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Continuer la lectureRATP : l’Élysée veut un nouveau PDG avant Noël
Une demi-douzaine de personnalités se sont déjà portées candidates à la succession de Jean Castex. L’Informé dévoile la dernière short-list.
Cette fois, l’Élysée est décidé à aller vite. Alors que la RATP se cherche un patron pour remplacer Jean Castex, parti début novembre diriger la SNCF, le choix pourrait être arrêté d’ici les fêtes de fin d’année, selon plusieurs sources. Une bonne demi-douzaine de postulants ont déjà fait savoir leur intérêt au gouvernement, sans qu’aucun cabinet de conseil ne soit mobilisé. « Un chasseur, c’est pour aller chercher des candidats, là tous les candidats se sont déjà manifestés, observe une source proche du dossier. Quel serait l’intérêt de payer un consultant de haut vol désormais, à l’heure où l’État cherche à réduire ses dépenses de fonctionnement ? » Surtout si Emmanuel Macron, dans la dernière ligne droite, impose le poulain de son choix, comme il a pu le faire pour la SNCF ou La Poste…
Selon le calendrier qui se dessine, les candidats pourraient boucler « dans les jours qui viennent » leurs derniers entretiens avec les représentants de l’Agence des participations de l’État, l’organisme de Bercy actionnaire à 100 % de la régie parisienne, et ceux de la Direction générale des infrastructures, des transports et des mobilités (DGITM) du ministère des transports. Une short-list pourrait alors être élaborée d’ici mi-décembre et les noms retenus seraient présentés aux ministres de l’économie, Roland Lescure, et des transports, Philippe Tabarot. Une décision de l’Élysée serait donc possible avant la trêve des confiseurs, sauf nouveau chambardement sur la scène politique bien sûr.
Reste à savoir quel profil sera privilégié. Les syndicats FO et Unsa plaident pour un politique. « Ils craignent qu’un technicien ou un financier soit moins attaché au dialogue social et moins en capacité de défendre la RATP dans l’ouverture à la concurrence prochaine sur les métros et RER », détaille un agent de la régie. Mais ce scénario serait un des moins probables, selon plusieurs parties prenantes : l’ex-ministre de la transition écologique Agnès Pannier-Runacher a jeté l’éponge il y a déjà quelques mois et les chances de Clément Beaune et François Durovray, bien que toujours motivés, semblent assez minces. D’une part, « en tant que titulaires du maroquin des transports depuis moins de 3 ans, ils ne peuvent recevoir qu’un refus de la part de la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP), qu’ils ont saisie pour avis », juge un participant aux discussions. Même si, selon certains, la HATVP se trouverait dans une situation délicate à barrer leurs candidatures après avoir accepté précédemment qu’un ex-premier ministre comme Jean Castex prenne la tête de la RATP puis de la SNCF.
D’autre part, l’Élysée ne serait pas favorable à nommer un politique et Valérie Pécresse, la présidente de la région Île-de-France qui apporte une grande partie du budget de la RATP, y serait aussi opposée. « Elle verrait d’un mauvais œil le retour d’un professionnel de la politique prendre la lumière à sa place sur les transports franciliens et obtenir, face à elle, des arbitrages favorables en s’appuyant sur ses contacts au sein de l’appareil d’État », estime un bon observateur du secteur.
Beaucoup d’autres options se sont présentées. Il y a d’abord Xavier Piechaczyk, ex-conseiller énergie-transport de Jean-Marc Ayrault et de François Hollande qui préside RTE. « Son étoile a pâli depuis qu’il a échoué à s’imposer à la SNCF face à Jean Castex mais il reste le candidat de l’Élysée, juge un expert du secteur. La RATP serait seulement un lot de consolation pour lui. » Problèmes, il a déjà été renouvelé, en juin dernier, à la tête du gestionnaire du réseau électrique et la CGT, seconde organisation syndicale de la régie, a fait savoir sa ferme opposition à son arrivée. En cause : quatre employés de RTE avaient été licenciés à la suite d’un mouvement social en 2023, avant d’être renvoyés devant le tribunal correctionnel.
L’ex-directrice générale adjointe d’Engie, Claire Waysand, retenue en short-list pour la présidence de La Poste, aurait également fait connaître sa candidature, même si celle-ci le dément. De même que Frédéric Baverez qui dirigeait l’activité France de Keolis, la filiale de transports publics de la SNCF, jusqu’en 2023. Également au sein du groupe ferroviaire, Alain Krakovitch, le directeur de l’activité TGV et Intercités, s’est aussi mis sur les rangs. Ancien directeur de la ligne D du RER puis de l’activité Transilien, le cheminot est un bon expert des transports en Île-de-France. Il sera face à Bruno Angles, ex-directeur général des Autoroutes et Tunnel du Mont-Blanc, de l’entité française du fonds d’infrastructure Macquarie et d’AG2R La Mondiale. Ce dernier était, en 2017, finaliste lors de la succession d’Élisabeth Borne à la tête de la RATP, finalement battu par Catherine Guillouard.
Une autre professionnelle des transports publics a fait acte de candidature : Laurence Batlle ancienne directrice financière puis directrice générale de RATP Dev, filiale chargée de conquérir des marchés en province et à l’international. Après avoir quitté le groupe en 2021 à la suite de divergences stratégiques avec Catherine Guillouard, elle a présidé le réseau d’agences immobilières Foncia jusqu’en 2024.
Un possible candidat, très attendu, ne s’est pas encore manifesté : Jean-François Monteils, le président de la Société des grands projets (SGP) bénéficierait pourtant du soutien de Jean Castex, lui aussi issu de la Cour des comptes. Mais, sa candidature aurait été barrée assez rapidement par Philippe Tabarot et Valérie Pécresse. « Ils ont jugé que Jean-François Monteils devait, au préalable, achever sa mission actuelle de construction de nouvelles lignes du Grand Paris Express, dont les mises en service sont sans cesse retardées, soupire un proche du dossier. La ligne 15 Sud [qui devait fonctionner pour les Jeux olympiques de 2024] pourrait même ne pas être inaugurée avant la fin du quinquennat d’Emmanuel Macron ! » La présidente de la région Île-de-France l’aurait assuré de son soutien… pour le renouvellement de son mandat à la tête de la SGP. Celui-ci arrive à échéance le 22 mars 2026.