concernant la brasserie de Châteaurenard, la cour d’appel a condamné Bernard Laporte, Jean-Luc A. et sa fille à payer 243 062 euros au Crédit mutuel. Concernant l’hôtel de Saint-Andiol, BL Communication a été condamnée en première instance à payer 367 158 euros. Mais comme elle n’a versé après ce jugement que 7 000 euros, son appel a été jugé irrecevable.

Contactés, Bernard Laporte, ses avocats, Jean-Luc A., son avocat Christophe Milhe-Colombain, l’avocat du Crédit mutuel Hervé Kuony et la mairie de Sassenage n’ont pas répondu.

Quand Bernard Laporte prétend être insolvable

En 2004, Bernard Laporte se lance dans la promotion immobilière, en s’associant à Martin Trigano, cousin du fondateur du Club Med, et au promoteur immobilier Jean-Paul Brunel. Ils proposent à des particuliers d’investir dans une résidence baptisée Les Rêveries du Lac à Châteauneuf-sur-Isère (Drôme), en bénéficiant de l’avantage fiscal de la location meublée. Mais le projet fait rapidement faillite, et les investisseurs lésés saisissent la justice. Au pénal, ils déposent une plainte pour « abus de confiance », qui est finalement classée sans suite. Au civil, ils réclament des indemnités. En 2018, le tribunal de grande instance de Valence exonère Laporte, au motif qu’il n’était pas dirigeant de la société.

Changement de pied quatre ans plus tard : la cour d’appel de Grenoble condamne Laporte et Brunel à payer 1,8 million d’euros - le troisième associé devant comparaître dans une procédure disjointe. Elle rappelle que le rugbyman était « en charge de l’action commerciale des ventes des lots », et a apporté « un crédit certain sur l’importance et le sérieux de l’opération ». Pour les juges d’appel, « son intervention a été déterminante » dans la décision des investisseurs. Il « a contribué à la réalisation de leur préjudice, en persistant dans sa mission de commercialisation, en se prêtant à des interviews, reportages et autres moyens de communication à visée publicitaire afin de valoriser les avantages offerts en termes de qualité de vie et sur le plan fiscal ». Enfin, « il a perçu en avril 2006 un dividende de 33 000 euros ».

Pour être sûrs de toucher leur argent, les investisseurs lésés font alors saisir les comptes bancaires de Bernard Laporte, ainsi que les actions de sa holding personnelle BL Communication. Son avocat va alors demander la levée des saisies et un étalement des paiements, en plaidant qu’il est insolvable : « M. Laporte a démissionné de son mandat à la Fédération française de rugby, il ne donne plus de conférences, il ne perçoit donc plus de revenus et sa situation est obérée ». Il exhibe les modestes revenus déclarés au fisc français : 26 917 euros en 2019, 7 000 euros en 2020, puis 28 800 euros en 2021. Mais ce numéro de Caliméro n’a pas convaincu les juges. Ils ont pointé que BL Communication était « propriétaire d’un actif important ». En outre, « M. Laporte n’a formé aucune proposition de paiement, ce qui ne témoigne pas de bonne volonté de sa part ».

Mais, Bernard Laporte n’a pas hésité à se pourvoir en cassation, avec succès. Comme l’a révélé L’Équipe, la haute juridiction a cassé sa condamnation en novembre 2024. Elle a rappelé qu’un actionnaire ne peut être tenu responsable uniquement s’il « a commis une faute intentionnelle d’une particulière gravité, incompatible avec l’exercice normal de ses prérogatives ». Suite à cette décision de justice, Bernard Laporte vient de faire annuler la saisie des actions de BL Communication.

De coûteux cosmétiques

À l’approche de la coupe du monde de rugby de 2007, Bernard Laporte est approché par un important groupe de cosmétiques qui, à cette occasion, veut lancer un nouveau produit. L’entraîneur, flairant un business prospère, préfère s’associer avec sa femme Nadine et le patron de celle-ci, David Janaszewski, qui travaille pour une société spécialisée dans le lancement de cosmétiques.

Le trio crée une société baptisée Entre’Hommes, et obtient du Stade français une licence pour utiliser leur marque de calendrier Les Dieux du stade. Le futur ministre en fait l’article lors d’une conférence de presse, assurant que « les sportifs sont aujourd’hui constamment sous les projecteurs, ils se doivent de faire attention à leur image et ils ont tout intérêt à se faire beau ! » Vendus de 17 à 45 euros, la gamme de huit produits comprend gel de rasage, gel nettoyant exfoliant, antirides, déodorant, crème hydratante, crème anti-fatigue et shampoing.

En pratique, les associés investissent 8 000 euros en capital, empruntent 208 460 euros à BL Communication, et 150 000 euros à HSBC. Prudente, la banque demande une caution personnelle à chacun des trois associés. Elle a bien fait : dès 2008, les échéances du prêt ne sont plus payées. Elle assigne donc en justice le couple Laporte. Pour se défendre, Nadine explique avoir perdu la licence de la marque Les Dieux du stade « dans des conditions abusives » ; et que son principal client, les cosmétiques Lexel, refuse de lui payer 60 000 euros. Nadine Laporte y ajoute des arguments plus rocambolesques. D’abord, elle dit qu’elle n’est plus payée par la société depuis de longs mois, et se retrouve « dans une situation financière particulièrement difficile ». Ensuite, elle dit avoir accepté d’être la gérante de la société « sur demande expresse » de son mari et de David Janaszewski, « qui ne souhaitaient pas exercer ces fonctions, probablement conscients des responsabilités d’un gérant ». Enfin, HSBC « n’aurait jamais dû accorder un tel prêt » à une société dont « la solvabilité était inexistante », et qui « ne présentait aucune garantie financière ».

Rien de tout cela n’a convaincu les juges, qui ont condamné David Janaszewski, Bernard et Nadine Laporte à payer 52 059 euros chacun. Un an après sa condamnation, Bernard Laporte n’avait toujours pas réglé la somme. Fin 2012, HSBC qui n’avait toujours pas récupéré tout son argent, a demandé la liquidation de la société Entre’Hommes, et a finalement obtenu le paiement de sa caution. La société laisse derrière elle un passif de 256 430 euros à la clôture de la liquidation.

Un demi-million d’euros de découvert bancaire

En 2002-03, Bernard Laporte s’active pour sauver son ancien club de rugby de Bordeaux Bègles. Il sollicite plusieurs investisseurs : Kevin Venkiah, un homme d’affaires d’origine mauricienne qui détient une société de recouvrement de créances, puis l’homme d’affaires algérien Rafik Khalifa… À cette époque, le responsable du marketing du club et membre du directoire est un certain Jean-Pierre Udave, ancien chef du cabinet du maire de la Teste-de-Buch entre 1985 et 2001. Udave se présentait aussi comme un ancien sous-préfet, mais Sud Ouest démontrera plus tard qu’il n’en était rien. Début 2003, Laporte et Udave créent une agence de marketing à 50/50, Image Point Com, qui signe un contrat rapportant 200 000 euros au club. Finalement, le club dépose le bilan en 2004. L’administrateur judiciaire réclame alors les 200 000 euros à Image Point Comm, qui le conteste en justice, avec succès.

Parallèlement, Laporte et Udave décident de faire fructifier ensemble leur trésorerie. En 2004, ils créent une holding à 50/50 baptisée Cainrs, qui va investir dans des sociétés les plus diverses : des biscuits baptisés Les Sablés de la dune, l’importation de viande, une station-service, un magasin à Monaco, et de l’immobilier. Selon le livre Derrière Laporte de Michel Biet, la société comprend une résidence avec 40 appartements à La Teste, un projet à Gujan-Mestras, des boutiques, des appartements et des villas à l’Île de Ré, et la promotion de villas dans le domaine Al Basma à Marrakech. Son projet le plus important est un centre commercial baptisé Le Roof à la Teste-de-Buch. Pour cela, il rachète un terrain pour 600 000 euros au groupe Partouche, puis le revend un an plus tard pour 950 000 euros au promoteur immobilier Didier Demonchy. Selon son biographe, Laporte contourne ainsi le droit de préemption sur le terrain que voulait exercer la Communauté d’agglomération du bassin d’Arcachon sud (Cobas).

Cainrs se retrouve rapidement avec 1,4 million d’euros de dettes, essentiellement auprès des banques HSBC (où le compte présente un découvert de 526 902 euros) et Crédit Lyonnais (qui a prêté 150 000 euros garantis par Laporte et Udave). En outre, Cainrs a garanti à hauteur de 1,8 million un prêt de sa filiale SCI Quinze. HSBC, n’arrivant pas à se faire payer, prend alors en garantie la SCI Quinze, puis saisit le tribunal de commerce. Pour sa défense, le duo plaide qu’il va se refaire en vendant pour 800 000 euros un bien immobilier à la Teste détenu par la SCI Quinze. Cela ne convainc pas la justice, qui ordonne à Cairns de payer son découvert. Un an plus tard, l’Urssaf, qui n’arrive pas à se faire payer 18 351 euros, demande avec succès le dépôt de bilan de Cainrs. Le tandem explique alors avoir été lâché par HSBC suite à une ardoise de 200 000 euros laissée par une parfumerie Beauty Success à l’Île de Ré qui a fait faillite. Il promet toujours de se refaire en vendant le bien de la Teste, ainsi que les villas à Marrakech. Il propose de rembourser sur quatre ans les dettes de Cainrs, qui s’élèvent alors à 845 000 euros. Ce plan est accepté par le tribunal de commerce. Mais Cainrs ne paye pas la première échéance et est liquidée un an plus tard. Jean-Pierre Udave est finalement décédé en 2023.