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Transports - Auto

Geodis en position de racheter le transporteur Malherbe

La filiale logistique de la SNCF est en négociations exclusives pour une acquisition majeure sur le marché français, après plusieurs années sans rachat significatif.

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Malherbe

Il a fallu un an de réflexion. Alain Samson, président de Malherbe, touche bientôt au but dans la cession du groupe de transport routier qu’il avait racheté en 2001. Comme l’Informé l’avait révélé, il travaillait depuis l’été 2024 à une recomposition du tour de table avec comme conseil la banque Edmo...

Alain Samson et son frère Noël, le directeur général, se partagent aujourd’hui la majorité du capital, le reste se répartissant entre plusieurs filiales de capital-investissement de groupes bancaires : Arkéa Capital, BNP Paribas Développement et diverses entités de la galaxie Crédit Agricole, dont Unexo et Socadif. Une vente à Geodis mettrait un terme à plusieurs opérations de LBO successives, qui avaient permis à Malherbe de s’appuyer sur des fonds pour boucler nombre d’acquisitions - telles que celles de Groupe Bernard, LM Transfret, Normatrans ou Étoile Routière pour citer des exemples récents. Le groupe a pu capitaliser sur une croissance assez rapide ces dernières années, passant de 300 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2018 à 460 millions en 2024. Il compte dépasser les 500 millions d’euros cette année.

À l’issue de premiers échanges avec Geodis, les actionnaires de l’entreprise basée à Caen se sont décidés pour une cession de la totalité du capital, qui restait l’option privilégiée par le prétendant. L’opération devrait se réaliser pour un montant d’un peu plus de 200 millions d’euros, soit environ 5 fois l’Ebitda de Malherbe, ce qui constitue un multiple assez élevé compte tenu de la tendance à la baisse du transport de marchandises.

Pour Geodis, l’opération permettra de renforcer son ancrage en France, son premier marché, et sur le transport routier. Il opère déjà 4 200 camions en Europe à travers 73 plateformes logistiques. Le rachat de Malherbe permettrait aussi de relancer la stratégie de croissance externe du groupe dirigé par Marie-Christine Lombard. Ces deux dernières années, il avait ralenti le rythme de ses acquisitions significatives, avec seulement le rachat de l’allemand Trans-o-Flex (109 millions d’euros de chiffre d’affaires) en 2023. Le logisticien, qui pèse 11 milliards d’euros de revenus, avait été contraint de remettre à plus tard les acquisitions transformantes qu’il avait en vue, du fait de l’échec en 2023 de son projet d’ouverture de capital, soit à un investisseur financier, soit en Bourse.

Filiale à 100 % de la SNCF depuis 2008, Geodis est contraint par les besoins de financement élevés de son actionnaire, à la fois pour moderniser le réseau ferroviaire français et pour faire face à sa dette (ramenée à 24 milliards d’euros depuis 2023 à la suite de la reprise par l’État de 35 milliards, finalisée en 2022). Le groupe a réussi, en 2024, à stabiliser son chiffre d’affaires (-3,3 %) dans un contexte de baisse des volumes transportés en Europe, du fait de la désindustrialisation, et de forte volatilité des taux de fret liée au contexte géopolitique. Cela n’a pas empêché Geodis de tirer son épingle du jeu en obtenant une forte croissance de ses bénéfices d’exploitation (211 millions d’euros). Une bonne santé qui s’est confirmée au premier semestre cette année, avec un taux de marge qui a progressé à 10,9 % du chiffre d’affaires.