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Un candidat surprise à la présidence de la SNCF

La succession de Jean-Pierre Farandou, atteint cette année par la limite d’âge, suscite de l’intérêt surtout à l’extérieur du groupe ferroviaire. Le président de la République doit faire un choix d’ici l’assemblée générale du groupe en mai.

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MANUEL COHEN / Manuel Cohen via AFP

La présidence de la SNCF pour les cinq prochaines années commence à provoquer une certaine effervescence. Le top départ a été donné début février avec le choix par l’Agence des participations de l’État (actionnaire unique du groupe ferroviaire) du cabinet Eric Salmon & Partners pour conseiller le processus de sélection. Dernièrement, un nouveau nom s’est ajouté à la liste des postulants, non encore officielle. Selon nos informations, Olivier Brousse, ancien dirigeant de Veolia Transport et président de la Saur, s’est mis sur les rangs depuis quelques semaines. « Il rencontre les élus locaux et des patrons du secteur des transports, confirme un proche qui le soutient. Son projet est de montrer qu’un manager issu du privé avec une expérience de l’international peut aider à répondre aux défis économiques et sociaux du service public : l’ouverture à la concurrence sur les liaisons TER et TGV, le développement du groupe à l’étranger sans perdre de l’argent et la modernisation du réseau ferré avec une puissance publique confrontée à une contrainte budgétaire forte. »

Ce polytechnicien, diplômé de l’École des Ponts et Chaussées, a déjà croisé le chemin de Jean-Pierre Farandou. Ils étaient concurrents au début des années 2000 sur les marchés de transports publics français, Jean-Pierre Farandou comme dirigeant de Keolis, au départ à Lyon, et Olivier Brousse comme directeur général France de Veolia Transport, une filiale du géant de l’environnement fusionné en 2009 avec Transdev, l’opérateur de la Caisse des dépôts. « Cela fait vingt ans qu’ils échangent régulièrement, ajoute un dirigeant du secteur. Ils n’ont pas forcément la même façon d’aborder les enjeux mais ils partagent la même passion pour les transports publics. » Entré en 1994 à l’ex-Générale des eaux comme chargé de mission d’Henri Proglio, Olivier Brousse a dirigé les opérateurs de trains de banlieue londoniens issus de la privatisation de British Rail (South Central, South Eastern), avant de prendre la direction de Veolia Transport aux Etats-Unis et en France jusqu’en 2008.

Il est recruté à cette date par la Saur, numéro 3 français du traitement de l’eau pour les collectivités locales, dont il conduit la renégociation de la dette de 2 milliards d’euros avant de quitter la présidence en 2013 pour prendre la tête du fonds anglais d’infrastructures John Laing. Après un nouveau détour par Veolia, il prend la direction d’IDverde, leader européen des travaux paysagers. Il en quitte la présidence à la suite d’un différend stratégique avec son actionnaire, le fonds Core Equity Holdings. Ce natif de Brive-la-Gaillarde (Corrèze) a aussi été rattrapé par une affaire de favoritisme au profit de la Saur, lors de la reconduction, en 2009, du contrat de délégation du marché de l’eau à Annonay (Ardèche). Relaxés en première instance, Olivier Dussopt, le maire de l’époque, et Olivier Brousse ont été condamnés en février dernier par la cour d’appel de Paris. Le second s’est depuis pourvu en cassation.

Âgé de 60 ans, il entre en lice face à plusieurs candidats de poids. Il y a tout d’abord l’ex-premier ministre Jean Castex, renouvelé le 9 octobre dernier à la tête de la RATP. Selon un conseiller ministériel, « il sera nommé président de la SNCF s’il le réclame ou si le président de la République le lui demande ». Xavier Piechaczyk, le président de Réseau de transport d’électricité (RTE), mène actuellement campagne avec le soutien d’Alexis Kohler, le secrétaire général de l’Élysée. Un ancien de Transdev aujourd’hui directeur général de Getlink, Yann Leriche, pourrait aussi se mettre sur les rangs. Au sein du groupe ferroviaire, c’est le nom de Marie-Ange Debon, la patronne de Keolis, la filiale de transports urbains, qui revient le plus souvent. « Elle devrait se décider à franchir le pas à mesure qu’aucune candidature interne concurrente n’émerge au cours du processus », indique un bon connaisseur du groupe.

Contacté, Olivier Brousse n’a pas souhaité commenter nos informations.